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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2413734

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2413734

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2413734
TypeOrdonnance
Avocat requérantDAVID

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 mai 2024, M. A B, représenté par Me David, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer une carte de résident en qualité de parent d'enfant réfugié révélée par la clôture de sa demande le 12 avril 2024 ;

3°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa demande de titre de séjour sur le fondement du 4° de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 1 000 euros par mois de retard, et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai d'une semaine à compter de la même échéance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de de l'Etat une somme de 2 400 euros TTC à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou, à défaut, si sa demande d'aide juridictionnelle est rejetée, à lui verser personnellement.

Par un courrier, enregistré le 17 juillet 2024, M. B a indiqué qu'il entendait maintenir sa requête.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 août 2024, le préfet de police conclut, d'une part, au non-lieu-à-statuer sur les conclusions de la requête a fin d'annulation dès lors que M. B a été reçu à la préfecture le 13 juin 2024 et que lui a été délivré un récépissé de demande de titre de séjour assorti d'une autorisation de travail valable du 13 juin 2024 au 12 décembre 2024 dans l'attente du réexamen de sa situation administrative, d'autre part, au rejet des conclusions à fin d'injonction ainsi que celles relatives au frais de l'instance.

Par une décision en date du 26 juin 2024, le président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris a accordé l'aide juridictionnelle totale à M. B.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 3' Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête () () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ".

3. Il ressort des pièces du dossier que le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale a été accordé à M. B par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 26 juin 2024. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions à fin d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, devenues sans objet.

Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :

4. Il résulte de l'instruction et n'est pas contesté par M. B que, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet de police a décidé de réexaminer sa demande de titre de séjour, qu'il a été reçu à la préfecture le 13 juin 2024, et qu'un récépissé de demande de titre de séjour assorti d'une autorisation de travail valable du 13 juin 2024 au 12 décembre 2024 lui a été délivré dans l'attente du réexamen de sa situation administrative. Dans ces conditions, alors que la reprise de l'examen de la situation administrative du requérant implique nécessairement que le préfet de police a retiré la décision de rejet de titre de séjour attaquée, M. B doit être regardé comme ayant obtenu satisfaction en cours d'instance. Par suite, ses conclusions tendant à l'annulation de la décision par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer une carte de résident en qualité de parent d'enfant réfugié révélée par la clôture de sa demande le 12 avril 2024 et celles tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de police, d'une part, de réexaminer sa demande de titre de séjour sur le fondement du 4° de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par mois de retard, d'autre part, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai d'une semaine à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, sont devenues sans objet.

Sur les conclusions présentées sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative :

5. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me David, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission de l'aide juridictionnelle qui lui a été confiée, de mettre à la charge de l'Etat le versement à son profit d'une somme de 1000 euros.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. B.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête à fins d'annulation et d'injonction de M. B.

Article 3 : L'Etat versera la somme de 1000 euros à Me David, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que Me David renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au préfet de police et à Me David.

Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.

Fait à Paris, le 24 octobre 2024.

Le président de la 2ème section,

J.-F. SIMONNOT

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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