LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2410791

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2410791

samedi 14 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2410791
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantCLOAREC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 avril 2024, Mme B D épouse A, représentée par Me Cloarec, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :

1°) de condamner l'Assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP) à verser à Mme A une provision de 16 515,44 euros à valoir sur son indemnisation définitive en réparation des préjudices subis à la suite des fautes commises lors de sa prise en charge ;

2°) de mettre à la charge de l'AP-HP une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est recevable ;

- l'obligation de l'AP-HP est non sérieusement contestable dans son principe dès lors qu'il résulte du rapport d'expertise que sa chute est due à un défaut de surveillance aux services de gériatrie de l'hôpital Rothschild ainsi que celle-ci l'a reconnue le 5 janvier 2024 ;

- le montant de la provision de 16 515,44 euros sollicité n'est pas sérieusement contestable dès lors qu'il correspond à la somme restant à payer de la proposition d'indemnisation à hauteur de 22 515,44 euros que lui a faite l'AP-HP.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2024, l'AP-HP conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, à ce que les sommes accordées à titre de provision soient limitées à la somme de 16 515,44 euros et à ce que les conclusions prises sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative soient rejetées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, née le 13 mars 1938 et alors âgée de quatre-vingt-quatre ans, a été victime d'une chute le 17 juin 2022 lors de son hospitalisation pour un bilan de chutes répétées dans le service de gériatrie de l'hôpital Rothschild, établissement relevant de l'Assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP). Dans les suites de cette chute, Madame A a présenté une fracture bimalléolaire droite justifiant une intervention chirurgicale le 20 juin 2022. Elle a depuis lors perdu toute autonomie dans ses déplacements. Par une réclamation en date du 22 juin 2022, Mme A a sollicité de l'AP-HP la prise en charge des frais hospitaliers induits par l'intervention chirurgicale du 20 juin 2022. Par un courrier en date du 26 janvier 2023, l'AP-HP a reconnu sa responsabilité dans la survenue des chutes, et, en l'absence de consolidation de l'état de santé de la victime, a proposé une allocation provisionnelle d'un montant de 6 000 euros acceptée par la requérante. Par un courrier en date du 5 janvier 2024, l'AP-HP a adressé à Mme A, dont l'état a été considéré comme consolidé le 16 juin 2023, une offre d'indemnisation définitive de ses préjudices d'un montant global de 22 515,44 euros. Le 23 février 2024, la requérante a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CCI) d'Ile-de-France, qui, par un avis du 8 mars 2024, s'est déclarée incompétente au motif que les troubles dans les conditions d'existence décrits par Mme A ne remplissaient pas les conditions de gravité prévues par les textes en vigueur. Par la présente requête, Mme A, qui a par ailleurs introduit une demande de conciliation auprès de la CCI d'Ile-de-France, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner l'AP-HP à lui verser la somme de 16 515,44 euros à titre de provision, à valoir sur l'indemnisation définitive des préjudices consécutifs à sa chute survenue le 17 juin 2022 à l'hôpital Rothschild.

2. Aux termes l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle qui résulte du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.

En ce qui concerne le principe de la provision :

3. Aux termes du premier paragraphe de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère ".

4. Il résulte de l'instruction, et il n'est d'ailleurs pas contesté, que la prise en charge initiale de Mme A au sein du service de gériatrie de l'hôpital Rothschild pour un bilan de chutes répétées n'a pas été conforme aux règles de l'art du fait d'un défaut de surveillance de l'intéressée, laissée sans mesure de précaution pour prévenir la survenue d'une chute au sein de l'établissement. Cet accident s'est réalisé et a entraîné une fracture bimalléolaire le 17 juin 2022 nécessitant une intervention chirurgicale. Par conséquent, l'obligation dont se prévaut Mme A à l'égard de l'AP-HP présente un caractère non sérieusement contestable dans son principe, ce qu'a au demeurant reconnu l'AP-HP. Dès lors, la requérante est fondée à demander une provision au titre de la réparation des préjudices qu'elle a subis à ce titre.

En ce qui concerne le montant de la provision :

5. Il résulte de l'instruction que l'état de santé de Mme A est consolidé à la date du 16 juin 2023.

S'agissant des dépenses de santé actuelles et futures :

6. Mme A sollicite une provision à hauteur de 7 835,44 euros au titre des dépenses de santé actuelles et futures, soit l'offre d'indemnisation du préjudice patrimonial chiffré par les services juridiques de l'AP-HP, en ce qu'ils retiennent 1 835,44 euros de dépenses de santé actuelles et 6 000 euros de dépenses de santé futures. Par suite, l'obligation de l'AP-HP à ce titre présente un caractère non sérieusement contestable et il y a lieu d'accorder à Mme A une provision correspondant à cette somme de 7 835,44 euros.

S'agissant des préjudices extra-patrimoniaux :

Quant au déficit fonctionnel temporaire :

7. Il résulte de l'instruction que Mme A a subi, avant la consolidation de son état de santé, une période de déficit fonctionnel temporaire total du 17 juin au 9 septembre 2022, soit une durée de 84 jours. Elle a par ailleurs subi des périodes de déficit fonctionnel temporaire partiel d'une durée de 60 jours du 17 septembre au 16 novembre 2022 avec un taux évalué à 50 %, d'une durée de 60 jours du 17 novembre 2022 au 16 janvier 2023 avec un taux évalué à 25 %, et d'une durée de 150 jours les 17 janvier au 16 juin 2023 avec un taux évalué à 10 %. Il y a donc lieu d'accorder à Mme A, sur la base d'un taux quotidien de 20 euros, une provision d'un montant de 2 880 euros pour la part non sérieusement contestable de sa créance au titre de son déficit fonctionnel temporaire.

Quant aux souffrances endurées :

8. Il résulte de l'instruction que les souffrances endurées par Mme A, tant physiques que morales, ont été évaluées à 4 sur une échelle de 1 à 7 par le médecin expert de l'AP-HP. Dans ces conditions, il y a lieu d'accorder à Mme A une provision à hauteur de 6 500 euros, telle que proposée par l'AP-HP sur la base du barème de référence ONIAM, au titre de la part non sérieusement contestable de sa créance à ce titre.

Quant au déficit fonctionnel permanent :

9. Il résulte de l'instruction que Mme A a subi un déficit fonctionnel permanent imputable aux fautes commises évalué à 5 %. Eu égard à l'âge de l'intéressée à la date de consolidation du dommage, il y a lieu de lui accorder, pour la part non sérieusement contestable de sa créance au titre de ce préjudice, une provision à hauteur de 4 400 euros, telle que proposée par l'AP-HP.

Quant au préjudice esthétique :

10. Il résulte de l'instruction que l'expert désigné par l'AP-HP a évalué le préjudice esthétique permanent à 1 sur une échelle de 7. Il y a donc lieu d'accorder à Mme A une provision à hauteur de 900 euros au titre de la part non sérieusement non contestable de sa créance à raison de ce préjudice.

11. Il résulte de tout ce qui précède que le montant de la provision au titre de l'obligation non sérieusement contestable dont se prévaut Mme A à l'encontre de l'AP-HP peut être fixée à la somme totale de 22 515,44 euros. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'AP-HP a versé la somme de 6 000 euros à Mme A le 2 mars 2023, à titre d'allocation provisionnelle. La requérante sollicite une provision à hauteur d'un montant de 16 515,44 euros, soit le montant de la provision au titre de l'obligation non sérieusement non contestable déduction faite de l'allocation provisionnelle déjà versée. Il y a lieu de condamner l'AP-HP à verser ce seul montant.

Sur les frais liés au litige :

12. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de condamner l'AP-HP à verser à Mme A la somme qu'elle demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : L'Assistance publique - hôpitaux de Paris est condamnée à verser à Mme A une somme de 16 515,44 euros à titre de provision.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B D épouse A, à l'Assistance publique - hôpitaux de Paris et à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris.

Fait à Paris, le 14 septembre 2024.

La juge des référés,

K. C

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2410791/6

← Retour aux décisions