LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2413573

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2413573

lundi 3 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2413573
TypeOrdonnance
PublicationC
Avocat requérantDUPOURQUE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 mai 2024 et le 30 mai 2024, M. A B, représenté par Me Dupourqué, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de résident dans un délai de 24 heures à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ou, à défaut, d'achever l'instruction de sa demande de carte de séjour dans un délai de 15 jours et de lui délivrer sous 24 heures une attestation de prolongation d'instruction portant la mention de sa qualité de réfugié, sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son avocate au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à lui-même si le bénéfice de l'aide juridictionnelle ne lui est pas accordé.

Il soutient que :

- l'urgence est avérée dès lors qu'il est dépourvu de titre de séjour depuis que la qualité de réfugié lui a été reconnue et se trouve, de ce fait, dans une situation d'extrême précarité ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit d'asile, à sa liberté d'aller et venir, à sa liberté de travailler, à son droit au respect de sa vie privée et familiale et au droit au respect de la dignité humaine.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la condition de l'urgence n'est pas remplie dès lors que M. B a été muni d'une carte de séjour temporaire jusqu'au 7 juin 2023 et qu'il a été mis en possession, le 30 mai 2024, d'un nouveau titre de séjour valable du 13 mars 2024 au 12 mars 2025 ;

- compte tenu de la délivrance de ce titre, M. B ne démontre pas l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Dhiver, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, tenue le 31 mai 2024 en présence de Mme Poulain, greffière d'audience, Mme Dhiver a lu son rapport et entendu les observations de Me Dupourqué, avocate de M. B.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () soit par la juridiction compétente ou son président. " Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur la demande de référé :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. () ".

3. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure particulière instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence particulière qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cette disposition soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise à très bref délai.

4. M. B, ressortissant afghan né le 1er janvier 1983, s'est vu reconnaître la qualité de réfugié par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 29 septembre 2017. Postérieurement à cette reconnaissance, il a été muni d'une carte de séjour temporaire régulièrement renouvelée, la dernière ayant expiré le 7 juin 2023. M. B a sollicité, le 16 avril 2023, la délivrance d'un titre de séjour et a été muni d'une attestation de prolongation d'instruction portant la mention " reconnu réfugié " qui justifiait de la régularité de son séjour jusqu'au 15 octobre 2023. M. B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de résident ou, à défaut, d'achever l'instruction de sa demande de carte de séjour et de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction portant la mention de sa qualité de réfugié.

5. Il résulte de l'instruction que le titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dont M. B a été disposé du 1er avril 2019 au 7 juin 2023 a été renouvelé au cours de la présence instance et qu'il a été mis en possession, le 30 mai 2024, d'une carte de séjour valable du 13 mars 2024 au 12 mars 2025. Ce document lui permet de justifier de la régularité de son séjour et de ce qu'il est autorisé à travailler. Dans ces conditions, quand bien même M. B n'a pas été muni d'une carte de résident en qualité de réfugié, il ne démontre pas l'existence d'une situation telle qu'elle appellerait une réponse immédiate du juge des référés visant à sauvegarder les libertés fondamentales qu'il invoque. Dès lors, la condition d'urgence particulière exigée par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ne peut être regardée comme satisfaite.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, à l'exception de celles tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Dupourqué.

Copie en sera adressée au préfet de police et au bureau d'aide juridictionnelle.

Fait à Paris, le 3 juin 2024.

La juge des référés,

M. DHIVER

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2/9

← Retour aux décisions