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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2411908

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2411908

mardi 21 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2411908
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantCABINET HUG & ABOUKHATER (AARPI)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 mai 2024, M. C A, représenté par Me Hug demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement refusé de lui délivrer une carte de résident en qualité de parent de réfugié ;

3°) d'enjoindre au préfet de police de procéder au réexamen de sa demande dans le délai de 15 jours et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler dans un délai de 24 heures sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- il y' a urgence dès lors qu'étant sans ressource, il ne peut travailler pour subvenir aux besoins de son enfant mineure reconnue réfugiée ni accomplir de démarches pour obtenir un logement social et qu'il peut être éloigné à tout moment du territoire national.

Sur le doute sérieux :

- la décision méconnait l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mai 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la condition d'urgence n'est pas remplie car le requérant a été mis en possession d'une autorisation provisoire de séjour valable du 15 mai au 14 aout 2024 qui lui permet de justifier de la régularité de son séjour et de travailler conformément à l'article R. 431-15-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en réplique enregistré le 16 mai 2024, M. A représenté par Me Hug se désiste de ses conclusions à fin de suspension et d'injonction mais maintient ses demandes relatives aux frais irrépétibles.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Henry, greffière d'audience, Mme B a lu son rapport, ni M. A, ni le préfet de police n'étant présent ou représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. La jeune A E, ressortissante malienne née le 15 juillet 2022, a été reconnue réfugiée, par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides du 16 août 2023. M. A, né le 16 novembre 1983, a sollicité une carte de séjour, en qualité de parent de réfugiée, le 11 septembre 2023, et s'est vu remettre un document de confirmation de dépôt d'une première demande de titre de séjour suivi d'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 23 avril 2024. Par la présente requête, M. A demande la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration pendant quatre mois sur sa demande.

Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente

ou son président. () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, eu égard à l'urgence, de prononcer l'admission provisoire de M. A à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions de M. A :

3.Par un acte, enregistré au greffe le 16 mai 2024, M. D déclare se désister de ses conclusions en suspension et en injonction. Ce désistement est pur et simple, il y a lieu d'en donner acte.

Sur les frais d'instance :

4. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, son avocat, Me Hug, peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1000 euros à verser à Me Hug, en application des dispositions précitées, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1000 euros lui sera versée directement.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il est donné acte du désistement de M. A de ses conclusions en suspension et en injonction.

Article3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Hug renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Etat versera à Me Hug, son avocate, une somme de 1000 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1000 euros lui sera versée directement.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à Me Hug et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris le 21 mai 2024.

La juge des référés,

S. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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