mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2414607 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 juin 2024, M. B A, représenté par Me Calvo Pardo, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 mai 2024 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;
2°) d'enjoindre au préfet de police, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa demande ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il porte une atteinte manifeste et disproportionnée au droit de mener une vie privée et familiale protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2024, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 7 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 19 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Ostyn a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant chinois, né le 5 mai 1973, entré en France, selon ses déclarations, le 28 juin 2001, a sollicité le 22 septembre 2022 son admission exceptionnelle au séjour. Par arrêté du 22 mai 2024, dont le requérant demande l'annulation, le préfet de police a rejeté sa demande, pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français assortie d'un délai de trente jours pour quitter le territoire et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, si le requérant souligne l'incohérence de la motivation du préfet de police, lequel a considéré qu'il n'était pas en mesure d'attester de façon probante d'une ancienneté de résidence de plus de dix ans mais a néanmoins saisi la commission du titre de séjour, une telle circonstance ne saurait démontrer un défaut d'examen de la situation personnelle de M. A, dès lors que l'arrêté relève par ailleurs que son emploi de peintre en bâtiment, l'absence de vie privée en familiale intense en France et la présence à l'étranger de son épouse et de ses enfants ne permettent pas d'établir la réalité de motifs exceptionnels ou de considérations humanitaires justifiant son admission exceptionnelle au séjour. Le moyen tiré du défaut d'examen sérieux de la situation de M. A doit, par conséquent, être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
4. Il ressort des pièces du dossier, en particulier des bulletins de paie, des récépissés de dépôt de demande d'asile datant de 2002, des demandes d'aide médicale d'Etat, des extraits de compte bancaire, des attestations de rendez-vous et résultats d'examens médicaux, des factures d'électricité, que M. A est présent sur le territoire français depuis 2001. Toutefois, le préfet de police mentionne dans l'arrêté attaqué que le requérant est marié et sans charge de famille en France et qu'il n'est pas démuni d'attaches familiales à l'étranger, où résident son épouse et ses enfants, ce que ne conteste pas le requérant, et rend, ainsi, peu crédible la réalité d'une présence continue sur le territoire français depuis vingt-trois ans. En outre, le requérant n'établit ni même n'allègue avoir noué en France des liens personnels et ne verse au dossier aucun élément de nature à justifier de son insertion sociale, autre que des attestations de suivi de cours de français d'une durée de dix semaines et quatre mois datées respectivement du 13 juin 2018 et du 6 mars 2014, soit anciennes de six et dix ans à la date de la décision attaquée. Par ailleurs, la promesse d'embauche produite par le gérant de la SARL Mx Bâtiment est insuffisante à attester d'une quelconque insertion professionnelle du requérant. Enfin, si M. A fait valoir qu'il est atteint d'une hépatite B, cette pathologie n'est pas de nature à démontrer l'existence de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels justifiant la délivrance d'un titre de séjour, dès lors que le requérant n'établit pas, ni même n'allègue, qu'il ne pourra pas bénéficier d'un traitement approprié en Chine. Dans ces conditions, le préfet de police, en refusant de délivrer une autorisation exceptionnelle de séjour à M. A, n'a méconnu ni les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation, présentées par M. A, doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
Mme Grossholz, première conseillère,
Mme Ostyn, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
La rapporteure,
I. OSTYN
Le président,
J.-C. TRUILHÉ
La greffière,
S. RUBIRALTA
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2414607/1-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2503570
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte de résident. La juridiction a estimé que le préfet de police de Paris, en se fondant sur une condamnation pénale, n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 432-4, et a examiné le respect de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2424420
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande de décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu pour les années 2015 et 2016. Le requérant contestait la régularité de la proposition de rectification, notamment son caractère suffisamment motivé et son aptitude à interrompre le délai de reprise. Le tribunal a jugé que la proposition, notifiée après l'ouverture d'une procédure de retrait d'agrément, était régulière et a valablement interrompu le délai de reprise, conformément aux articles L. 57 du livre des procédures fiscales et 1649 nonies A du code général des impôts.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517132
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police du 17 juin 2025 ordonnant l'éloignement de M. A..., un ressortissant algérien. La juridiction a retenu que l'administration n'avait pas procédé à un examen sérieux de la situation familiale du requérant, notamment de ses liens avec sa fille née en France, ce qui constitue une erreur de droit. Le tribunal a enjoint au préfet de délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer la situation dans un délai de trois mois, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2416373
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision implicite de refus de titre de séjour. Le requérant, un ressortissant malien, contestait ce refus intervenu sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Le tribunal a annulé la décision implicite pour défaut de motivation, l'administration n'ayant pas répondu à la demande de communication des motifs formulée sur le fondement de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Il a enjoint au préfet de réexaminer la demande dans un délai d'un mois.
01/04/2026