vendredi 24 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2414734 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 1re Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | CABINET NICOLAS GUERRIER ET ALAIN DE LANGLE (SCP) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 mai 2024, Mme C A, épouse B, représentée par Me Boisset, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 décembre 2023 par laquelle la commission d'attribution des logements et d'examen d'occupation des logements (CALEOL) de la régie immobilière de la ville de Paris (RIVP) a refusé de lui attribuer le logement situé 115, boulevard Jourdan, dans le 14e arrondissement de Paris, qu'elle sollicitait ;
2°) d'enjoindre à la RIVP de procéder à un nouvel examen de sa situation personnelle et de lui attribuer un logement adapté à sa situation dans un délai d'un mois à compter de la mise à disposition du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la RIVP la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions des article L. 441-1 et L. 441-2-2 du code de la construction et de l'habitation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 novembre 2024, la RIVP, représentée par la SCP Nicolas Guerrier et Alain de Langle, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A le versement d'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 26 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif a désigné M. Rezard pour exercer les fonctions prévues par l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rezard, magistrat désigné,
- et les observations de Me Akadiri, représentant la RIVP.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a sollicité en dernier lieu le 21 juillet 2022 l'attribution d'un logement social, ce pour quoi elle avait été reconnue prioritaire par décision du 7 octobre 2021 de la commission de médiation du département de Paris. Par une décision du 13 novembre 2023, le préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris, l'a proposée, en seconde position après un autre demandeur, pour occuper un logement se rapportant à un appartement T2 situé 115, boulevard Jourdan, dans le 14e arrondissement de Paris, relevant de la régie immobilière de la ville de Paris (RIVP). Par une décision du 5 décembre 2023, la commission d'attribution des logements et d'examen d'occupation des logements (CALEOL) de la RIVP a refusé de lui attribuer ce logement. Mme A demande l'annulation de cette décision du 5 décembre 2023.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. L'appréciation par laquelle les commissions instituées par l'accord collectif conclu, en vertu de l'article L. 441-1-2 du code de la construction et de l'habitation, entre le représentant de l'Etat et les organismes disposant d'un patrimoine locatif social dans le département, estiment qu'un demandeur de logement social remplit les conditions pour être regardé comme prioritaire au titre des engagements d'attribution prévu par cet accord s'exerce sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, au terme d'un contrôle normal.
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 441-2-2 du code de la construction et de l'habitation : " Tout rejet d'une demande d'attribution doit être notifié par écrit au demandeur, dans un document exposant le ou les motifs du refus d'attribution () "
4. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée indique seulement que la candidature de Mme A n'a pas été retenue mais que son dossier sera conservé et que la RIVP reviendra vers elle " en cas de désistement du candidat sélectionné ". Ce faisant, la CALEOL n'a pas indiqué les motifs du refus d'attribution. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que cette décision est entachée d'une insuffisance de motivation au regard des dispositions précitées.
5. En second lieu aux termes de l'article L. 441-1 du code de la construction et de l'habitation, relatif aux logements appartenant aux organismes, public ou privés, d'habitations à loyer modéré ou gérés par ceux-ci : " () les logements () sont attribués prioritairement aux catégories de personnes suivantes : () / c) Personnes mal logées ou défavorisées et personnes rencontrant des difficultés particulières de logement pour des raisons d'ordre financier ou tenant à leurs conditions d'existence ou confrontées à un cumul de difficultés financières et de difficultés d'insertion sociale () / k) Personnes dépourvues de logement () " Aux termes de l'article R. 441-3 du même code : " () Pour chaque candidat, la commission d'attribution prend l'une des décisions suivantes : / a) Attribution du logement proposé à un candidat ; / b) Attribution du logement proposé en classant les candidats par ordre de priorité, l'attribution du logement étant prononcée au profit du candidat suivant en cas de refus de l'offre () par le ou les candidats classés devant lui () / d) Non-attribution au candidat du logement proposé () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que la CALEOL de la RIVP a attribué le logement prioritairement à la première personne désignée par le préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris, et, subsidiairement, en cas de refus par celui-ci de cette offre, à la requérante. La RIVP fait valoir, sans être contredite, d'une part, que l'autre demandeur présentait une cotation et un taux d'effort plus élevés que ceux de Mme A, d'autre part, qu'il était sans une situation locative plus difficile car complètement dépourvu de logement depuis son expulsion locative le 1er juin 2023 tandis qu'elle disposait d'un hébergement d'urgence, et, enfin, qu'il demandait un logement social depuis près de treize ans, contre un peu plus de cinq ans pour la requérante. Par suite, en retenant cette priorisation et en ne permettant à Mme A d'obtenir le logement social en cause qu'en cas de refus de l'autre demandeur, la CALEOL de la RIVP n'a pas entaché sa décision d'erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 441-1 du code de la construction et de l'habitation. Ce moyen doit donc être écarté comme étant infondé.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision prenant la forme du courrier électronique du 5 décembre 2023.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. Eu égard au motif retenu, l'annulation de la décision attaquée n'implique aucune mesure particulière d'exécution de la part de la RIVP. Les conclusions aux fins d'injonction présentées par Mme A ne peuvent par conséquent qu'être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la RIVP une somme à verser à Mme A au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces dernières dispositions font par ailleurs obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la RIVP sur leur fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de la commission d'attribution des logements et d'examen d'occupation des logements de la régie immobilière de la ville de Paris du 5 décembre 2023 est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, épouse B, et à la régie immobilière de la ville de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2025.
Le magistrat désigné,
A. Rezard
Le greffier,
A. Lemieux
La République mande et ordonne au préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2414734/6-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2501792
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler la décision de la Ville de Paris lui réclamant le remboursement d'indus de RSA. Le juge a estimé que les arguments du requérant, notamment sur l'usurpation d'identité par son neveu ou l'absence de communication du rapport d'enquête, n'étaient pas établis ou ne remettaient pas en cause la légalité de la procédure de contrôle. La demande de remise gracieuse de la dette a également été rejetée, le tribunal considérant que les conditions prévues par le code de l'action sociale et des familles n'étaient pas remplies.
20/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2509174
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande d'indemnisation de M. B... contre la CAF de Paris et la Ville de Paris. Le tribunal a jugé que la suspension des versements de prestations par la CAF était légale, fondée sur l'article L. 583-3 du code de la sécurité sociale en raison d'incohérences dans la déclaration des ressources du requérant. Il a également estimé que les fautes alléguées dans la gestion du dossier n'étaient pas établies et qu'aucun préjudice direct et certain n'était démontré.
20/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2421429
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande d'indemnisation d'un détenu estimant avoir subi un préjudice moral du fait de cinq fouilles intégrales. Le tribunal a jugé que ces mesures, justifiées par le comportement de l'intéressé, son profil (condamnation pour terrorisme) et les nécessités de sécurité, étaient conformes aux articles L. 225-1 et suivants du code pénitentiaire. Il a également estimé qu'elles ne constituaient pas un traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme.
06/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2507480
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné la requête de M. C... contestant un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 7 560,63 euros pour la période de mars 2022 à mai 2023, ainsi que le titre de recettes correspondant. Le requérant soutenait que les ressources perçues (revenus fonciers et aide familiale) n'étaient pas des revenus professionnels au sens de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles. La Ville de Paris a défendu la régularité du titre de recettes et le bien-fondé de la créance. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que les moyens soulevés n'étaient pas fondés.
22/01/2026