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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2411749

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2411749

mercredi 25 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2411749
TypeDécision
FormationSection 8 - Chambre 1
Avocat requérantCABINET ACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B, ressortissant algérien, qui contestait l'arrêté du préfet de police du 5 avril 2024 refusant son titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire et fixant le pays de destination. Le requérant invoquait notamment une insuffisance de motivation, une erreur de droit et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, ainsi que des textes comme l'accord franco-algérien et le code de l'entrée et du séjour des étrangers. Le tribunal a estimé que les moyens soulevés n'étaient pas fondés, sans préciser de solution différente, et a également jugé inutile d'ordonner la communication de l'entier dossier administratif, l'affaire étant en état d'être jugée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 13 et 27 mai 2024, M. A B, représenté par Me Vitel, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 avril 2024 par lequel le préfet de police a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de produire à l'instance l'intégralité de son dossier administratif, notamment l'avis des services de la main d'œuvre étrangère ;

3°) d'enjoindre au préfet de police, sous astreinte de deux cents euros par jour de retard, de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " salarié " sans délai à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation et, dans cette attente, de le munir d'une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet de police s'est cru à tort en situation de compétence liée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il justifie de motifs exceptionnels tenant à sa situation professionnelle pour être régularisée au regard de la circulaire dite Valls ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article 7 b) de l'accord franco-algérien ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des articles L. 435-1 et L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour qu'elle assortit ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet de police s'est cru à tort en situation de compétence liée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

S'agissant de la décision fixant un délai de départ volontaire de trente jours :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juillet 2024, le préfet de police, représenté Me Termeau, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 15 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été reportée au 30 juillet 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Topin ;

- et les observations de Me Dulac, avocate de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien, né le 12 octobre 1987, est entré en France le 11 février 2020, muni d'un visa de type C, délivré par les autorités espagnoles, valable du 9 février 2020 au 9 mars 2020. Il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des stipulations de l'article 7 b) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, et de l'article L. 435-1 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et, dans l'attente de l'examen de sa demande, a été muni d'un récépissé l'autorisant à travailler, valable du 31 octobre 2023 au 30 avril 2024. Par un arrêté du 5 avril 2024, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet de police a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.

Sur les conclusions de communication de l'entier dossier administratif :

2. Les éléments pertinents du dossier de M. B, notamment l'avis des services de la main d'œuvre étrangère, ont été transmis par le préfet de police avec le mémoire en défense et communiqués au requérant. Par suite, l'affaire étant en état d'être jugée, il n'y a pas lieu d'ordonner la communication de l'entier dossier de l'intéressé.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la légalité de la décision de refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, l'arrêté attaqué mentionne les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 7 b) de l'accord franco-algérien, et indique également, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles le préfet de police s'est fondé pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. B. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes de l'arrêté attaqué, que le préfet de police a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B avant de refuser de lui accorder un titre de séjour, la circonstance que l'arrêté ne mentionne pas certains faits n'étant pas, en l'espèce, de nature à établir un défaut d'examen.

5. En troisième lieu, il ne ressort pas des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de police se serait cru en situation de compétence liée à l'égard de l'avis rendu par le service de la main d'œuvre étrangère pour prendre la décision contestée.

6. En quatrième lieu, l'article L. 312-3 du code des relations entre le public et l'administration institue une garantie au profit de l'usager en vertu de laquelle toute personne qui l'invoque est fondée à se prévaloir, à condition d'en respecter les termes, de l'interprétation, même illégale, d'une règle contenue dans un document que son auteur a souhaité rendre opposable, en le publiant dans les conditions prévues aux articles R. 312-10 et D. 312-11 du code des relations entre le public et l'administration, tant qu'elle n'a pas été modifiée. En outre, l'usager ne peut bénéficier de cette garantie qu'à la condition que l'application d'une telle interprétation de la règle n'affecte pas la situation de tiers et qu'elle ne fasse pas obstacle à la mise en œuvre des dispositions législatives ou réglementaires préservant directement la santé publique, la sécurité des personnes et des biens ou l'environnement. Les mentions accompagnant la publication de ce document ont pour objet de permettre de s'assurer du caractère opposable de l'interprétation qu'il contient. En instituant le mécanisme de garantie de l'article L. 312-3 du code des relations entre le public et l'administration, le législateur n'a pas permis de se prévaloir d'orientations générales dès lors que celles-ci sont définies pour l'octroi d'une mesure de faveur au bénéfice de laquelle l'intéressé ne peut faire valoir aucun droit, alors même qu'elles ont été publiées sur l'un des sites mentionnés à l'article D. 312-11 du même code. S'agissant des lignes directrices, le législateur n'a pas subordonné à leur publication sur l'un de ces sites la possibilité pour toute personne de s'en prévaloir, à l'appui d'un recours formé devant le juge administratif. Dès lors qu'un étranger ne détient aucun droit à l'exercice par le préfet de son pouvoir de régularisation, il ne peut utilement se prévaloir, sur le fondement de ces dispositions, des orientations générales contenues dans la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 pour l'exercice de ce pouvoir. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de la circulaire du 28 novembre 2012 du ministre de l'intérieur, dite circulaire Valls doit être écarté.

7. En cinquième lieu, aux termes des stipulations du b) de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi, un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention " salarié " : cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française ". Aux termes des stipulations de l'article 9 du même accord : " () / Pour être admis à entrer et séjourner plus de trois mois sur le territoire français au titre des articles 4, 5, 7, 7 bis al. 4 (lettre c et d) (a à d) et du titre III du protocole, les ressortissants algériens doivent présenter un passeport en cours de validité muni d'un visa de long séjour délivré par les autorités françaises. / Ce visa de long séjour accompagné de pièces et documents justificatifs permet d'obtenir un certificat de résidence dont la durée de validité est fixée par les articles et titres mentionnés à l'alinéa précédent. "

8. Il ressort de la décision attaquée que le préfet de police a fondé son refus d'accord un certificat de résidence sur le fondement des stipulations de l'article 7 b) de l'accord précité au motif de l'absence de visa de long séjour supérieur à trois mois et de contrat de travail visé par les autorités compétentes. Ce seul motif, non contesté, justifie de la légalité de la décision en litige sans que M. B ne puisse utilement se prévaloir, ainsi qu'il a été dit au point 6. des dispositions de la circulaire Valls. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation que le préfet de police aurait commise dans l'application de l'article 7 b) de l'accord franco-algérien ne peut être qu'écarté.

9. En sixième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. " Cet article qui porte sur la délivrance de cartes de séjour temporaire prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France soit au titre d'une activité salariée, soit au titre de la vie familiale. Dès lors que ces conditions sont régies de manière exclusive par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, un ressortissant algérien ne peut utilement invoquer les dispositions de cet article à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national. Toutefois, si l'accord franco-algérien ne prévoit pas, pour sa part, de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, ses stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.

10. M. B fait valoir qu'il travaille depuis quatre ans et, depuis novembre 2021 de manière ininterrompue, en qualité de serveur dans un même établissement. Toutefois, au regard de la durée de séjour relativement brève en France et de la nature non qualifiée de l'emploi occupé, le préfet de police n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant la délivrance du certificat de résidence sollicité dans le cadre de son pouvoir de régularisation.

11. En septième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

12. Si M. B se prévaut de la durée de son séjour en France, de son intégration professionnelle et du fait qu'il y a établi le centre de ses intérêts personnels et professionnels, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'il ne réside en France que depuis quatre ans à la date de la décision attaquée, qu'il y occupe un emploi peu qualifié, qu'il est célibataire et sans charge de famille, qu'il a vécu jusqu'à l'âge de 33 ans dans son pays d'origine où réside sa mère. Il ne justifie par ailleurs d'aucune insertion forte dans la société française. Dès lors, au regard de ces circonstances, en refusant la délivrance d'un titre de séjour à M. B, le préfet de police n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts qu'il a poursuivis. Il n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

13. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 3. à 12., le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité du refus de titre de séjour doit être écarté.

14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. () ". En application de ces dispositions, l'obligation de quitter le territoire français, qui vise le 3° de l'article L. 611-1, n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte en fait de celle de la décision portant refus d'un titre de séjour dès lors que celle-ci est suffisamment motivée ainsi qu'il a été précisé au point 3.

15. En troisième lieu, pour le même motif que celui exposé au point 4., le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.

16. En quatrième lieu, il ne ressort pas des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de police se serait cru en situation de compétence liée pour prendre la décision contestée.

17. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ;/ () ".

18. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de police a fondé l'obligation de quitter le territoire français sur le refus de délivrance d'un certificat de résidence à M. B. La circonstance que l'intéressé serait rentré régulièrement sur le territoire français est donc sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut donc être qu'écarté.

19. En sixième lieu, compte tenu de ce qui a été exposé au point 12, l'obligation de quitter le territoire français ne peut être regardée comme portant une atteinte excessive au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle n'est pas non plus entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.

En ce qui concerne la légalité de la décision fixant un délai de départ volontaire :

20. En premier lieu, M. B n'établissant pas que le refus de titre de séjour serait illégal, l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant un délai de départ volontaire, n'est pas fondée et doit, en conséquence, être écartée.

21. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. () ". Il résulte de ces dispositions que, dans le cas où l'autorité administrative impartit à l'étranger le délai normal de trente jours pour exécuter volontairement l'obligation de quitter le territoire qui lui a été faite, sa décision n'a pas à être motivée. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision est inopérant et doit être écarté.

22. En troisième lieu, il ne ressort ni de la décision attaquée, ni des pièces du dossier que le préfet de police n'aurait pas procédé à l'examen particulier de M. B.

23. En quatrième lieu, la circonstance que M. B exerce une activité professionnelle n'est pas de nature à justifier une prolongation du délai, de même que la présence de ses frères et sœurs sur le territoire, avec lesquels il ne justifie pas de l'intensité des relations. M. B n'est donc pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

24. En dernier lieu, pour les motifs exposés au point 12 du présent jugement, M. B n'est pas fondé à soutenir que le délai de départ volontaire qui lui a été accordé méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni que cette décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

25. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation, présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles, présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de police.

Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Topin, présidente-rapporteure ;

- M. Martin-Genier, premier conseiller ;

- M. Hémery, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2024.

La présidente-rapporteure,

E. Topin

L'assesseur le plus ancien,

P. Martin-Genier

La greffière,

E. Cardoso

***

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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