mercredi 19 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2413733 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | DAVID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 mai 2024, M. A B, représenté par Me David, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 12 avril 2024 par laquelle a été clôturée l'instruction de sa demande de carte de résident, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
3°) d'enjoindre au préfet de police, à titre principal, de prendre une nouvelle décision sur sa demande de carte de résident sur le fondement du 4° de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ou, à défaut, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai d'une semaine à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 1 000 euros par mois de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros hors taxe au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que l'expiration le 31 mai 2024 de l'attestation de prolongation d'instruction de sa demande de carte de résident le place dans une situation irrégulière et qu'il peut être éloigné du territoire français à tout moment, alors que sa compagne et son fils disposent de la qualité de réfugiés ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors que son auteur n'est pas identifié, qu'elle n'est pas suffisamment motivée, qu'elle méconnaît les dispositions de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration, qu'elle témoigne d'un défaut d'examen sérieux de sa situation et d'une erreur manifeste d'appréciation et qu'elle est entachée d'une erreur de droit en tant que la qualité de parent réfugié lui octroie de plein droit le bénéfice d'une carte de résident sur le fondement de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juin 2024 à 15h27, le préfet de police conclut au rejet de la requête, à titre principal et au non-lieu à statuer, à titre subsidiaire.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Evgénas pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 11 juin 2024 à 15h30, en présence de M. Boucher, greffier d'audience, Mme Evgénas a lu son rapport et entendu Me Hiesse pour M. B.
Une note en délibéré a été enregistrée le 11 juin 2024 à 16h49, présentée pour M. A B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant de Côte d'Ivoire, né le 4 mai 1998, a déposé le 16 juin 2023 sur l'ANEF une demande de carte de résident en qualité de parent d'enfant réfugié sur le fondement de l'article L 424-3 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 12 avril 2024 par laquelle a été clôturée l'instruction de sa demande de carte de résident au motif qu'il devait présenter une nouvelle demande en qualité de conjoint de réfugié.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
3. Il ressort des pièces du dossier et, en particulier des indications données par le préfet de police dans son mémoire en défense, que M. B a été invité à se présenter le 13 juin 2024 à la préfecture de police en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour et la délivrance d'un récépissé avec autorisation de travail. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur ses conclusions tendant à la suspension de l'exécution de la décision du 12 avril 2024 par laquelle a été clôturée l'instruction de sa demande de carte de résident ainsi que sur ses conclusions en injonction.
Sur les frais liés au litige :
4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros qui sera versée à Me David en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B, la somme de 1200 euros lui sera directement versée en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à la suspension de l'exécution de la décision du 12 avril 2024 ainsi que sur ses conclusions en injonction.
Article 3 : L'État versera une somme de 1 200 euros à Me David en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A B, la somme de 1 200 euros lui sera directement versée en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me David et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police et au bureau d'aide juridictionnelle.
Fait à Paris, le 19 juin 2024.
La juge des référés,
J. EVGENAS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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