jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2414334 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 et 19 juin 2024, Mme C, représentée par Me Megherbi, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation et de lui délivrer un certificat de résidence algérien de 10 ans dans le délai d'un mois suivant la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de la justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition relative à l'urgence est remplie dès lors qu'elle est présumée concernant les refus de renouvellement de titre de séjour et que cette décision produit des effets immédiats sur sa situation administrative et appauvri sa situation sur le territoire français.
- Il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, car :
- elle méconnaît l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle méconnaît l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.
Le préfet de police, représenté par Me Tomasi, a transmis des pièces le 17 juin 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 4 juin 2024, sous le n° 2414335, tendant à l'annulation de la décision dont la suspension est demandée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Ladreyt, vice-président de la 5ème section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, qui s'est tenue en présence de
Mme Darthout, greffière d'audience :
- le rapport de M. Ladreyt ;
- les observations de Me Megherbi, avocat de Mme B, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens ;
- les observation de Me Zerad, avocat de la préfecture de police, qui conclut au rejet de la requête.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B est, selon ses dires, entrée en France le 15 novembre 2012 avec un visa touristique. Depuis cette date, elle réside en France et le 10 mai 2022, elle a obtenu une carte de séjour portant la mention " certificat de résidence algérien " valable jusqu'au 9 mai 2023. Le 1er juin 2023 Mme B a demandé le renouvellement de ce titre et a été mise en possession d'un récépissé valable 6 mois. Par la présente requête, Mme B demande la suspension de la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () "
3. Il résulte de l'instruction que Mme B était titulaire d'une carte de séjour portant la mention " certificat de résidence algérien " valable du 10 mai 2022 au 9 mai 2023. Le 1er juin 2023, elle a déposé une demande de renouvellement de ce titre et par un courriel du 14 août 2023 la préfecture de police lui a demandé la transmission d'une autorisation de travail délivrée par la main d'œuvre étrangère à son nouvel employeur. Il ressort des pièces du dossier que la requérante n'a toujours pas transmis cette pièce à la préfecture de police. Si la requérante soutient que le défaut de production de cette autorisation ne dépend pas de sa volonté mais serait dû à des carences administratives, la préfecture peut demander toute pièce nécessaire pour instruire les demandes de renouvellement de titre de séjour. Ainsi, même s'il serait loisible au préfet de police d'instruire la demande de renouvellement de Mme B en prenant en compte la difficulté qu'elle a pour produire l'autorisation de travail, la circonstance que dans sa demande de renouvellement la requérante ne produit pas la pièce demandée rend son dossier incomplet. Dès lors, le moyen tiré d'une erreur de droit et celui tiré d'une erreur manifeste d'appréciation ne sont pas de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
4. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'urgence la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur. Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 27 juin 2024.
Le juge des référés
J.-P. LADREYT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.