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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2412041

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2412041

mardi 28 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2412041
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantDE SEZE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 mai 2024, Mme A B, représentée par Me de Sèze, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision implicite née le 12 janvier 2024 par laquelle le préfet de police a rejeté sa demande de carte de résident portant la mention " bénéficiaire de la protection internationale " déposée le 12 septembre 2023 ;

3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de résident portant la mention " bénéficiaire de la protection internationale ", ou à défaut, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer dans l'attente une attestation de prolongation d'instruction avec autorisation de travail, dans un délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- l'urgence est établie ; elle se trouve en situation de précarité en raison de l'irrégularité de sa situation, faisant peser un risque d'éloignement, et du fait qu'étant réfugiée elle ne dispose pas de ressources ; elle se trouve privée, en l'absence de titre de séjour, de la faculté de jouir de ses droits de réfugiée ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée ; elle est entachée d'incompétence ; elle n'est pas motivée ; elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ; elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 424-1 et R. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle méconnaît les stipulations des articles 23 et 24 de la convention de Genève relative au statut des réfugiés du 28 juillet 1951 ; elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ; elle est dépourvue de base légale.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 mai 2024, le préfet de police conclut, à titre principal, au rejet de la requête ou, à titre subsidiaire, au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin de suspension et d'injonction et au rejet des conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la condition d'urgence n'est pas remplie, l'intéressée ayant été munie le 24 mai 2024 d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande, valable jusqu'au 23 août 2024.

Par un mémoire enregistré le 27 mai 2024, Mme B se désiste de ses conclusions à fin de suspension et d'injonction.

Vu :

- la requête enregistrée sous le n° 2412045 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension est demandée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de Genève relative au statut des réfugiés du 28 juillet 1951 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Aubert, vice-présidente de section, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu, au cours de l'audience publique du 27 mai 2024, le rapport de Mme Aubert, juge des référés.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application de cet article et eu égard à l'urgence à statuer, de prononcer l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur la demande de référé :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

4. Mme A B, ressortissante irakienne née le 1er janvier 1986, a obtenu de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides la reconnaissance de son statut de réfugiée par une décision du 31 août 2023, et a demandé, à ce titre, la délivrance de la carte de résident portant la mention " bénéficiaire de la protection internationale " le 12 septembre 2023. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite du 12 janvier 2024 par laquelle le préfet de police a rejeté sa demande.

5. Le préfet de police a, en cours d'instance, muni Mme B d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande, valable jusqu'au 23 août 2024 et régularisant son séjour. Par un mémoire enregistré le 27 mai 2024, Mme B déclare se désister purement et simplement de ses conclusions à fin de suspension et d'injonction. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les frais liés au litige :

6. Il y a lieu, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me de Sèze, sous réserve que celui-ci renonce à la part contributive de l'Etat. Si Mme B n'est pas admise à l'aide juridictionnelle définitive, l'Etat lui versera cette somme au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1 : Il est donné acte du désistement de Mme B de ses conclusions à fin de suspension et d'injonction.

Article 2 : L'Etat versera à Me de Sèze, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat, la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de l'administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Si Mme B n'est pas admise à l'aide juridictionnelle définitive, l'Etat lui versera cette somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me de Sèze et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 28 mai 2024.

La juge des référés,

S. AUBERT

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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