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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2411092

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2411092

vendredi 17 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2411092
TypeDécision
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés 3 et le 7 mai 2024, M. E A demande au tribunal, dans le dernier état e se écritures :

1°) d'annuler les décisions du 2 mai 2024 par lesquelles le préfet de police a décidé qu'il serait éloigné sans délai du territoire français et prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois.

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile sous astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions :

- les décisions sont entaches d'une incompétence de leur auteur ;

- elles sont insuffisamment motivées

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une méconnaissance de sa situation personnelle ;

- elles sont entachées d'une violation de son droit d'être informé et de présenter des observations avant l'édiction de la mesure d'une violation du principe du contradictoire ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision est entachée d'une violation du principe de non-refoulement ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Sur la décision refusant le délai de départ volontaire :

- la décision elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- la décision elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision est entachée d'une violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Sur la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Martin-Genier en application de l'article

R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Martin-Genier ;

- les observations de Me Perez, avocate commise d'office représentant M. A, assisté de M. D, interprète en arabe.

- les observations de Me Zerad, représentant le préfet de police.

Considérant ce qui suit :

1. M. E A, ressortissant irakien né le 8 avril 1997, demande au tribunal d'annuler les décisions du 2 mai 2024 par lesquels le préfet de police a décidé qu'il serait éloigné sans délai du territoire français, a fixé le pays de destination, et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois.

Sur les moyens communs à l'ensemble des décisions :

2. Par un arrêté n° 2024-00198 du 16 février 2024 régulièrement publié, le préfet de police a donné à Mme B C délégation à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, dont relève la police des étrangers, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elles n'ont pas été absentes ou empêchées lors de la signature de l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué aurait été signé par une autorité incompétente doit être écarté comme manquant en fait.

3. En deuxième lieu, les décisions attaquées mentionnent les considérations de fait et de droit sur lesquels elles se fondent. Elles visent notamment le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et fait état d'éléments relatifs à la situation personnelle du requérant. L'obligation de quitter le territoire de quitter le territoire mentionne en outre que le requérant a, le 30 avril 2024, été signalée pour agression sexuelle dans un moyen de transport, que ces faits constituent une menace pour l'ordre public, qu'il est en situation irrégulière en France, qu'il se déclare célibataire et sans charge de famille. Contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet de police n'était pas tenu de faire état de tous les éléments relatifs à sa situation personnelle dont il avait connaissance mais seulement des faits qu'il jugeait pertinents pour justifier le sens de sa décision. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen doivent être écartés.

4. En troisième lieu, au regard des faits pour lesquels il a été signalés, à la circonstance qu'il se déclare célibataire et sans charge de famille, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance de sa situation personnelle doivent être écartés.

5. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a été auditionné le

2 mai 2024 et a été informé de son droit de communiquer avec une personne de son choix. En outre, le procès-verbal de police du 30 avril 2024, indique que M. A a eu la possibilité de s'exprimer avant la prise de la décision contestée. Dès lors, le moyen tiré de la violation de son droit d'être informé et de présenter des observations avant l'édiction de la mesure litigieuse et du principe du contradictoire doit être écarté.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

6. M. A dit craindre en cas de retour dans son pays d'origine en raison d'un problème d'honneur lié à la grossesse en dehors du mariage de sa compagne. Toutefois, il n'a présenté sa demande d'asile que le 6 mai 2024 après avoir été interpellé pour des faits graves, à des fins dilatoires et n'assorti sa demande d'aucun commencement de preuve sur les risques qu'il dit encourir en cas de retour en Irak. Dès lors, les moyens tirés de la violation du principe de non-refoulement et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

Sur la décision de refus de délai de départ volontaire :

7. L'obligation de quitter le territoire français n'est entachée d'aucune illégalité. Dès lors, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision soulevé à l'appui des conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de délai de départ volontaire doit être écarté.

Sur la décision fixant le pays de destination :

8. L'obligation de quitter le territoire français n'est entachée d'aucune illégalité. Dès lors, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision soulevé à l'appui des conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.

9. Pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 5, les moyens tirés de la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

Sur la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français :

10. L'obligation de quitter le territoire français n'est entachée d'aucune illégalité. Dès lors, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision soulevé à l'appui des conclusions à fin d'annulation de la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.

11. Au regard des faits graves pour lesquels il a été signalé et ne pouvant se prévaloir d'aucune circonstance humanitaire, la durée de trente-six mois d'interdiction de retour n'est pas disproportionnée. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et au préfet de police.

Lu en audience publique le 17 mai 2024.

Le magistrat désigné,

P. MARTIN-GENIERLa greffière,

A. HEERALALL

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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