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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2411227

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2411227

mercredi 2 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2411227
TypeDécision
PublicationC
Formation1re Section - 3e Chambre
Avocat requérantSOHLOBJI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 mai 2024, Mme B A, représentée par Me Sohlobji, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 mars 2024 par lequel le préfet de police a refusé la demande de renouvellement de son droit au séjour, l'a obligée à quitter le territoire, en assortissant cette obligation d'un délai de départ volontaire de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation.

En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour :

- la décision attaquée révèle un défaut d'examen particulier des circonstances propres à sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;

- outre que le traitement par la préfecture de police de ses demandes de titres de séjour ne lui a pas permis de poursuivre sereinement ses études, elle a été atteinte d'une maladie grave ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 août 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- Mme A n'ayant ni fait part de son état de santé dans le cadre de l'examen de sa demande, ni sollicité de titre de séjour sur ce fondement, la situation médicale dont elle se prévaut est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué ;

- les autres moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lenoir,

- et les observations de Me Sohlobji, représentant Mme A.

Des pièces, présentées pour Mme A, ont été enregistrées le 19 septembre 2024 et le 24 septembre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante togolaise née le 26 juillet 1997 à Lomé, entrée en France le 13 janvier 2020, a sollicité, lors d'un rendez-vous en préfecture en date du 13 mars 2023, le renouvellement de son droit au séjour au titre des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté en date du 18 mars 2024, le préfet de police a rejeté cette demande, l'a obligée à quitter le territoire français, en assortissant cette demande d'un délai de départ volontaire de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée.

2. En premier lieu, d'une part, l'arrêté attaqué, en tant qu'il refuse la demande de renouvellement du droit au séjour de Mme A, mentionne les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont il fait application. En outre, cet arrêté mentionne que l'intéressée, après avoir été successivement inscrite en première et deuxième année de " MBA droit des affaires " au titre des années universitaires 2019-2020 et 2020-2021, sans les valider, ne justifie pas du caractère réel et sérieux de ces études dès lors qu'elle ne justifie pas d'une inscription universitaire au titre de l'année universitaire 2021-2022 et ne produit, au titre des années universitaires suivantes, qu'une attestation d'inscription en cinquième année de mastère dans le domaine des ressources humaines sans établir avoir effectivement suivi cette formation.

3. D'autre part, lorsqu'un refus de séjour est assorti d'une obligation de quitter le territoire français fondée sur le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la motivation de cette dernière se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, par conséquent, de motivation spécifique, dès lors que ce refus, tel qu'en l'espèce, est lui-même motivé.

4. Enfin, l'arrêté attaqué, en tant qu'il fixe le pays à destination duquel Mme A pourrait être éloignée, vise les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et mentionne que celle-ci n'établit être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme en cas de retour dans son pays d'origine.

5. Il résulte de ce qui a été dit aux point 2 à 4 que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.

6. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le préfet de police n'aurait pas procédé à l'examen de la situation de Mme A avant de refuser la demande de renouvellement de son droit au séjour. Le moyen doit par suite être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. () "

8. Pour justifier faire ses études en France, Mme A se borne, dans le cadre de l'instance, à produire des attestations d'inscription au titre des années universitaires 2019-2020 et 2020-2021. Dans ces conditions, elle ne peut être regardée comme établissant, à la date de la décision attaquée, suivre un enseignement en France ou y faire des études. La circonstance qu'elle ait rencontré des difficultés dans le traitement de ses demandes de titre de séjour par la préfecture ou ait contracté une pathologie, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle ait sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur ce motif, est à cet égard sans incidence. Par suite, c'est sans faire une inexacte application des dispositions qui précèdent que le préfet de police a refusé la demande de renouvellement du droit au séjour de Mme A.

9. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme A est entrée en France le 13 janvier 2020. Mme A, qui, ainsi qu'il a été dit au point qui précède, ne justifie pas suivre à la date de la décision attaquée des études en France, ne conteste pas être célibataire et sans charge de famille sur le territoire français. En outre, si Mme A produit un certificat médical en date du 10 mars 2023 faisant état d'une maladie grave dont le traitement n'est pas disponible dans son pays d'origine, ce document est dépourvu de toute précision quant à la pathologie de l'intéressée ou à la nature traitement qui lui correspondrait. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté du préfet de police du 18 mars 2024, en tant qu'il refuse la demande de renouvellement de son droit au séjour et l'oblige à quitter le territoire français, serait entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée, en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de police.

Délibéré après l'audience du 18 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Rohmer, président,

Mme Dousset, première conseillère,

M. Lenoir, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2024.

Le rapporteur,

A. LENOIR

Le président,

B. ROHMERLa greffière,

S. CAILLIEU-HELAIEM

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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