mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2414546 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 5 juin et 17 juillet 2024,
Mme B A, représentée par Me Levildier, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer l'annulation de l'arrêté du 28 mai 2024 par lequel le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai et lui a interdit le retour sur le territoire français durant 5 ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de résident sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que :
-L'arrêté attaqué est entaché d'erreur d'appréciation car ses attaches privées et familiales en France sont considérables, dès lors qu'elle y a vécu jusqu'à l'âge de 11 ans puis entre 14 et 16 ans puis de nouveau depuis l'âge de 17 ans, soit 26 ans sur 30 ans de vie et qu'y résident son père et ses six frères et sœurs, où elle a obtenu un brevet de technicien supérieur (BTS) en 2020, travaille dans une banque sous couvert d'un contrat d'apprentissage dans le cadre d'une licence et y dispose d'une promesse d'embauche, de sorte que le renouvellement de son titre de séjour ne peut lui être refusé au motif du trouble à l'ordre public sur le fondement d'une condamnation ancienne, vielle de 4 ans à la date de la décision attaquée ;
-L'arrêté attaqué méconnaît l'intérêt supérieur de l'enfant protégé par l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'homme car il a pour effet de priver son enfant français né en 2022 de grandir aux côtés de sa mère ;
-Le refus d'un délai de départ volontaire ne pouvait être prononcé dès lors qu'il a été notifié par voie postale et non administrative, en méconnaissance des articles R.776-2 II du code de justice administrative et R.613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2024, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 22 juillet 2024, la clôture d'instruction a été fixée au
5 août 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grossholz,
- et les observations de Me Levildier, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, née le 26 mai 1994 à Paris, ressortissante du Mali, a demandé le renouvellement de son titre de séjour au préfet de police qui, par arrêté du 28 mai 2024, lui a opposé un refus, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai et lui a interdit le retour sur ce dernier pendant 5 ans. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'en prononcer l'annulation.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :
2. Aux termes de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance ou le renouvellement d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être refusé à tout étranger : / () 3° Ayant commis les faits qui l'exposent à l'une des condamnations prévues aux articles 222-34 à 222-40, 224-1 A à 224-1 C, 225-4-1 à 225-4-4, 225-4-7, 225-5 à 225-11, 225-12-1, 225-12-2, 225-12-5 à 225-12-7, 225-13 à 225-15, au 7° de l'article 311-4 et aux articles 312-12-1 et 321-6-1 du même code ; () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que si Mme A, qui est née en France, y a vécu, y a été scolarisée durant la majeure partie de son existence et justifie y avoir obtenu un brevet de technicien supérieur (BTS) et y travailler sous couvert d'un contrat d'apprentissage dans le cadre d'une formation de " conseiller clientèle des particuliers en banque et assurance " au sein d'une banque qui souhaite l'embaucher, après l'obtention de ce dernier, pour une durée indéterminée et à temps complet, a fait l'objet d'une condamnation le 30 octobre 2020 à une peine d'emprisonnement de dix mois avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris pour transport et détention non autorisées de stupéfiants, détention de marchandise dangereuse pour la santé publique (stupéfiant) sans document justificatif régulier et participation à association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un délit puni de 10 ans d'emprisonnement, pour des faits commis en 2018, ces derniers sont anciens de six ans à la date de l'arrêté attaqué et présentent un caractère isolé. Dans ces conditions, en refusant de renouveler le titre de séjour sollicité, le préfet de police a commis, dans les circonstances particulières de l'espèce, une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il en résulte que l'arrêté attaqué est illégal et doit être annulé.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
4. L'annulation prononcée par le présent jugement implique que le préfet de police procède au réexamen de la situation administrative de Mme A. Il lui est enjoint d'y procéder dans un délai de trois mois à compter de la notification de ce jugement. Il n'y a pas lieu, en revanche, de prononcer une astreinte.
Sur les conclusions tendant à la mise en œuvre de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
5. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 28 mai 2024 par lequel le préfet de police a refusé de renouveler le titre de séjour de Mme A, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai et lui a interdit le retour sur le territoire français durant 5 ans est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police ou à tout autre préfet territorialement compétent, de procéder au réexamen de la situation administrative de Mme A dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Article 3 : Le préfet de police versera à Mme A la somme de 1 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
Mme Grossholz, première conseillère,
Mme Ostyn, conseillère,
Rendu public par mise à disposition du greffe le 17 septembre 2024.
La rapporteure,
C. GROSSHOLZ
Le président,
J.-C. TRUILHELa greffière,
S. RUBIRALTA
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2503570
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte de résident. La juridiction a estimé que le préfet de police de Paris, en se fondant sur une condamnation pénale, n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 432-4, et a examiné le respect de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2424420
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande de décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu pour les années 2015 et 2016. Le requérant contestait la régularité de la proposition de rectification, notamment son caractère suffisamment motivé et son aptitude à interrompre le délai de reprise. Le tribunal a jugé que la proposition, notifiée après l'ouverture d'une procédure de retrait d'agrément, était régulière et a valablement interrompu le délai de reprise, conformément aux articles L. 57 du livre des procédures fiscales et 1649 nonies A du code général des impôts.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517132
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police du 17 juin 2025 ordonnant l'éloignement de M. A..., un ressortissant algérien. La juridiction a retenu que l'administration n'avait pas procédé à un examen sérieux de la situation familiale du requérant, notamment de ses liens avec sa fille née en France, ce qui constitue une erreur de droit. Le tribunal a enjoint au préfet de délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer la situation dans un délai de trois mois, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2416373
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision implicite de refus de titre de séjour. Le requérant, un ressortissant malien, contestait ce refus intervenu sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Le tribunal a annulé la décision implicite pour défaut de motivation, l'administration n'ayant pas répondu à la demande de communication des motifs formulée sur le fondement de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Il a enjoint au préfet de réexaminer la demande dans un délai d'un mois.
01/04/2026