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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2411903

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2411903

vendredi 17 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2411903
TypeOrdonnance
Avocat requérantCABINET BREON DUCLOYER AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 mai 2024, la société par action simplifiée (SAS) Glok, représenté par Me Ducloyer, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'assécution de la décision du 26 mars 2024 par laquelle la Ville de Paris lui a refusé l'installation d'une contre-terrasse estivale, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre, à titre principal, à la maire de Paris de lui délivrer une autorisation d'installation d'une contre-terrasse estivale dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance, à titre subsidiaire, de réexaminer la demande de la société Glock dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est justifiée dès lors qu'il existe un risque de perte de chiffre d'affaire consécutif à la décision attaquée et elle ne serait plus en mesure de faire face aux remboursements des prêts qu'elle a souscrits ; en outre, le retrait de la contre-terrasse porterait atteinte au rayonnement du quartier ;

- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, les moyens tirés de ce que cette décision :

- est entachée de l'incompétence de son signataire ;

- est entachée d'un vice de procédure en ce qu'elle a été prise sans que ne soit recueilli préalablement l'avis du maire d'arrondissement et du préfet de police en méconnaissance de l'article DG. 1 du règlement des étalages et des terrasses ;

- est entachée d'un défaut de motivation ;

- est entachée d'erreurs de droit au vu de l'article TE. 3 du règlement déjà mentionné et en ce qu'elle est fondée sur l'article TE. 4.2 étrangers à sa demande contre-terrasse sur places et terre-plein et d'une erreur manifeste d'appréciation au vu de l'article DG. 10 du même règlement.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 14 mai 2024 sous le numéro 2411902 par laquelle la société Glok demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le règlement des étalages et terrasses de la Ville de Paris

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Par un arrêté du 4 décembre 2023, mis en ligne le 6 décembre suivant sur le site du bulletin officiel de la Ville de Paris, la maire de Paris a donné M. B A, signataire de la décision attaquée, délégation de compétence pour signer les actes concernant l'occupation temporaire du domaine public par les étalages et terrasses dans le 9ème arrondissement de la capitale, notamment.

3. Contrairement à ce que soutient la société requérante la décision contestée est motivée au sens de l'article L. 211-5 code des relations entre le public et l'administration.

4. Il ne résulte pas des termes de l'article DG. 1 du règlement des étalages et terrasses de la Ville de Paris que la décision attaquée aurait dû être prise au vu de l'avis préalable du maire du 9ème arrondissement et de celui du préfet de police.

5. La décision attaquée du 26 mars 2024 rejette une demande d'autorisation d'installation d'une contre-terrasse estivale sur le trottoir au côté opposé de la chaussé à celui sur lequel est implanté l'établissement exploité par la société requérante, alors, d'ailleurs, qu'il ressort des mentions du récapitulatif de la demande déposée par cette dernière le 4 mars 2024 que la demande a été déposée pour une contre-terrasse estivale sur place et terre-pleins. C'est donc aux prix d'un erreur matérielle que la décision attaque mentionne l'article TE. 4.2 relatifs aux contre-terrasses estivales sur stationnement. En outre, s'il résulte des termes du dernier alinéa de l'article TE. 4.2 qu'en en l'absence de stationnement disponible au droit du commerce, des contre-terrasses sur stationnement peuvent être autorisées de l'autre côté de la chaussée il ne ressort pas des dispositions de l'article TE. 3.1 que l'installation d'une contre-terrasse estivale sur trottoir, place ou terre-pleins puisse, sur le fondement de ces dernières dispositions, être autorisée sur le trottoir au côté opposé de la chaussée à celui sur lequel est situé le débit de boissons, le restaurant, le glacier et salon de thé pour l'exploitation duquel la demande d'autorisation d'installation d'une telle contre-terrasse est sollicitée. Il ressort, en revanche, du dernier alinéa de ce même article qu'un espace destiné à la circulation des piétons et des personnes à mobilité réduite d'une largeur de 1,80 mètre au minimum doit être laissé libre de tout obstacle entre la façade de l'immeuble ou la terrasse éventuelle existante et la contre-terrasse estivale. Ainsi, en tout état de cause alors que la société requérante fait valoir que la largeur trottoir sur lequel elle envisageait l'installation d'une contre-terrasse estivale est de 3 mètres, que son installation projetée aurait eu une largeur de 1, 60 mètre, aurait été encore disponible un passage d'une largeur limitée à 1, 40 mètre. Ainsi, la Ville de Paris n'aurait pu autoriser l'installation projetée sans méconnaitre ces dernières dispositions. Dans ces conditions, c'est sans erreurs de droit et sans erreur manifeste d'appréciation qu'a été prise la décision attaquée.

6. Il résulte de tout ce qui ne précède qu'aucun des moyens soulevés n'est propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée et, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence, que la requête ne peut qu'être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société Glok est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Glok et à la Ville de Paris.

Fait à Paris, le 17 mai 2024.

Le juge des référés,

J.-F. C

La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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