vendredi 24 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2412105 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CAMUS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 mai 2024, Mme D représentée par Me Camus, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du 16 avril 2024 par laquelle le préfet de Police a classé sans suite sa demande de renouvellement de carte de séjour en qualité d'étudiante ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de procéder au réexamen de sa situation administrative, dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ou un récépissé lui permettant de travailler à titre accessoire ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1000 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- elle a demandé le renouvellement de sa carte de séjour " étudiant " mais sa demande a été classée sans suite le 16 avril 2024, ce qui s'analyse comme une décision de refus de renouvellement de carte de séjour. Or, elle risque de perdre son emploi. Par ailleurs, elle est privée de sa liberté d'aller et venir et ne peut plus voyager à l'étranger. Elle risque à tout moment d'être éloignée du territoire français. Cette situation anxiogène pour elle peut perturber le déroulement de ses examens de second semestre de première année de master.
Sur le doute sérieux :
- la décision attaquée est entachée par l'incompétence de son auteur ;
- elle est entachée d'insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle et d'une erreur de fait ;
- elle a méconnu l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2024, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions fondées sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la requérante a été convoquée en préfecture le 23 mai 2024 et qu'il lui a été remis un récépissé de demande de carte de séjour.
Par un mémoire enregistré le 23 mai 2024, Mme C reconnaît qu'il y a un non-lieu à statuer mais maintient ses conclusions tendant à l'obtention de l'aide juridictionnelle provisoire et à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête par laquelle Mme C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Henry, greffière d'audience, Mme B a lu son rapport et entendu :
-les observations de Me Camus, représentant Mme C ;
- Le préfet de police n'étant ni présent ni représenté.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante géorgienne, née le 14 septembre 1989, entrée en France en 2016, a demandé le renouvellement de sa carte de séjour " étudiant " le 31 janvier 2024 et a été mise en possession d'un récépissé valable jusqu'au 30 avril 2024. Par un courriel en date du 16 avril 2024, le préfet de police l'a informée de ce que son dossier était classé sans suite, aux motifs que malgré les relances [qui avaient été faites à la requérante par l'administration] en dates des 26 février et 25 mars, la requérante n'avait pas fourni les documents demandés. Par la présente requête, Mme C demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre l'intéressée au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Il est constant que, ainsi que cela ressort du mémoire en défense, Mme C a été convoquée le 23 mai 2024 dans les services de la préfecture et qu'elle s'est vue remettre un récépissé de demande de renouvellement de carte de séjour assortie d'une autorisation de travailler. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur ses conclusions tendant à la suspension de l'exécution de la décision du 16 avril 2024 par laquelle le préfet de police a classé sans suite sa demande de renouvellement de carte de séjour en qualité d'étudiante et sur ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés à l'instance :
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme C présentées en application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme C est admise à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension et d'injonction.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D, à Me Camus et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 24 mai 2024.
La juge des référés,
S. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2412105/1