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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2414264

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2414264

lundi 10 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2414264
TypeOrdonnance
PublicationD
Avocat requérantPARTOUCHE-KOHANA STÉPHANIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 juin 2024, Mme B A, représentée par Me Partouche-Kohana, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 28 juillet 2023 par laquelle la caisse d'allocatons familiales (CAF) de Paris l'a informé que la CAF des Hauts-de-Seine lui avait transféré le recouvrement de la somme de 8 979,69 euros au titre des prestations familiales et de la somme de 4 097,11 euros au titre de l'aide personnalisée au logement et qu'elle effectuerait chaque mois une retenue sur ses prestations ;

2°) d'enjoindre à la CAF de Paris de la rétablir dans ses droits en cessant les retenues prélevées, dans le délai de sept jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) d'enjoindre à la CAF de Paris de lui verser l'intégralité de ses prestations sociales dans le même délai et sous la même astreinte ;

4°) de mettre à la charge de la CAF de Paris une somme de 2 500 euros à verser à son conseil, en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative sous réserve de sa renonciation à la perception de la contribution de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle ou à défaut de lui verser la somme de 2 500 euros.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la condition d'urgence est caractérisée dès lors qu'elle est handicapée, ne travaille pas, a pour seuls revenus les revenus versés par la CAF de Paris et que, de ce fait, la décision contestée a pour effet de l'empêcher d'assurer ses dépenses quotidiennes et courantes, et entraîne pour elle un préjudice grave et immédiat ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision dès lors que la CAF doit supendre toute forme de recouvrement en vertu de la décision du juge du surendettement qui lui est opposable et est opposable à la CAF et qu'il n'existe aucune créance de restitution d'indu au profit de celle-ci dans la mesure où les trois prestations concernées ne sont pas financées par des organismes de sécureité sociale.

Vu :

- la requête n° 2414265, enregistrée le 3 juin 2024, par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision susvisée ;

- les autres pièces du dossier.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 mars 2024.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Delesalle pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Pour justifier de l'urgence à suspendre la décision contestée, Mme A soutient que les retenues sur prestations effectuées par la caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris aux fins de recouvrer la dette litigieuse entraînent des préjudices graves et immédiats sur sa situation dès lors que ces prestations sont ses seuls revenus, l'empêchant d'assumer ses dépenses quotidiennes et courantes alors qu'au surcroît elle est handicapée. Toutefois, et en tout état de cause, ses allégations ne sont justifiées par aucune pièce et, en l'état de l'instruction, Mme A ne peut être regardée comme justifiant de l'urgence qu'il y aurait à suspendre la décision litigieuse.

3. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme A en toutes ses conclusions selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par Mme A est rejetée.

Article 2: La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à Me Partouche Kohana.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de Paris.

Fait à Paris le 10 juin 2024.

Le juge des référés,

H. Delesalle

La République mande et ordonne au préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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