lundi 10 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2413591 |
| Type | Décision |
| Formation | 8e Section - MESD |
| Avocat requérant | AZAIEZ |
Vu la procédure suivante :
Vu la requête et le mémoire enregistrés les 28 mai 2024 par lesquels Monsieur A B, , demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision n° 9203347010 du 26 mai 2024 par laquelle préfet de police a porté la durée d'interdiction de retour sur le territoire français de douze à vingt-quatre mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de police, en application de l'article L 911-1 du code de justice administrative de lui délivrer à une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'expiration de ce délai en application de l'art L. 911-3 du code de justice administrative ;
3°) à défaut, d'enjoindre au préfet de police sur le fondement de l'article L. 911-2 du CJA, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours, tout en lui délivrant un titre provisoire de séjour, injonction assortie d'une astreinte fixée à 100 euros par jour de retard en application de l'article L. 911-3 du code de justice administrative ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2000 euros au titre des frais exposés pour ma défense sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
- la décision est entachée d'une incompétence de son auteur ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une méconnaissance de sa situation personnelle ;
-elle viole le principe du contradictoire ;
-elle est entachée d'une violation de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
-elle est entachée d'une violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Martin-Genier en application de l'article
R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martin-Genier ;
-les observations de Me Ansart, avocate commise d'office représentant M. B,
- les observations de Me Termeau, représentant le préfet de police.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant tunisien né le 19 juin 1997, demande au tribunal d'annuler la décision du 26 mai 2024 par lesquels le préfet de police a décidé de porter à 24 mois la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2024-00198 du 16 février 2024 régulièrement publié, le préfet de police a donné à M. C D délégation à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, dont relève la police des étrangers, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elles n'ont pas été absentes ou empêchées lors de la signature de l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué aurait été signé par une autorité incompétente doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée mentionne les considérations de fait et de droit sur lesquels elles se fondent. Elles visent notamment le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et fait état d'éléments relatifs à la situation personnelle du requérant. Elle mentionne en outre que le requérant a, le 16 juin 2023, fait l'objet d'une interdiction administrative de retour d'une durée de douze mois par le préfet des Hauts-de-Seine et qu'il s'est maintenu sur le territoire irrégulièrement, qu'il représente une menace pour l'ordre public son comportement ayant été signalé le 24 mai 2024 pour transport, détention acquisition de substances classées stupéfiantes. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen doivent être écartés.
4. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police n'aurait pas respecté le principe du contradictoire et les droits de la défense. L'intéressé a été interrogé lors d'une audition par la police le 26 mai 2024, et a été informé de ses droits. Le moyen doit dès lors, être écarté.
5. M. B a déclaré être célibataire et sans charge de famille et n'apporte au demeurant aucun élément sur la vie privée et familiale qu'il a allègue. Le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
6. Si le requérant invoque la convention franco-tunisienne, en tout état de cause, le préfet de police n'a pas commis d'erreur de droit en fondant sa décision sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour porter à vingt-quatre mois la durée de l'interdiction de retour sur le territoire. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit être carté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de police.
Lu en audience publique le 10 juin 2024.
Le magistrat désigné,
P. MARTIN-GENIERLa greffière,
D. MIGEON
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/8
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606789
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'arrêté du préfet de police prolongeant son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que la décision contestée était suffisamment motivée et ne méconnaissait pas les exigences légales, notamment celles du code de l'entrée et du séjour des étrangers (articles L. 612-6, L. 612-10 et L. 612-11). Elle a également estimé que cette mesure ne portait pas une atteinte disproportionnée aux droits de M. B... au regard de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606780
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était légal, notamment car l'auteur de l'acte était compétent et que la motivation, examinant les critères de l'article L. 612-10 du CESEDA, était suffisante. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2607042
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté d'interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que le préfet de police était compétent pour prendre cette décision et que la motivation de l'arrêté, qui se fonde sur le maintien irrégulier de l'intéressé au-delà de son délai de départ volontaire, était suffisante au regard des articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de M. A... au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606511
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision de l'OFII mettant fin aux conditions matérielles d'accueil d'un demandeur d'asile yéménite. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation, estimant que la décision de l'OFII, motivée par le défaut de déclaration d'une protection internationale antérieure en Grèce, était suffisamment motivée et respectait les exigences procédurales. La juridiction a appliqué les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que la directive européenne 2013/33/UE.
03/04/2026