LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2412805

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2412805

mercredi 12 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2412805
TypeDécision
PublicationD
Avocat requérantORHANT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 mai 2024, M. B A, représenté par Me Orhant, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 28 septembre 2023 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a implicitement refusé le rétablissement des conditions matérielles d'accueil, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'enjoindre à l'OFII, dans le délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de rétablir à son profit le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation de demandeur d'asile de manière rétroactive depuis la demande de rétablissement, ou, à défaut de procéder à un réexamen de sa situation administrative ;

4°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 s'il est définitivement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, ou dans le cas contraire, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à lui verser directement.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'urgence : la condition d'urgence est remplie en ce qu'il se trouve dans une situation de grande précarité car privé de ressources et de travail ; il est atteint de diabète et d'hypertriglycéridémie.

En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- la décision est entachée d'un vice de procédure en l'absence de la tenue d'un entretien de vulnérabilité ;

- elle méconnaît les articles L. 551-16 et D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'a pas pu faire valoir ses observations avant de se voir suspendre ses conditions matérielles d'accueil ;

- elle méconnaît l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il s'est rendu aux convocations de la préfecture et de l'OFII ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur les conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juin 2024, l'OFII conclut au rejet de la requête aux motifs que les conditions d'urgence et de doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ne sont pas remplies.

Il soutient que :

- le requérant s'est placé lui-même dans une situation d'urgence ; il ne justifie ni de la précarité de sa situation ni de la vulnérabilité de son état de santé ;

- il a fait l'objet d'un entretien destiné à apprécier sa vulnérabilité à l'enregistrement de sa demande d'asile et aucune disposition n'impose la tenue d'un nouvel entretien préalablement à la décision statuant sur la demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil ;

- le moyen tiré de ce qu'il n'a pas pu faire valoir ses observations avant de se voir suspendre ses conditions matérielles d'accueil est inopérant dès lors que cette obligation ne concerne pas les demandes de rétablissement ;

- les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation ne sont pas fondés dès lors qu'il ne fait état d'aucun motif justifiant le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil et qu'il s'est soustrait aux obligations découlant de son statut de demandeur d'asile en procédure Dublin.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2412804 enregistrée le 22 mai 2024 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif a désigné M. Gros, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 5 juin 2024 à 10h en présence de Mme Chakelian, greffière d'audience, M. Gros a lu son rapport.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant afghan, né le 1er avril 1988, est entré en France selon ses déclarations en septembre 2020. Le 30 septembre 2020, il a déposé sa demande d'asile pour laquelle il a été placé en procédure Dublin et a accepté l'offre de prise en charge de l'OFII. Le 23 mars 2021, il s'est vu notifier une décision de cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il s'est abstenu de se présenter aux autorités. L'Ofpra a décidé de placer sa demande d'asile en procédure normale le 26 mai 2023, à la suite de laquelle l'intéressé a formé une demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil réceptionnée le 28 juillet 2023. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 28 septembre 2023 par laquelle le directeur territorial de l'OFII lui a implicitement refusé le rétablissement des conditions matérielles d'accueil.

Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président " et aux termes de l'article 62 du décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'admission provisoire est demandée sans forme () au président de la juridiction saisie ".

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre provisoirement le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

En ce qui concerne l'existence de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. / Lors de l'entretien personnel, le demandeur est informé de sa possibilité de bénéficier de l'examen de santé gratuit prévu à l'article L. 321-3 du code de la sécurité sociale. "

6. Si les dispositions de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile font obligation à l'OFII de procéder, à la suite d'un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil, elles n'imposent pas la tenue d'un nouvel entretien préalablement à la décision portant suspension du bénéfice de ces conditions matérielles d'accueil ou à la décision statuant sur une demande de rétablissement de ce bénéfice. Il s'ensuit que M. A ne saurait utilement soutenir avoir été privé d'un nouvel entretien avant l'intervention de la décision lui refusant le rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil qui lui avaient été précédemment consenties. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure en l'absence de la tenue d'un entretien de vulnérabilité ne paraît pas, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable aux faits de l'espèce : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes () / La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. / Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil. " Aux termes de l'article D. 551-18 du même code : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-16 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Cette décision prend effet à compter de sa signature (). "

8. Il ne résulte ni des dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige, ni de celles de l'article D. 551-18 du même code que, lorsqu'il est saisi d'une demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil, l'OFII devrait mettre l'intéressé en mesure de présenter des observations écrites. Par suite, le moyen tiré de ce que M. A n'a pas pu faire valoir ses observations avant de voir sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil implicitement rejetée ne paraît pas, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

9. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que M. A ne s'est pas présenté aux convocations de la préfecture de police des 18 et 25 janvier 2021, pour lesquelles il avait été convoqué le 17 décembre 2020, faisant ainsi obstacle à l'exécution de son arrêté de transfert vers la Suède et conduisant à son report dans un délai de 18 mois au motif qu'il a pris la fuite. Par suite, le moyen invoqué par M. A tiré de la méconnaissance de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile cité au point 7, ne paraît pas, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, dès lors que son non-respect des obligations prescrites par les autorités est matériellement établi.

10. En dernier lieu, si le requérant se borne à exposer qu'il se trouve sans ressources et qu'il souffre de diabète et d'hypertriglycéridémie, le moyen tiré de ce que le directeur territorial de l'OFII a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle ne paraît pas pour autant, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

11. Il résulte de ce qui précède que l'une des conditions auxquelles les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonnent la suspension d'une décision administrative n'est pas remplie. Les conclusions de la requête tendant à la suspension de l'exécution de la décision du 28 septembre 2023 par laquelle le directeur territorial de l'OFII lui a implicitement refusé le rétablissement des conditions matérielles d'accueil ne peuvent, par suite et sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence, qu'être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

12. La présente ordonnance de rejet n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions de la requête aux fins d'injonction et d'astreinte ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

13. Il résulte de ce qui précède, M. A étant admis provisoirement à l'aide juridictionnelle provisoire, son avocat peut se prévaloir de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Toutefois, ces dispositions font obstacle à la condamnation de l'OFII qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Louise Orhant et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Fait à Paris, le 12 juin 2024.

Le juge des référés,

L. GROS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

← Retour aux décisions