LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2410740

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2410740

mardi 7 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2410740
TypeDécision
PublicationD
Avocat requérantSIMON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 26 avril et le 6 mai 2024, M. C, représenté par Me Simon, demande au juge des référés :

1°) de prononcer son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 7 mars 2024 par laquelle le préfet de police a décidé qu'il serait expulsé du territoire français à destination de l'Algérie en exécution d'une décision d'expulsion prise à son encontre le 14 juin 2021, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer la situation du requérant et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour dans le délai d'un mois suivant la notification de l'ordonnance ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- l'urgence est, en l'espèce, présumée, et en tout état de cause, d'une part, la prise de la décision attaquée permet l'exécution à tout moment de l'arrêté d'expulsion pris à son encontre le 14 juin 2021, d'autre part, il a été placé en rétention administrative le 6 mars dernier ;

- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, les moyens tirés de ce que cette décision :

- est insuffisamment motivée ;

- n'a pas été prise à l'issue d'un examen particulier de sa situation ;

- n'a pas été prise à l'issue de la procédure contradictoire prévue à l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle, notamment, en raison de la pathologie dont il est atteint et des soins qu'il reçoit en France, sont indisponibles en Algérie ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

La requête a été communiquée a préfet de police qui n'a pas présenté d'observations.

Des pièces pour compléter l'instruction demandées au préfet de police ont été, pour partie, produites et enregistrées le 3 mai 2024.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 15 avril 2024 sous le numéro 2408745 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Rahmouni, greffier d'audience, M. B a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Simon, représentant M. C.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

1. M. C, entré en France la dernière fois en 2011, selon ses écritures, a fait l'objet d'un arrêté d'expulsion du territoire français du 14 juin 2021 du préfet de police sur le fondement des articles L. 632-1 et L. 632-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, cette autorité estimant que la présence du requérant sur le territoire français présente une menace grave pour l'ordre public. Après qu'il ait décidé le placement de M. C en rétention administrative, par un arrêté du 6 mars 2024, par un nouvel arrêté du 7 mars suivant le préfet de police a fixé l'Algérie comme pays à destination duquel M. C sera expulsé du territoire français. M. C demande, notamment, la suspension de l'exécution de cette décision.

Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ".

4. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

5. Pour justifier l'urgence, M. C, qui est atteint d'une pathologie chronique à l'origine d'un handicap grave selon les termes d'un message adressé le 9 avril 2024 par un médecin référent de la COMEDE adressé à l'ASSFAM, fait valoir, que la décision attaquée permet l'exécution à tout moment de l'arrêté d'expulsion pris à son encontre le 14 juin 2021, d'autant qu'il a été placé en rétention administrative le 6 mars dernier et que, selon ses écritures, l'éloignement à destination de ce pays aura pour effet de le priver du traitement qui lui est prescrit en France et dont il conteste la disponibilité dans son pays d'origine ainsi que du suivi clinique dont il bénéficie depuis plusieurs années, dont il résulte de l'instruction qu'il est nécessaire à la stabilisation de son état de santé. En outre, il fait valoir que le retour dans ce pays est susceptible de compromettre une évolution favorable de sa pathologie, comme en attestent les certificats de deux médecins spécialistes. Dans les circonstances de l'espèce, M. C apporte, ainsi, les éléments de nature à caractériser l'urgence au sens des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative.

6. Il résulte de l'instruction que le préfet de police a sollicité de M. C, selon des visas de l'arrêté attaqué, ses observations quant à la détermination du pays à destination duquel il sera expulsé, en l'espèce l'Algérie, et que le requérant a présenté de telles observations. Toutefois, nonobstant deux demandes du tribunal tendant à la production par le préfet de police de ces observations, ce dernier s'est abstenu de les produire à l'instance et ainsi n'a pas permis au juge des référés d'exercer son contrôle quant à la conduite de la procédure contradictoire.

7. En outre, alors qu'il résulte encore de l'instruction, comme il a été relevé au point 5, que M. C est atteint d'une pathologie handicapante et commandant des soins réguliers qu'il reçoit en France, l'auteur de l'arrêté attaqué n'en fait pas mention et si cette autorité a sollicité des avis médicaux sur la situation sanitaire du requérant, il résulte de l'instruction, notamment de certaines des pièces produites le 3 mai 2024, que ces avis ont été émis les 8, 12 et 18 mars 2024 soit postérieurement à la prise et la notification de l'arrêté attaqué du 7 mars précédent.

8. Il résulte de tout ce qui précède que M. C est fondé à soutenir que le moyen tiré de ce que la décision attaquée n'a pas été prise à l'issue d'une procédure contradictoire et celui tiré de ce que l'auteur de cette décision l'a prise sans procéder à un examen particuler de sa situation sont propres, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Dès lors, il y a lieu d'en suspendre l'exécution.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

9. La suspension de l'exécution de la décision attaquée implique seulement qu'il soit enjoint au préfet de police de procéder à un nouvel examen de la situation de M. C.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

10. M. C est admis par l'ordonnance au bénéfice à titre provisoire de l'aide juridictionnelle. Son avocate peut, dès lors, se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat, en application et sur le fondement des dispositions mentionnées au point précédent, le versement à Me Simon, avocate de M. C, de la somme de 1000 euros.

O R D O N N E :

Article 1er : M. C est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle

Article 2 : L'exécution de la décision du préfet de police du 7 mars 2024 fixant l'Algérie comme pays à destination duquel M. C sera expulsé du territoire français est suspendue.

Article 3 : Il est enjoint au préfet de police de procéder à un nouvel examen de la situation de M. C.

Article 4 : L'Etat versera à Me Simon, avocate de M. C, la somme de 1000 (mille) euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C, au préfet de police et à Me Simon.

Fait à Paris, le 7 mai 2024.

Le juge des référés,

J.-F. B

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

← Retour aux décisions