jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2411884 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 mai 2024, M. B A, représenté par Me David, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police de Paris a rejeté sa demande de carte de résident ;
3°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de police de Paris de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction portant autorisation de travail dans un délai d'une semaine à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de police de Paris de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction portant autorisation de travail dans un délai d'une semaine à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros hors taxe au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique à verser à son conseil et dans le cas où le bureau d'aide juridictionnelle refuserait de l'accorder, la somme de 2 000 euros hors taxe au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
* l'urgence est caractérisée dès lors que l'urgence est caractérisée dans le cas d'un renouvellement de titre de séjour, et, du fait de la décision attaquée, il risque de perdre son emploi et les droits associés à la régularité de son séjour ;
* il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité du refus de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction :
- il est entaché d'un défaut de motivation ;
- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation ;
- il est entaché d'une méconnaissance de l'article L. 424-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité du refus de lui accorder une carte de résident :
- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation
- il est entaché d'une méconnaissance de l'article R. 431-15-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme.
La préfecture de police a produit des pièces enregistrées le 26 mai 2024 et mentionnant notamment la convocation de l'intéressé le 30 mai 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2411885 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Weidenfeld pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Desmier, greffière d'audience, Mme Weidenfeld a lu son rapport et entendu les observations de Me Floret pour le préfet de police de Paris.
A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été reportée au 3 juin 2024 à 15 heures, afin de permettre aux parties d'informer le juge des référés de l'issue de la convocation en préfecture du 30 mai 2024.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de sa requête, M. A a été convoqué afin de se rendre en préfecture le 30 mai 2024 en vue d'une prise d'empreinte et de la remise d'une autorisation de prolongation d'instruction. Il n'est pas contesté que ce document lui a été délivré à la suite de cette convocation. Par suite, les conclusions de la requête aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée et d'injonction sous astreinte ont perdu leur objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les frais de justice :
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 700 euros au bénéfice de Me David en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, ou au bénéfice de M. A dans le cas où ce dernier ne serait pas admis définitivement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte de la requête de M. A.
Article 3 : L'État versera la somme de 700 euros à Me David en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, ou au bénéfice de M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans le cas où celui-ci ne serait pas admis définitivement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me David et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police de Paris.
Fait à Paris, le 13 juin 2024.
La juge des référés,
K. Weidenfeld
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2411884/6