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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2410637

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2410637

jeudi 31 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2410637
TypeDécision
PublicationC
Formation6e Section - 2e Chambre
Avocat requérantSULTAN-DANINO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 26 avril et 6 mai 2024, M. B A, représenté par Me Sultan, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 avril 2024 par lequel le préfet de police a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour temporaire l'autorisant à travailler ou une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est illégale en raison de l'illégalité du refus de délivrance de la carte de séjour temporaire ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 313-11 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que la commission du titre de séjour n'a pas été saisie avant l'édiction de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle, dès lors qu'il justifie de tous les éléments requis pour solliciter un titre de séjour ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de fait quant à la date de son entrée en France ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors que la commission du titre de séjour aurait dû être saisie avant l'édiction de la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'il aurait pu obtenir une carte de résident en tant que salarié ou en tant que conjoint de Français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation en ce qui concerne sa situation familiale et professionnelle et dès lors qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

- un retour en Tunisie l'exposerait à des risques et à une discrimination personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que son orientation sexuelle est réprimée en Tunisie ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée, dès lors qu'elle n'atteste pas de la prise en compte du critère relatif à l'ordre public ;

- la seule condamnation dont il a fait l'objet ne peut caractériser une menace pour l'ordre public ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

La requête a été communiquée au préfet de police, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par une ordonnance du 5 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 juillet 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Berland a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant tunisien, né le 8 mai 1981 à Matmata (Tunisie), entré en France le 14 avril 2013 selon ses déclarations, a sollicité le 9 mai 2023 le renouvellement de sa carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ". Par arrêté du 17 avril 2024, le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. M. A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, M. A ne peut utilement exciper à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour de l'illégalité de cette même décision de refus de titre. Le moyen doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; / 2° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer la carte de résident prévue aux articles L. 423-11, L. 423-12, L. 424-1, L. 424-3, L. 424-13, L. 424-21, L. 425-3, L. 426-1, L. 426-2, L. 426-3, L. 426-6, L. 426-7 ou L. 426-10 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; / 3° Lorsqu'elle envisage de retirer le titre de séjour dans le cas prévu à l'article L. 423-19 ; / 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1 ; / 5° Lorsqu'elle envisage de refuser le renouvellement ou de retirer une carte de séjour pluriannuelle ou une carte de résident dans le cas prévu à l'article L. 412-10. "

4. Il ressort des pièces du dossier que M. A a présenté une demande de renouvellement de son titre de séjour sur le fondement des articles L. 411-4 et L 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la commission du titre de séjour aurait dû être saisie pour avis avant l'édiction de la décision attaquée. En outre, l'intéressé ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il n'a pas présenté une demande de titre de séjour sur ce fondement. Enfin, M. A ne peut utilement se prévaloir des dispositions des articles L. 312-1 et L. 313-11, qui ont été abrogés le 1er mai 2021. Par suite, le moyen tiré du défaut de saisine de la commission du titre de séjour doit être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE. " ".

6. Il ressort des pièces du dossier que M. A, qui déclare, sans l'établir, être entré en France en avril 2013, est pacsé depuis le 3 mai 2017 avec un ressortissant français et occupe depuis février 2020 un emploi de boulanger en contrat à durée indéterminée. Toutefois, il ressort également des pièces du dossier que M. A a été condamné le 23 mars 2023 à quatre mois de détention à domicile sous surveillance électronique pour violences commises en réunion suivies d'incapacité supérieure à huit jours. Pour contester le bien-fondé de l'appréciation portée par le préfet de police quant à la menace qu'il représente pour l'ordre public, M. A se borne à soutenir qu'il a purgé sa peine et qu'il regrette les faits qui sont isolés et d'une gravité très limitée, alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'il a été condamné pour des faits de violences en réunion commis le 24 juillet 2020, l'intéressé ayant, notamment, mordu le doigt d'un tiers jusqu'à le couper. Dans ces conditions, au regard de la gravité des faits commis par l'intéressé, le préfet de police, en refusant de renouveler le titre de séjour demandé au motif que la présence en France de M. A constituait une menace pour l'ordre public, n'a pas méconnu l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

8. En premier lieu, aux termes du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; (). " Aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " () Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. ".

9. Le refus de titre de séjour vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles il est fondé, rappelle les circonstances de l'entrée et du séjour sur le territoire français de M. A, expose sa situation professionnelle, privée et familiale et énonce de façon précise les circonstances pour lesquelles il ne remplit pas les conditions pour prétendre à la délivrance d'un titre de séjour et doit quitter le territoire français à destination de son pays d'origine. Ainsi, la décision portant refus de titre de séjour est suffisamment motivée. Par suite, la décision portant obligation de quitter le territoire français qui l'assortit n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte, en application des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

10. En deuxième lieu, M. A fait valoir que la décision attaquée est entachée d'erreur de fait, dès lors qu'elle indique qu'il serait entré en France le 1er janvier 2016, alors qu'il soutient résider en France depuis le 14 avril 2013. Toutefois, alors que le requérant ne produit, à l'appui de ses dires, qu'un visa indiquant une entrée dans l'espace Schengen à Francfort-sur-le-Main (Allemagne) le 14 avril 2013, et une carte d'aide médicale d'Etat indiquant que ses droits sont ouverts depuis le 19 novembre 2013, une telle erreur de fait, à la supposer établie, est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.

11. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. A.

12. En quatrième lieu, le moyen tiré du défaut de saisine de la commission du titre de séjour est inopérant à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

13. En cinquième lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé. Si M. A fait valoir que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est illégale, dès lors qu'il aurait pu bénéficier d'un titre de séjour en tant que salarié ou en tant que conjoint de Français, il ressort des pièces du dossier qu'il n'a pas présenté de demande de titre de séjour en qualité de salarié et que sa demande au titre de la vie privée et familiale a été rejetée. Par suite, ce moyen, à le supposer opérant à l'encontre de la décision attaquée, doit être écarté.

14. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

15. Il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit au point 4 ci-dessus, que M. A est lié par un pacte civil de solidarité (Pacs) à un ressortissant français depuis le 3 mai 2017 et qu'il occupe un emploi en CDI depuis le mois de février 2020. Cependant, au regard de la menace pour l'ordre public que sa présence en France constitue, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis par cet arrêté.

16. En septième lieu, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6 ci-dessus.

17. En huitième lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6 ci-dessus.

18. En dernier lieu, le moyen tiré des risques encourus par M. A en cas de retour en Tunisie est inopérant à l'encontre de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français, laquelle n'implique pas, par elle-même, le retour de l'intéressé dans son pays d'origine.

19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :

20. Aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. "

21. Il ressort des pièces du dossier que, dans les conditions qui prévalent actuellement en Tunisie, les personnes homosexuelles sont exposées à l'exercice effectif de poursuites judiciaires et à des condamnations à des peines d'emprisonnement sur le fondement de l'article 230 du code pénal de cet Etat. M. A, qui est pacsé avec un homme depuis sept ans, est dès lors fondé à soutenir qu'il encourt des risques personnels en cas de retour en Tunisie en raison de son orientation sexuelle. Ainsi, la décision fixant la Tunisie comme pays de destination doit être regardée comme ayant été prise en méconnaissance des stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le requérant est fondé à en demander l'annulation. Dès lors, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens dirigés contre cette décision, M. A est fondé à demander l'annulation de la décision fixant la Tunisie comme pays de destination de la mesure d'éloignement.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

22. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

23. Pour prononcer à l'encontre de M. A une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, le préfet de police s'est fondé principalement sur la menace que celui-ci représente pour l'ordre public. Cependant, il ressort des pièces du dossier que le requérant est lié par un Pacs à un ressortissant français depuis sept ans à la date de la décision attaquée. Dans ces conditions, au regard de l'ancienneté et de l'intensité des liens familiaux de M. A en France et en dépit de la menace pour l'ordre public qu'il représente compte tenu de la nature des faits pour lesquels il a été condamné, l'interdiction de retour, eu égard à sa durée de trois ans, porte une atteinte disproportionnée au respect de sa vie privée et familiale.

24. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens dirigés contre cette décision, que la décision du 17 avril 2024 portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans doit être annulée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

25. L'annulation des décisions fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement et portant interdiction de retour sur le territoire français n'implique pas la délivrance d'un titre de séjour ou d'une autorisation provisoire de séjour. Par suite, les conclusions à fin d'injonction de la requête doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

26. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 17 avril 2024 par laquelle le préfet de police a fixé le pays à destination duquel M. A doit être éloigné est annulé.

Article 2 : La décision du 17 avril 2024 par laquelle le préfet de police a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans à l'encontre de M. A est annulée.

Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police.

Délibéré après l'audience du 11 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Marzoug, présidente,

Mme Lambert, première conseillère,

Mme Berland, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.

La rapporteure,

F. Berland

La présidente,

S. Marzoug

La greffière,

K. Bak-Piot

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2410637/6-

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