lundi 29 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2414733 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | FABIE VERDIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 6, 26 et 30 juin 2024, M. E B, représenté par Me Donetti, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 avril 2024 par laquelle le directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France a homologué le document unilatéral portant plan de sauvegarde de l'emploi au sein de l'association Paris et Compagnie ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le signataire de la décision attaquée est incompétent ;
- les catégories professionnelles retenues par l'association Paris et Compagnie ont été établies de manière subjective pour l'isoler et le cibler.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2024, l'association Paris et Compagnie, représentée par Me Fabié Verdié, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. B d'une somme de 3 000 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 21 et 28 juin 2024, le directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 1er juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, le 2 juillet 2024 à 17h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Guglielmetti,
- les conclusions de Mme Castéra, rapporteure publique,
- les observations de Me Donetti, représentant M. B,
- les observations de Mme A, représentant le directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France,
- et les observations de Me Fabie Verdier, représentant l'association Paris et Compagnie.
Considérant ce qui suit :
1. L'association Paris et Compagnie, dont le siège social est situé au 157 boulevard Macdonald dans le 19ème arrondissement à Paris, est l'agence de développement économique et d'innovation de la Ville de Paris et de la métropole. Elle réalise des missions d'intérêt général dans plusieurs secteurs, tels que le divertissement, la " ville durable " ou l'entreprenariat, et a notamment développé un programme d'innovation dédié à l'e-sport à travers la plateforme " Level 256 " laquelle a développé la Maison de l'e-sport. Au 12 mars 2024, l'effectif de l'association était de 60 salariés. Le 16 janvier 2024, la direction de l'association a informé son comité social et économique central de la mise en œuvre d'un plan de sauvegarde de l'emploi. A l'issue de la procédure d'information et de consultation, le comité économique et social a, le 29 mars 2024, approuvé le plan de sauvegarde de l'emploi. L'association a transmis, le 2 avril 2024, à la direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DRIEETS), une demande d'homologation de la dernière version du document unilatéral relative au projet de licenciement collectif pour motif économique portant sur 11 suppressions de poste. M. B, qui exerçait les fonctions de " Responsable plateforme e-sport " au sein de l'association, poste supprimé dans le cadre du plan, a fait l'objet d'une rupture de son contrat de travail par acceptation du contrat de sécurisation professionnelle, proposée par lettre du 26 avril 2024. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la décision du 8 avril 2024 par laquelle le directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France a homologué le document unilatéral.
2. Aux termes de l'article L. 1233-24-4 du code du travail : " A défaut d'accord mentionné à l'article L. 1233-24-1, un document élaboré par l'employeur après la dernière réunion du comité social et économique fixe le contenu du plan de sauvegarde de l'emploi et précise les éléments prévus aux 1° à 5° de l'article L. 1233-24-2, dans le cadre des dispositions légales et conventionnelles en vigueur. ". Aux termes de l'article L. 1233-57-3 de ce code : " En l'absence d'accord collectif (), l'autorité administrative homologue le document élaboré par l'employeur mentionné à l'article L. 1233-24-4, après avoir vérifié la conformité de son contenu aux dispositions législatives et aux stipulations conventionnelles relatives aux éléments mentionnés aux 1° à 5° de l'article L. 1233-24-2, la régularité de la procédure d'information et de consultation du comité social et économique, le respect, le cas échéant, des obligations prévues aux articles L. 1233-57-9 à L. 1233-57-16, L. 1233-57-19 et L. 1233-57-20 et le respect par le plan de sauvegarde de l'emploi des articles L. 1233-61 à L. 1233-63 en fonction des critères suivants : / 1° Les moyens dont disposent l'entreprise, l'unité économique et sociale et le groupe ; / 2° Les mesures d'accompagnement prévues au regard de l'importance du projet de licenciement ; / 3° Les efforts de formation et d'adaptation tels que mentionnés aux articles L. 1233-4 et L. 6321-1. / Elle s'assure que l'employeur a prévu le recours au contrat de sécurisation professionnelle mentionné à l'article L. 1233-65 ou la mise en place du congé de reclassement mentionné à l'article L. 1233-71. ".
3. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme D C, directrice adjointe de l'unité départementale de la DRIEETS de Paris, qui a reçu, par décision n°2023-185 du 6 décembre 2023, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture d'Ile-de-France le même jour, délégation de signature aux fins de signer notamment les décisions d'homologation du document unilatéral pris en application de l'article L. 1233-24-4 du code du travail. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 1233-24-2 du code du travail : " L'accord collectif mentionné à l'article L. 1233-24-1 porte sur le contenu du plan de sauvegarde de l'emploi mentionné aux articles L. 1233-61 à L. 1233-63. Il peut également porter sur : 1° Les modalités d'information et de consultation du comité social et économique, en particulier les conditions dans lesquelles ces modalités peuvent être aménagées en cas de projet de transfert d'une ou de plusieurs entités économiques prévu à l'article L. 1233-61, nécessaire à la sauvegarde d'une partie des emplois ; 2° La pondération et le périmètre d'application des critères d'ordre des licenciements mentionnés à l'article L. 1233-5 ; 3° Le calendrier des licenciements ; 4° Le nombre de suppressions d'emploi et les catégories professionnelles concernées ; 5° Les modalités de mise en œuvre des mesures de formation, d'adaptation et de reclassement prévues à l'article L. 1233-4. "
5. Il appartient à l'administration, lorsqu'elle est saisie d'une demande d'homologation d'un document qui fixe les catégories professionnelles mentionnées au 4° de l'article L. 1233-24-2 cité au point précédent, de s'assurer, au vu de l'ensemble des éléments qui lui sont soumis, notamment des échanges avec les représentants du personnel au cours de la procédure d'information et de consultation ainsi que des justifications qu'il appartient à l'employeur de fournir, que ces catégories regroupent, en tenant compte des acquis de l'expérience professionnelle qui excèdent l'obligation d'adaptation qui incombe à l'employeur, l'ensemble des salariés qui exercent, au sein de l'entreprise, des fonctions de même nature supposant une formation professionnelle commune. Au terme de cet examen, l'administration refuse l'homologation demandée s'il apparaît que les catégories professionnelles concernées par le licenciement ont été déterminées par l'employeur en se fondant sur des considérations, telles que l'organisation de l'entreprise ou l'ancienneté des intéressés, qui sont étrangères à celles qui permettent de regrouper, compte tenu des acquis de l'expérience professionnelle, les salariés par fonctions de même nature supposant une formation professionnelle commune, ou s'il apparaît qu'une ou plusieurs catégories ont été définies dans le but de permettre le licenciement de certains salariés pour un motif inhérent à leur personne ou en raison de leur affectation sur un emploi ou dans un service dont la suppression est recherchée.
6. D'une part, M. B soutient que l'association Paris et Compagnie n'a pas regroupé au sein d'une même catégorie professionnelle les postes impliquant des fonctions de même nature supposant une formation professionnelle commune. D'autre part, il soutient, que les catégories professionnelles ont été définies dans le but de l'isoler et de permettre son licenciement dès lors que la suppression de son emploi de " responsable de la plateforme e-sport " était recherchée dans un contexte de suppression de la plateforme e-sport et de la maison de l'e-sport.
7. Il ressort de la version finale du livre I du document unilatéral que, sur un total de 60 salariés, vingt-cinq catégories professionnelles ont été définies, douze d'entre elles sont composées d'un seul salarié et huit d'entre elles regroupent les onze emplois pourvus supprimés concernés par le projet de licenciement collectif. Il ressort des pièces du dossier que l'association Paris et Compagnie a construit les catégories professionnelles, déterminées, après négociations, en concertation avec le comité économique et social dans le cadre de la procédure d'information et de consultation, en regroupant les emplois, selon, d'une part, le niveau de responsabilité et d'autonomie des postes selon une distinction entre les postes de " chargé de ", " chef de projet ", " responsable " et " directeur " et, d'autre part, selon le secteur d'activité dans lequel s'exercent les fonctions du salarié, lequel est lié à une expertise spécifique dans quatre domaines : " entreprenariat et incubation ", " projets à impacts territoriaux ", " prospective et innovation " et " prospection et vente ", en dehors des fonctions supports.
8. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une ou plusieurs catégories ont été définies dans le but de permettre le licenciement de certains salariés pour un motif inhérent à leur personne ou en raison de leur affectation sur un emploi ou dans un service dont la suppression est recherchée. En particulier, si M. B soutient que les postes de " responsable partenariats ", " responsable partenariat tourisme " et " responsable partenariats et nouvelles offres start up " auraient dû être réunis dans la même catégorie professionnelle, il ressort des pièces du dossier que cette distinction se justifie par les compétences professionnelles nécessaires à l'exercice de ces postes. Si le requérant conteste également le fait que parmi les cinq postes qui composent la catégorie professionnelle " responsable partenariat ", seul un poste comporte des fonctions managériales, il ne ressort pas de la méthode de définition des catégories professionnelles précitée que l'exercice des fonctions de " responsable " doive impliquer des fonctions d'encadrement. En outre, le classement des deux postes intitulés " responsable de projet " respectivement dans la catégorie " responsable partenariat " et dans la catégorie " responsable Delivery " et le rattachement du poste " responsable partenariat et nouvelles offres start ups " à la catégorie " Marketing et relations avec les partenaires " se justifient par la différence de secteur d'activité des emplois. Enfin, il ressort des pièces du dossier que la catégorie " responsable Delivery ", qui rassemble quatre postes de responsable, vise des fonctions liées à la gestion de projets et de performance distinctes de la prospection commerciale. Par suite, M. B, ne démontre pas que l'employeur aurait dû procéder à ces regroupements.
9. Par ailleurs, le document unilatéral distingue la catégorie " Responsable plateforme e-sport " et la catégorie " chargé de partenariat " dans laquelle se trouve le poste de " chef de projet e-sport ". M. B soutient que ces deux postes auraient dû être regroupés dans une même catégorie dès lors qu'ils occupaient des fonctions similaires et que leurs postes étaient permutables. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la nature des missions et le niveau de responsabilité diffèrent entre ces deux postes dès lors que les fonctions de responsable se distinguent notamment et surtout par l'exercice de missions en lien avec la stratégie et le management. En outre, bien que la formation initiale exigée entre ces deux postes soit la même, à savoir un diplôme d'un niveau Bac+5, il ressort des pièces du dossier que le poste de " responsable plateforme e-sport " nécessite une connaissance particulière du fonctionnement d'obtention des subventions, des enjeux liés à l'innovation et à l'entreprenariat et des institutions publiques. Par ailleurs, ces deux postes requièrent des niveaux d'expérience professionnelles différents et la circonstance que le chargé de partenariat e-sport ait été amené à assurer l'intérim de M. B pendant ses congés et pendant son arrêt maladie, ne suffit pas à considérer qu'ils exerçaient les mêmes missions. De plus, si M. B soutient qu'il occupait des fonctions similaires supposant une formation professionnelle commune à celle du " Responsable partenariat sport " de l'association et qu'il aurait dû être classé dans cette catégorie professionnelle, il ne ressort pas des pièces du dossier que son emploi était de même nature et demandait des formations et niveaux d'expérience comparables.
10. En outre, si M. B soutient que son emploi aurait dû être classé dans la catégorie " responsable partenariat ", il ressort des pièces du dossier, et notamment de sa fiche de poste produite à l'instance, dont aucun élément ne permet de mettre en cause la véracité, que la création d'une catégorie professionnelle spécifique pour le poste de " responsable plateforme e-sport " se justifie de par l'expertise particulière et spécifique nécessaire dans le domaine de l'e-sport à l'exercice de ce poste. Si M. B se prévaut d'une modification de son contrat de travail liée à l'attribution de nouveaux objectifs professionnels par la direction de l'association dans un courriel du 13 septembre 2023 dans un contexte de suppression de maison de l'e-sport en octobre 2023, il ressort des pièces du dossier, que ses fonctions impliquait en tout état de cause la " finalisation de la clôture du Level 256 et la résiliation du bail " et la " contribution aux évènements touchant aux problématiques de l'e-sport et du divertissement au sens large ".
11. Enfin, la circonstance que le requérant ait saisi le conseil des Prud'hommes en résiliation judiciaire de son contrat de travail n'est pas de nature à établir que l'intention était de le cibler pour un motif étranger à des considérations professionnelles.
12. Il résulte de ce qui précède que la catégorie professionnelle litigieuse a été déterminée par l'employeur au regard d'une méthodologie conforme à celle énoncée au point 8, c'est-à-dire compte tenu de la spécificité des fonctions exercées supposant une formation professionnelle commune et sans intention de viser spécifiquement les salariés appartenant aux activités affectées par le projet de réorganisation. Par suite, l'administration n'a pas, dans le cadre de son contrôle, fait une inexacte application des articles L. 1233-24-2 et L. 1233-57-3 du code du travail en homologuant la définition des catégories professionnelles prévues par le document unilatéral établissant le plan de sauvegarde de l'emploi.
13. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 8 avril 2024.
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par le requérant au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
15. Dans les circonstances de l'espèce, il n'apparaît pas inéquitable de laisser à la charge de l'association Paris et Compagnie les frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'association Paris et Compagnie tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E B, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et à l'association Paris et Compagnie.
Copie en sera adressée pour information au directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 3 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Salzmann, présidente,
Mme Armoët, première conseillère,
Mme Guglielmetti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2024.
La rapporteure,
S. GUGLIELMETTI
La présidente,
M. SALZMANNLe greffier,
Y. FADEL
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2414733
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2404071
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête d'Air France visant à annuler une amende de 10 000 euros infligée par le ministre de l'intérieur. La société était sanctionnée pour avoir débarqué un passager dépourvu de document de voyage valable en provenance de Bangkok, malgré ses allégations d'un contrôle à l'embarquement. Le tribunal a jugé que l'obligation de vérification des documents, prévue aux articles L. 821-6 à L. 821-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 6421-2 du code des transports, incombe au transporteur et que la preuve d'un contrôle effectif n'était pas rapportée en l'espèce.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2407258
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de la société Air France, qui contestait une amende de 10 000 euros pour avoir transporté un passager muni d'un passeport contrefait. La juridiction estime que l'irrégularité du document était manifeste et décelable par un examen attentif lors de l'embarquement, et que la procédure suivie par le ministre de l'intérieur était régulière. La décision s'appuie sur les articles L. 821-6 à L. 821-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article L. 6421-2 du code des transports.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2328289
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme F... visant à annuler l'arrêté ministériel du 11 octobre 2023 autorisant son licenciement pour motif disciplinaire. La juridiction a estimé que les moyens soulevés, notamment ceux relatifs à la procédure disciplinaire et à l'appréciation des faits, n'étaient pas fondés. Elle a également déclaré irrecevables les conclusions de l'employeur demandant une amende pour recours abusif, relevant qu'il s'agit d'un pouvoir propre du juge. La décision s'appuie sur les dispositions du code du travail, notamment après le renvoi préjudiciel au Conseil constitutionnel concernant l'article L. 1232-3.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2406708
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Air France, qui contestait une amende de 10 000 euros pour avoir débarqué une passagère brésilienne munie d'un passeport manifestement altéré (pages manquantes). Le tribunal a jugé que l'irrégularité du document (l'absence de pages) constituait un élément d'irrégularité manifeste que les agents de la compagnie auraient dû déceler lors d'un examen normalement attentif au moment de l'embarquement, conformément aux articles L. 821-6 à L. 821-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à l'article L. 6421-2 du code des transports. La décision du ministre de l'intérieur a donc été confirmée.
30/03/2026