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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2411497

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2411497

samedi 11 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2411497
TypeOrdonnance
Avocat requérantDORE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 mai 2024, M. B A, représenté par Me Dore, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'enjoindre à l'administration de lui délivrer, d'une part, une carte de séjour pluriannuelle dans un délai de dix jours à compter de la notification de la décision à intervenir, et d'autre part, un document provisoire de séjour comportant une autorisation de travail, ce dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de la décision à intervenir, les deux sous astreinte de 300 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, d'enjoindre à l'administration de lui délivrer au requérant un document provisoire de séjour comportant une autorisation de travail, ce dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de la décision à intervenir, et d'instruire sa demande de renouvellement de carte de séjour pluriannuelle dans le délai de dix jours, et sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

3°) de mettre de l'Etat le versement à son conseil, Me Dore, la somme de 1 500 euros, sous réserve de sa renonciation à percevoir le bénéfice de l'aide juridictionnelle en application de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L.761-1 du code de justice administrative ou, en cas de refus de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement au requérant de cette somme en application de l'article L.761-1 du Code de justice administrative à son profit directe.

Il soutient que :

- l'urgence est justifiée dès lors que depuis le 2 mai 2024, date d'expiration de son " récépissé " de demande de titre de séjour, il ne dispose plus d'aucun document pour en attester la régularité en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire et qu'en conséquence il est privé de la faculté de travailler et des prestations perçues jusqu'alors de la caisse d'allocations familiales ;

- le refus de renouveler son récépissé, opposé en méconnaissance des dispositions des articles L. 421-9, L. 561-1, R. 424-7 et R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale, à la liberté d'aller et venir et à la liberté de travailler.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.

Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

3. Le 3 novembre 2023, M. A de nationalité afghane a déposé auprès des services de la préfecture de police une demande de titre de séjour en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire qui lui a été reconnue, selon ses déclarations, par l'office de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), à une date non précisée dans ses écritures. L'attestation de prolongation d'instruction d'une demande de titre de séjour qui lui a été remise le 3 novembre 2023, laquelle d'ailleurs porte la mention " reconnu réfugié ", valait titre de séjour et autorisation de travailler jusqu'à la date du 2 mai 2024. M. A fait valoir qu'il aurait, sans l'établir, demandé un nouveau " récépissé " de sa demande de titre qui lui aurait été refusé. Privé ainsi de documents attestant de la régularité de son séjour en France et de la faculté de travailler et encore de percevoir les prestations qui lui seraient accordées par la caisse d'allocation familiales, selon ses déclarations, il demande, notamment, que soit enjoint à l'administration de lui délivrer un document provisoire de séjour et une carte de séjour pluriannuelle.

3. Lorsque le requérant fonde son intervention non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code de justice administrative, mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

4. Si M. A fait valoir que la privation de tout document attestant la régularité de son séjour en France le prive également de la faculté de travailler et de continuer à percevoir les prestations que lui aurait été accordées par la caisse d'allocations familiales, il n'apporte, en tout état de cause, aucun élément de nature à établir la réalité du refus de renouvellement de titre provisoire accordé au bénéficiaire d'une protection internationale, la réalité de la cessation, non plus que du versement, de prestations sociales, enfin, la réalité de la rupture ou de la suspension de son contrat de travail. Dans ces conditions, M. A n'apporte pas les éléments pour caractériser une situation d'urgence, au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, justifiant que le juge des référés sur ce fondement ordonne des mesures de sauvegarde d'une liberté fondamentale dans le délai de quarante-huit heures de sa saisine.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A, en l'état de l'instruction, ne peut qu'être rejetée.

O R D O N N E:

Article 1er : M. A est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Doré.

Fait à Paris, le 11 mai 2024.

Le juge des référés,

J.-F. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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