mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2414141 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | DA SILVA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 1er juin et 15 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Da Silva, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 mai 2024 par lequel le préfet de police a considéré que son droit au séjour était caduc, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de police de constater son droit au séjour en France dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) et doit être regardé comme demandant de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ou à verser à son conseil sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il dispose d'un droit au séjour et ne constitue pas une charge déraisonnable ;
- elle a été prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle viole les stipulations le 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er juillet 2024 le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'ide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Laforêt,
- et les observations de Da Silva, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant roumain, né le 19 octobre 1986, déclare être entré en France le 29 janvier 2021. Le 20 mai 2024, il a fait l'objet d'une retenue pour vérification de droit au séjour à l'issue de laquelle un arrêté du préfet de police a, par un arrêté du 20 mai 2024, constaté la caducité de son droit au séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai d'un mois. Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; () ". L'article L. 233-1 du même code dispose : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : / 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; / 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ".
3. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des bulletins de salaire et du contrat à durée déterminée conclu le 4 avril 2022 produits par le requérant que ce dernier est employé depuis en qualité d'ouvrier professionnel tous corps d'état par une société exerçant une activité de construction de maisons individuelles et perçoit un salaire mensuel net supérieur à 3 000 euros à raison de cette activité. Dès lors, M. A exerce bien une activité professionnelle et le préfet de police a, dès lors qu'il remplissait une des conditions alternatives prévues par cet article, fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point précédent en estimant qu'il ne justifiait plus d'aucun droit au séjour. Au surplus, il ressort des pièces du dossier et notamment des bulletins de salaires et de la carte d'adhérent de M. A qu'il est affilié à une assurance complémentaire santé. Par suite, M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté contesté dans son ensemble, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de sa requête.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
4. Aux termes de l'article L. 231-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les citoyens de l'Union européenne ne sont pas tenus de détenir un titre de séjour. Toutefois, s'ils en font la demande, il leur en est délivré un ". Le présent jugement, qui annule l'arrêté par lequel le préfet de police a constaté la caducité du droit au séjour de M. A n'implique aucune mesure particulière d'exécution et il est loisible à M. A, s'il s'y croit fondé, de présenter une demande de titre de séjour auprès du préfet territorialement compétent. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ne peuvent être accueillies.
Sur les frais liés à l'instance :
5. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A, qui n'a pas demandé son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle n'a pas été admis au bénéfice de cette aide, ni seulement en aurait fait la demande. Par conséquent, son avocat ne peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Dans ces conditions, le requérant est fondé seulement à demander le versement de la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre cette somme à la charge de l'Etat, partie perdante.
D E C I D E:
Article 1er : L'arrêté du préfet de police du 20 mai 2024 est annulé.
Article 2 : L'Etat versera à M. A, la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Simonnot, président,
Mme Laforêt, première conseillère,
Mme Calladine, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 octobre 2024.
La rapporteure,
L. LAFORÊT
Le président,
J-F. SIMONNOT
La greffière,
M-C. POCHOT
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2400082
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Le Printemps immobilier, qui demandait une réduction de sa cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties pour l'année 2021. La juridiction a jugé que la société, sur laquelle pesait la charge de la preuve en vertu de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, n'avait pas démontré le caractère exagéré de l'imposition. Elle n'a pas établi que la surface réelle de ses locaux était inférieure à celle déclarée, ni que l'administration avait fait une application erronée des règles de calcul, notamment celles de l'article 1518 A du code général des impôts.
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Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2504630
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