jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2414982 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | SORIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 juin 2024, M. C A, représenté par Me Soria, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet de police du 23 mai 2024 portant refus de délivrance du titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le renvoi à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout pays pour lequel il établit être légalement admissible ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou à tout le moins de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé et a été pris en méconnaissance de l'article 41 alinéa 2 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et de son droit d'être entendu ;
- il est entaché d'erreur de fait car il a produit beaucoup d'autres pièces qu'un formulaire CERFA d'autorisation de travail ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation ;
- l'arrêté est aussi entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 juillet 2024, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Grandillon, rapporteur public,
- et les observations de Me Soria, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant vietnamien né le 15 juillet 1997 et entré en France en 2021, a sollicité son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 23 mai 2024, le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à l'issue de ce délai. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions de l'article L. 611-1 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne les dispositions de l'article L. 435-1 du même code. Il indique également, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles le préfet de police s'est fondé pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. A et l'a obligé à quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, le droit d'être entendu préalablement à toute décision qui affecte sensiblement et défavorablement les intérêts de son destinataire constitue l'une des composantes du droit de la défense, tel qu'il est énoncé notamment au 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et fait partie des principes généraux du droit de l'Union européenne ayant la même valeur que les traités. Il garantit à toute personne la possibilité de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours de la procédure administrative, afin que l'autorité compétente soit mise à même de tenir compte de l'ensemble des éléments pertinents pour fonder sa décision.
4. Dans le cadre de sa demande de titre de séjour, M. A a été mis à même de porter à la connaissance des services de la préfecture de police, chargés de l'examen de sa demande, l'ensemble des informations pertinentes relatives à sa situation personnelle dont il souhaitait se prévaloir. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police aurait entaché sa décision d'une erreur de fait, il a visé le formulaire CERFA de demande d'autorisation de travail et les autres éléments produits par M. A pour indiquer qu'aucune de ces productions ne permettaient de constituer un motif exceptionnel d'admission au séjour. Le moyen sera donc écarté.
6. En quatrième lieu, il ressort de la production de bulletins de salaire couvrant la période de janvier à juillet 2022, de décembre 2023 et de janvier à avril 2024 que M. A, qui déclare résider habituellement sur le territoire français depuis décembre 2021, exerce une activité salariée en tant que prothésiste ongulaire. Si son employeur le soutient dans ses démarches de régularisation et atteste de son sérieux et de son professionnalisme, cette circonstance n'est pas suffisante par elle-même pour constituer un motif exceptionnel. Par ailleurs, l'intéressé est célibataire et sans charge de famille en France et n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident ses parents. Dès lors, compte tenu de la faible durée de sa présence en France et de l'absence de qualification professionnelle particulière, en refusant la délivrance d'un titre de séjour à M. A, le préfet de police a pu estimer, sans entacher sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation, que la situation de l'intéressé ne relevait pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens et pour l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen doit être écarté.
7. En dernier lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit que le préfet de police a procédé à un examen réel et sérieux de la situation de M. A avant de prendre l'arrêté attaqué.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de police de Paris.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Anne Seulin, présidente,
M. Gaël Raimbault, premier conseiller,
Mme Paule Desmoulières, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
La présidente-rapporteure,
A. B
L'assesseur le plus ancien,
G. RaimbaultLa greffière,
L. Thomas
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/4-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2320047
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de la SCI Janus visant à annuler un arrêté de sursis à statuer opposé par la maire de Paris à une déclaration préalable pour un changement de destination de locaux en hébergement touristique. La juridiction a jugé que le sursis à statuer, fondé sur l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme, était légal car le projet était susceptible de compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme (PLU) en cours d'élaboration. Les moyens soulevés, notamment l'incompétence, le vice de procédure et l'erreur de droit, ont été écartés.
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