jeudi 26 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2414748 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | LABOURDETTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 juin 2024, le Conseil d'État, représenté par Me Caron, demande au juge des référés du tribunal de prescrire une expertise au contradictoire de :
- M. C D, architecte,
- la mutuelle des architectes français (MAF),
- la société constructions métalliques Richard,
- la société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux publics (SMABTP),
- la société Socotec France,
afin de déterminer l'origine des désordres subis dans l'hôtel de Bizien, siège du tribunal administratif de Rennes, situé au 3, Contour de la Motte à Rennes.
Il soutient qu'une expertise est utile dans la perspective d'une action en responsabilité à raison des infiltrations constatées sous la verrière et la charpente métallique.
Par un mémoire, enregistré le 5 juillet 2024, M. D, représenté par Me Groleau, informe le juge de référés de ses protestations et réserves d'usage et indique qu'il s'en rapporte au tribunal quant à la mesure sollicitée.
Par un mémoire, enregistré le 30 septembre 2024, la société constructions métalliques Richard et la société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux publics (SMABTP), représentées par Me Massip, informent le juge de référés de leurs protestations et réserves d'usage et demandent la mise en cause, outre les parties déjà appelées au contradictoire dans la requête, de la société Michel Gueber, de la société Thelem assurances et de la société Socotec construction.
Elles soutiennent que la présence de la société Michel Gueber, sous-traitant pour la fourniture, le façonnage et la pose d'un chêneau zinc quartz compris sous face en zinc quartz est utile ainsi que son assureur, la société Thelem assurances.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Paris a désigné Mme Dhiver, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. / () ".
2. Le Conseil d'État a lancé un marché de travaux de réorganisation architecturale et fonctionnelle des intérieurs de l'hôtel de Bizien, siège du tribunal administratif de Rennes. Soutenant que la verrière et la charpente métallique présentent depuis la réalisation des travaux des infiltrations constantes, le Conseil d'État sollicite la désignation d'un expert judiciaire.
3. La demande d'expertise présentée par le Conseil d'État satisfait le critère d'utilité exigé par l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu de faire droit à la demande d'expertise et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B A, (spécialisation - toiture) exerçant à Epel SA, 55, rue de la Condamine à Paris (75017) est désigné comme expert.
Il aura pour mission, en présence du Conseil d'État ,
- de M. C D, architecte,
- de la mutuelle des architectes français (MAF),
- de la société constructions métalliques Richard,
- de la société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux publics (SMABTP),
- de la société Socotec France,
- de la société Michel Gueber,
- de la société Thelem assurances,
- et de la société Socotec Construction,
de :
1°) prendre connaissance des pièces du marché, se faire remettre tous documents utiles à l'accomplissement de sa mission ; convoquer les parties, entendre tout sachant et se rendre sur place à l'hôtel de Bizien, siège du tribunal administratif de Rennes, situé au 3, Contour de la Motte à Rennes ;
2°) procéder à la constatation et au relevé précis et détaillé des désordres d'infiltrations ;
3°) donner un avis motivé sur les causes et origines des désordres, identifier les responsabilités des intervenants et, dans le cas de causes multiples, évaluer les proportions relevant de chacune d'elles de manière à déterminer la part d'imputabilité à chacune des parties ;
4°) indiquer si les désordres sont de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination, ou sont de nature à présenter un danger pour la sécurité des personnes et des biens ; dans ce cas indiquer les mesures conservatoires à mettre en œuvre en pour assurer la sécurité des personnes circulant sous es verrières ;
5°) donner son avis sur la nature et le coût des travaux nécessaires pour remédier aux désordres ;
6°) recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis.
Article 2 : L'expert remplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expert, à la demande du juge des référés ou à son initiative, pourra tenter une médiation entre les parties dans les conditions de l'article R. 621-1 modifié du code de justice administrative.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal, au plus tard le 9 juin 2025, sous forme électronique par le biais de la plateforme prévue à cet effet, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 6 : L'expert notifiera les copies de son rapport aux parties intéressées telles que précisées à l'article 7 de la présente ordonnance, dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer par voie électronique dans les conditions prévues à l'article R. 621-7-3 du même code.
Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée :
- au Conseil d'État ,
- de M. C D, architecte,
- de la mutuelle des architectes français (MAF),
- de la société constructions métalliques Richard,
- de la société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux publics (SMABTP),
- de la société Socotec France,
- de la société Michel Gueber,
- de la société Thelem assurances,
- et de la société Socotec Construction,
et à M. B A, expert.
Fait à Paris, le 26 décembre 2024
La juge des référés,
M. Dhiver.
La République mande et ordonne au Conseil d'État en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2414748/11-4