vendredi 19 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2414605 |
| Type | Décision |
| Formation | 4e Section - 3e Chambre - OQTF 6 sem. |
| Avocat requérant | LEGRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi du 5 juin 2024, enregistrée le même jour au tribunal administratif de de Paris, le premier vice-président du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal la requête présentée par M. B, représenté par Me Legrand, par laquelle le requérant demande :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 mai 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour et ce, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence de leur signataire ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision de refus d'octroi de délai de départ volontaire méconnaît le principe de libre circulation ;
- les décisions fixant le pays de renvoi et portant interdiction de retour sur le territoire français sont illégales en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juillet 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Simonnot, président de chambre, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique M. Simonnot a donné lecture de son rapport.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, nommé Counde par les décisions attaquées, ressortissant ivoirien né le 10 juin 1989, est entré en France en août 2023. Par un arrêté du 29 mai 2024, pris sur le fondement de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français et l'espace Schengen sans délai, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et a fixé le pays de destination duquel il serait éloigné. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, par un arrêté n° 2024-1329 du 3 mai 2024, publié au recueil des actes administratifs n° 93-2024-05-06 du - mai 2024 ainsi qu'il ressort des informations publiées sur le réseau internet, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'ayant pas estimé nécessaire d'apporter cette précision par ses écritures en défense, délégation de signature a été donnée à M. A C, chef du pôle instruction, pour signer tous actes, arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions, dont relèvent les mesures d'éloignement, en cas d'absence ou d'empêchement des autres délégataires désignés, sans qu'il ressorte des pièces du dossier que ces derniers n'aient pas été absents ou empêchés lorsqu'il a signé la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. Il ressort du procès-verbal d'audition de M. B établi le 28 mai 2024 par un agent de police judiciaire qu'il est entré seul en France en août 2023 et qu'il déclare être célibataire sans enfant à sa charge. Il ne démontre aucune attache sociale ou familiale particulièrement forte sur le territoire français. Dans ces conditions, eu égard au caractère très récent de sa présence en France et des conditions de son séjour, le préfet de police n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. B.
En ce qui concerne la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
4. D'une part, le requérant ne peut utilement soutenir que la décision le privant d'un délai de départ volontaire l'a privé de son droit à un recours effectif, dès lors qu'il a pu contester cette décision dans la présente instance.
5. D'autre part, il ressort des pièces du dossier le requérant n'a pu justifier être entré régulièrement en France et qu'il n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ou déposé de demande auprès de l'Office français pour les réfugiés et apatrides (OFPRA). Dès lors, M. B n'est pas fondé à invoquer une atteinte quelconque portée à sa liberté de circulation en France.
En ce qui concerne les décisions fixant le pays de renvoi et l'interdiction de retour sur le territoire :
6. Il résulte de ce qui a été dit aux points 2 et 3 et compte tenu de ce que M. B ne soulève aucun autre moyen propre à ce titre, que le moyen tiré de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de police du 29 mai 2024. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B, au préfet de police de Paris.
Le magistrat désigné,
J.-F. SIMONNOT
La greffière,
L. CLOMBE Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2024.
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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