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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2413860

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2413860

jeudi 19 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2413860
TypeDécision
Formation6e Section - 3e Chambre
Avocat requérantCABINET LEBRIQUIR AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 mai 2024, Mme C B, représentée par Me Lebriquir, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 décembre 2023 du préfet de police de Paris en tant qu'il a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français, ensemble la décision rejetant son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de séjour mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Mme B soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'inexactitude matérielle des faits ;

- elles sont entachées d'erreur manifeste dans l'appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle ;

- elles violent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 juillet 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. Doan a lu son rapport au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante camerounaise née le 31 août 1990, entrée en France le 23 mai 2022 munie de son passeport revêtu d'un visa de type C, a sollicité le 25 mai 2023 la délivrance d'un titre de séjour pour motif médical. Par un arrêté du 28 décembre 2023, le préfet de police a refusé de lui délivrer le titre sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé son pays de renvoi d'office. Par la présente requête, elle demande l'annulation des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.

2. En premier lieu, Mme B soutient que les décisions sont entachées d'inexactitude matérielle dès lors qu'elle n'est pas célibataire mais qu'elle est mariée avec M. A. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le mariage a été célébré le 2 mars 2024, postérieurement à l'arrêté litigieux. Par suite, le moyen manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, la requérante se prévaut de l'ancienneté et la stabilité de sa relation avec M. A, ressortissant français, de ce qu'ils ont eu ensemble un enfant de nationalité française né le 23 avril 2012 qui réside au Cameroun dans l'attente de les rejoindre, et de sa durée de présence en France. Toutefois, à supposer même que le couple ait eu ensemble un enfant, la requérante ne justifie pas de leur communauté de vie depuis cette date, n'était présente en France que depuis environ un an et demi à la date de l'arrêté attaqué et n'est pas isolée au Cameroun où elle a vécu jusqu'à l'âge de plus de trente ans et où résident ses parents ainsi que l'enfant. Dans ces conditions, le préfet de police, en rejetant sa demande de titre de séjour, en tout état de cause, et en l'obligeant à quitter le territoire français, n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts qu'il a poursuivis. Il n'a donc pas violé les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il n'a pas davantage commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de ses décisions sur la situation personnelle de Mme B.

4. En dernier lieu, Mme B ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à Me Lebriquir et au préfet de police de Paris.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Delesalle, président,

- M. Cicmen, premier conseiller,

- M. Doan, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.

Le rapporteur,

R. Doan

Le président,

H. DelesalleLa greffière,

A. Cardon

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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