jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2410898 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | CABINET DEGROUX, BRUGERE & ASSOCIES - DBA (SCP) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 avril 2024, Mme C B épouse A, représentée par Me Hennes, demande au juge des référés statuant en matière fiscale d'ordonner l'abandon de deux mesures de saisies conservatoires des 7 et 11 mars 2024 et d'une saisie administrative à tiers détenteur du 26 mars 2024 émises à son encontre par le comptable public en vue du recouvrement de créances fiscales dues au titre de l'impôt sur le revenu au titre des années 2020 (saisies-conservatoires) et 2022 (saisie administrative à tiers détenteur).
Elle soutient que les mesures litigieuses comportent des conséquences difficilement réparables sur sa situation financière.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 mai 2024, la directrice générale des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que le moyen soulevé n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite du rejet des garanties proposées par Mme B épouse A par une décision du 3 novembre 2023, le comptable public a procédé, les 7 et 11 mars 2024, à deux saisies conservatoires portant respectivement sur des créances et des droits d'associés et valeurs mobilières auprès de la Société Générale, et, le 26 mars 2024, à une saisie administrative à tiers détenteur également à destination de cet établissement de crédit, en vue d'assurer, respectivement, le recouvrement de l'impôt sur le revenu dû au titre des années 2020 et 2022. Par la présente requête, Mme B épouse A demande au juge du référé statuant en matière fiscale en application des dispositions des articles L. 277 et L. 279 du livre des procédures fiscales d'ordonner l'abandon de ces saisies conservatoires et de cette saisie administrative à tiers détenteur prises à son encontre par le comptable public, en raison des conséquences difficilement réparables que leur exécution entraînerait.
2. Aux termes de l'article L. 552-2 du code de justice administrative : " Le référé à l'égard des mesures conservatoires prises par le comptable à défaut de constitution par le contribuable de garanties suffisantes obéit aux règles définies par le 5e alinéa de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales () ". Aux termes de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui conteste le bien-fondé ou le montant des impositions mises à sa charge est autorisé, s'il en a expressément formulé la demande dans sa réclamation et précisé le montant ou les bases du dégrèvement auquel il estime avoir droit, à différer le paiement de la partie contestée de ces impositions et des pénalités y afférentes. / L'exigibilité de la créance et la prescription de l'action en recouvrement sont suspendues jusqu'à ce qu'une décision définitive ait été prise sur la réclamation soit par l'administration, soit par le tribunal compétent. / Lorsque la réclamation mentionnée au premier alinéa porte sur un montant de droits supérieur à celui fixé par décret, le débiteur doit constituer des garanties portant sur le montant des droits contestés. / A défaut de constitution de garanties ou si les garanties offertes sont estimées insuffisantes, le comptable peut prendre des mesures conservatoires pour les impôts contestés. / Lorsque le comptable a fait procéder à une saisie conservatoire en application du quatrième alinéa, le contribuable peut demander au juge du référé prévu, selon le cas, aux articles L. 279 et L. 279 A, de prononcer la limitation ou l'abandon de cette mesure si elle comporte des conséquences difficilement réparables. Les dispositions des troisième et quatrième alinéas de l'article L. 279 sont applicables à cette procédure, la juridiction d'appel étant, selon le cas, le tribunal administratif ou le tribunal judiciaire. ". Aux termes des troisième et quatrième alinéas de l'article L. 279 du même livre, seuls applicables au référé permettant la contestation de mesures conservatoires : " Le juge du référé décide dans le délai d'un mois si les garanties offertes répondent aux conditions prévues à l'article L. 277 et si, de ce fait, elles doivent être ou non acceptées par le comptable. Il peut également, dans le même délai, décider de dispenser le redevable de garanties autres que celles déjà constituées. / Dans les huit jours suivant la décision du juge, le redevable et le comptable peuvent, par simple demande écrite, faire appel devant le président de la cour administrative d'appel ou le magistrat qu'il désigne à cet effet. Celui-ci, dans le délai d'un mois, décide si les garanties doivent être acceptées comme répondant aux conditions de l'article L. 277 ".
Sur les conclusions relatives à la saisie administrative à tiers détenteur :
3. Il résulte de l'instruction, et il n'est pas contesté, que la saisie administrative à tiers détenteur en date du 26 mars 2024 est relative à l'impôt sur le revenu dû au titre de l'année 2022 devenu exigible à défaut de toute demande de sursis de paiement. Par suite, la requérante ne saurait en demander la limitation ou l'abandon sur le fondement des dispositions des articles L. 277 et L. 279 du livre des procédures fiscales précitées.
Sur les conclusions relatives aux saisies conservatoires :
4. Il appartient au juge du référé fiscal, saisi sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 279 du livre des procédures fiscales, d'apprécier si les mesures dont il est demandé l'abandon ou la limitation comportent pour le requérant des conséquences difficilement réparables.
5. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la mesure de saisie conservatoire adressée par le comptable public le 7 mars 2024 à la Société Générale a permis la saisie d'une somme de 460,22 euros, et que la saisie conservatoire du 11 mars 2024 s'est révélée infructueuse, en l'absence de toute valeur à saisir. D'une part, Mme B épouse A n'établit pas que la saisie de la somme, modeste, de 460,22 euros aurait sur sa situation financière des conséquences difficilement réparables, et, d'autre part, est sans intérêt, et par suite irrecevable, à demander l'abandon ou à la limitation de la saisie infructueuse.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B épouse A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B épouse A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B épouse A et à la directrice régionale des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris.
Fait à Paris, le 20 juin 2024
Le juge des référés,
J. SORIN
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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