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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2414495

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2414495

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2414495
TypeDécision
PublicationC
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantCASTEJON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée 5 juin 2024, Mme A B, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 21 mai 2024 par lequel le préfet de police a décidé son transfert aux autorités italiennes et de lui permettre de solliciter l'asile en France.

Elle soutient que :

-sa mère vit en France ;

-elle veut vivre auprès de sa famille ;

-elle a subi des actes de torture dans son pays ;

-son père a été assassiné au Sri-Lanka ;

-elle a participé à des activités politiques et manifestations ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de Mme B ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention de Genève du 28 juillet 1951,

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le règlement (CE) n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003,

- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013,

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013,

- la convention d'application de l'accord de Schengen signée le 19 juin 1990,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,

- l'ordonnance n°2020-305 du 25 mars 2020,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article

R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- les observations de Me Castejon, représentant Mme B, qui soulève à l'audience le moyen tiré du défaut d'examen de la situation personnelle de Mme B ;

- les observations de Me Jacquard, pour le préfet de police.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante sri-lankaise née le 28 avril 2000, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 21 mai 2024 par lequel le préfet de police a décidé son transfert aux autorités espagnoles.

2. Il ressort des pièces du dossier que la sœur de la requérante est installée régulièrement en France, ayant obtenu l'asile politique. La mère de la requérante a sollicité un réexamen de sa demande d'asile. Mme B est en outre prise en charge par sa sœur qui a obtenu la qualité de réfugié pour les mêmes motifs que ceux invoqués par la requérante tant à l'audience que dans sa requête. Son oncle est également titulaire d'un titre de séjour valable jusqu'en 2026. Dès lors, la requérante est fondée à soutient que l'arrêté en litige est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle.

3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que l'arrêté litigieux du préfet de police du 21 mai 20224 doit être annulé.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du préfet de police du 21 mai 2024 est annulé.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet de police.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

P. CLa greffière,

D. MIGEON

La République mande et ordonne au préfet de police, en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2414495/8

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