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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2412962

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2412962

mercredi 12 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2412962
TypeDécision
Avocat requérantMONTEIL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 mai 2024, la société Capi, représentée par Me Monteil, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre la décision de la maire de Paris du 2 avril 2024 de refus d'installation de contre terrasse estivale sur stationnement ;

2°) de mettre à la charge de la Ville de Paris une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie car la décision de refus aura pour effet de la priver d'un chiffre d'affaires de l'ordre de 300 euros à 500 euros par jour et la privera de la possibilité de bénéficier des répercussions économiques des jeux olympiques ;

- la décision est fondée sur des faits matériellement inexacts car elle n'a jamais été verbalisée ni reçu de plainte pour le fonds de commerce de bar brasserie qu'elle exploite sous l'enseigne " The Harp Bar " au 118 boulevard de Clichy, il n'a pas été répondu à sa demande de motifs au sens de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, la décision crée une rupture d'égalité avec les autres établissements Black Pearl et James Hetfeelds situés 108 et 118 boulevard de Clichy autorisés à exploiter des terrasses estivales alors qu'ils n'ont pas respecté les conditions d'exploitation lors de la saison précédente et que son établissement est le plus petit du secteur.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juin 2022, la Ville de Paris, représentée par Me Falala, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la société Capi à lui verser la somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la société requérante ne justifie pas du gain manqué de l'ordre de 300 euros à 500 euros par jour, en tout état de cause, ce gain manqué ne peut, d'une part, qu'être accessoire au sens de l'article DG 5 du règlement des étalages qui exige que le commerce possède une autonomie de fonctionnement permettant d'exercer son activité principale à l'intérieur et, d'autre part, il ne peut être pris en compte car manifestement effectué après l'heure réglementaire, si bien que la condition d'urgence n'est pas remplie ;

- l'établissement litigieux a donné lieu à 16 procès-verbaux entre le 1er septembre et le 31 décembre 2023 dressés par des agents assermentés et sans erreur possible sur l'identité du commerce concerné, aucune règle n'impose la communication de procès-verbaux après leur établissement, notamment par l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, la décision attaquée repose ainsi sur des faits matériellement exacts ;

- le société requérante ne peut utilement se prévaloir de la rupture du principe d'égalité en faisant valoir que plusieurs commerces voisins qui ne respecteraient pas non plus les heures de fermeture ou les prescriptions du règlement des étalages ou terrasses, ne se seraient pas vu opposer un refus d'autorisation en 2024.

Vu ;

- la requête au fond enregistrée sous le n° 2412961 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, qui s'est tenue le 11 juin 2024, en présence de Mme Iannizzi greffière d'audience :

- le rapport de Mme A,

- les observations de Me Monteil, pour la société Capi ;

- et les observations de Me Falala, pour la Ville de Paris.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ".

2. Par la présente requête, la société Capi demande la suspension de la décision de la maire de Paris du 2 avril 2024 lui refusant l'autorisation d'installer une contre-terrasse estivale sur stationnement. Toutefois, il ressort des procès-verbaux produits dans le cadre de l'instance que les moyens invoqués par la société Capi ne sont pas de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. Par suite et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, la requête de la société Capi doit être rejetée.

3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à la condamnation de la Ville de Paris, qui n'est pas la partie perdante à l'instance, à verser la somme que la société Capi réclame à ce titre. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société Capi une somme de 1 000 euros à verser à la Ville de Paris au même titre.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société Capi est rejetée.

Article 2 : La société Capi versera à la Ville de Paris une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Capi et à la Ville de Paris.

Fait à Paris, le 12 juin 2024.

La juge des référés,

Anne A

La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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