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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2413946

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2413946

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2413946
TypeDécision
PublicationC
Formation6e Section - 3e Chambre
Avocat requérantCABINET ACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A B, ressortissant équatorien, qui contestait l'arrêté du préfet de police du 15 mai 2024 lui refusant le renouvellement de son titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant son pays de destination et lui interdisant le retour pour cinq ans. Le tribunal a examiné les moyens soulevés, notamment l'incompétence du signataire et l'insuffisance de motivation, et les a écartés. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des demandes d'annulation et d'injonction. Les textes appliqués incluent la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 mai 2024 et le 19 juin 2024, M. E A B, représenté par Me Simon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 mai 2024 par lequel le préfet de police de Paris a refusé de lui renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans et l'a informé qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction de retour ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de supprimer le signalement de M. A B aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

M. A B soutient que :

- la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour est insuffisamment motivée en droit ;

- elle est entachée d'un vice de procédure faute de saisine pour avis de la commission du titre de séjour ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation s'agissant de l'existence d'une menace pour l'ordre public ;

- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'un vice de procédure à raison de la méconnaissance du principe du contradictoire prévu par les articles L. 121-1 et L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire est entachée d'incompétence ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de renvoi est entachée d'incompétence ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire est entachée d'insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2024, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Doan,

- et les observations de Me Simon, représentant M. A B.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant équatorien né le 3 mai 1999, entré en France en 2002 selon ses déclarations, a bénéficié à sa majorité d'une carte de séjour temporaire valable jusqu'au 25 juin 2018, puis d'une carte de séjour pluriannuelle mention " vie privée et familiale " valable du 26 juin 2018 au 25 juin 2022 dont il a sollicité le renouvellement, sur le fondement de l'article L. 411-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 15 mai 2024, dont il demande l'annulation, le préfet de police a refusé de lui délivrer le titre sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans.

Sur la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour :

2. En premier lieu, par un arrêté n°2024-00598 du 7 mai 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris le même jour, le préfet de police a donné délégation à M. C D, administrateur de l'Etat hors classe, sous-directeur du séjour et de l'accès à la nationalité, pour signer tous arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions, en cas d'absence ou d'empêchement des autres délégataires, sans qu'il ressorte des pièces du dossier que ces derniers n'aient pas été absents ou empêchés lorsqu'a été signée la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 18 avril 2024 doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles le préfet de police s'est fondé pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. A B. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; / 2° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer la carte de résident prévue aux articles L. 423-11, L. 423-12, L. 424-1, L. 424-3, L. 424-13, L. 424-21, L. 425-3, L. 426-1, L. 426-2, L. 426-3, L. 426-6, L. 426-7 ou L. 426-10 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; / 3° Lorsqu'elle envisage de retirer le titre de séjour dans le cas prévu à l'article L. 423-19 ; / 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1 ; / 5° Lorsqu'elle envisage de refuser le renouvellement ou de retirer une carte de séjour pluriannuelle ou une carte de résident dans le cas prévu à l'article L. 412-10 ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 412-7 du même code, figurant au sein de la section 3 " Contrat d'engagement au respect des principes de la République " du chapitre II relatif aux " Conditions générales de séjour " du titre I " Dispositions générales " du livre IV " Séjour en France " : " L'étranger qui sollicite un document de séjour s'engage, par la souscription d'un contrat d'engagement au respect des principes de la République, à respecter la liberté personnelle, la liberté d'expression et de conscience, l'égalité entre les femmes et les hommes, la dignité de la personne humaine, la devise et les symboles de la République au sens de l'article 2 de la Constitution, l'intégrité territoriale, définie par les frontières nationales, et à ne pas se prévaloir de ses croyances ou de ses convictions pour s'affranchir des règles communes régissant les relations entre les services publics et les particuliers ". Aux termes de l'article L. 412-10 du même code : " Lorsque la décision de refus de renouvellement ou de retrait concerne une carte de séjour pluriannuelle ou une carte de résident, l'autorité administrative prend en compte la gravité ou la réitération des manquements au contrat d'engagement au respect des principes de la République ainsi que la durée du séjour effectuée sous le couvert d'un document de séjour en France. Cette décision ne peut être prise si l'étranger bénéficie des articles L. 424-1, L. 424-9, L. 424-13 ou L. 611-3. / La décision de refus de renouvellement ou de retrait d'une carte de séjour pluriannuelle ou d'une carte de résident est prise après avis de la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que la consultation de la commission du titre de séjour n'est exigée, en cas de refus de renouvellement d'une carte de séjour pluriannuelle, que dans le cas où l'autorité administrative se fonde sur des manquements au contrat d'engagement au respect des principes de la République prévu par l'article L. 412-7.

5. En l'espèce, le préfet de police s'est seulement fondé sur les dispositions de l'article L. 412-5 de ce code en retenant que le comportement de M. A B constituait une menace à l'ordre public. Le refus de renouvellement de la carte de séjour pluriannuelle de M. A B ne relevait dès lors d'aucune des hypothèses dans lesquelles le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile impose la saisine préalable de la commission du titre de séjour. Le moyen tiré du vice de procédure doit en conséquence être écarté.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE ". ". Aux termes de l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".

7. Pour refuser à M. A B le renouvellement de son titre de séjour, le préfet de police a retenu que l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, dès lors que l'intéressé a été condamné le 14 juin 2019 par le tribunal correctionnel de Paris à 70 heures de travaux d'intérêt général à accomplir dans un délai d'un an et six mois pour violence par une personne en état d'ivresse manifeste suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours et port sans motif légitime d'arme blanche ou incapacitante de catégorie D, et qu'il a été placé en détention provisoire à compter du 28 janvier 2023 par le tribunal judiciaire de Nanterre pour viol commis par une personne étant ou ayant été conjoint, violence sans incapacité par une personne étant ou ayant été conjoint et atteinte à l'intimité de la vie privée par fixation, enregistrement ou transmission de l'image d'une personne présentant un caractère sexuel le 20 janvier 2023, ainsi que menace de mort réitérée commise par une personne étant ou ayant été conjoint le 19 décembre 2022. Si à ce dernier titre, il n'a fait l'objet encore d'aucun condamnation, les éléments reprochés, qui sont récents et d'une particulière gravité, sont extrêmement circonstanciés et ont conduit à son placement prolongé en détention provisoire. Compte tenu de l'ensemble de ces circonstances, c'est sans erreur d'appréciation que le préfet de police a pu estimer que sa présence en France représentait une menace pour l'ordre public et lui refuser pour ce motif le renouvellement de sa carte de séjour temporaire.

8. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

9. Il ressort des pièces du dossier que M. A B est entré sur le territoire français à l'âge de trois ans, il y a environ vingt-deux ans à la date de l'arrêté, qu'il y a suivi sa scolarité et poursuivi des études supérieures en obtenant le 7 juillet 2021 un brevet de technicien supérieur, qu'il a bénéficié d'un titre de séjour de sa majorité jusqu'en 2022, que son frère et sa sœur ont obtenu la nationalité française, que sa mère est titulaire d'une carte de résident de dix ans, et qu'il s'est par ailleurs engagé dans des activités associatives en France. Toutefois, alors qu'il est par ailleurs célibataire, et sans charge de famille en France, sa présence en France représente une menace pour l'ordre public ainsi qu'il a été précisé au point 7. Dans ces conditions, en refusant de renouveler le titre de séjour de M. A B, le préfet de police ne peut être regardé comme ayant porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts qu'il a poursuivis. Il n'a donc pas violé les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décisions sur la situation personnelle du requérant.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français

10. Compte tenu de ce qui a été dit au point 9, mais eu égard aux effets d'une mesure d'éloignement, M. A B est fondé à soutenir qu'en lui faisant obligation de quitter le territoire français, le préfet de police a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris cette décision et a, par suite, violé les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

11. Il résulte de ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire français, ainsi que, par voie de conséquence, les décisions portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans doivent être annulées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

12. Aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire ". Aux termes de l'article R. 613-7 du même code : " Les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription dans ce traitement ". Aux termes de l'article 7 du décret du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées : " I. - Les données à caractère personnel et informations enregistrées dans le fichier sont conservées jusqu'à l'aboutissement de la recherche ou l'extinction du motif de l'inscription. () ".

13. Il résulte des dispositions citées au point précédent que l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français implique nécessairement l'effacement du signalement de M. A B aux fins de non admission dans le système d'information Schengen résultant de cette décision. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet de police de faire procéder à cet effacement dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent arrêt.

Sur les frais liés au litige :

14. M. A B n'ayant pas présenté de demande d'aide juridictionnelle et n'étant pas admis au bénéfice de celle-ci, son conseil ne peut, en tout état de cause, demander la mise à la charge de l'Etat d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 15 mai 2024 du préfet de police est annulé en tant qu'il fait obligation à M. A B de quitter le territoire français sans délai, fixe son pays de renvoi et lui interdit le retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de faire procéder à l'effacement du signalement de M. A B aux fins de non admission dans le système d'information Schengen dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent arrêt.

Article 3 : Le surplus de la requête de M. A B est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E A B, à Me Simon et au préfet de police de Paris.

Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Delesalle, président,

M. Cicmen, premier conseiller,

M. Doan, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.

Le rapporteur,

R. Doan

Le président,

H. DelesalleLe greffier,

A. Lemieux

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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