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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2411284

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2411284

lundi 27 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2411284
TypeOrdonnance
PublicationD
Avocat requérantDE METZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 mai 2024, M. B A, représenté par Me De Metz, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a rejeté sa demande de titre de séjour ;

3°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au préfet de police de lui délivrer une attestation d'instruction l'autorisant à travailler dans un délai de cinq jours sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à Me De Metz sur le fondement des articles 10 et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle et à lui verser directement sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en cas de rejet de sa demande d'admission à l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- la décision litigieuse le place dans une situation de grande précarité ;

- la décision litigieuse le prive de la possibilité de travailler ;

- il ne peut pas déposer de candidature en vue de l'obtention d'un logement ;

Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse :

- la décision litigieuse est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît l'article L. 424-3 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Vu :

- les autres pièces du dossier,

- la requête enregistrée sous le numéro 2406640 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision litigieuse.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Marzoug pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant ivoirien né le 16 juillet 1989, a déposé une première demande de titre de séjour le 28 septembre 2023, laquelle a été implicitement rejetée par le préfet de police. Le requérant demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (). ". Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

4. En l'espèce, pour justifier de l'urgence, M. A soutient que la décision litigieuse le place dans une situation de grande précarité et le prive de la possibilité de travailler et d'obtenir un logement décent. Toutefois, d'une part, le requérant conteste, par une requête en référé introduite le 6 mai 2024, la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour qui est née le 28 janvier 2024 sans apporter aucun élément pour expliquer le délai de plus de trois mois séparant la naissance de la décision litigieuse et la saisine de la juge des référés. Et, d'autre part, le recours en annulation dirigé contre la décision litigieuse, enregistré le 21 mars 2024, sera examiné par une formation collégiale le 10 juin 2024, soit à brève échéance. Par suite, la condition d'urgence au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme étant remplie.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. A en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle et au titre des frais d'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me De Metz.

Fait à Paris, le 27 mai 2024.

Le juge des référés,

S. Marzoug

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2411284/6-

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