lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2415009 |
| Type | Décision |
| Formation | 8e Section - MESD |
| Avocat requérant | SCHWILDEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces et un mémoire complémentaires, enregistrés respectivement les 8, 18 juin et 1er juillet 2024, M. B C A, représenté par Me Boudjellal, avocat, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 7 juin 2024 par lequel le préfet de police a décidé de l'assigner à résidence ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de lui fixer un rendez-vous pour lui restituer son passeport et lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler dans le délai d'une semaine et de procéder au réexamen de sa situation dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- l'arrêté est illégal du fait de l'illégalité de l'interdiction de retour du 12 décembre 2023, elle-même entachée de l'illégalité de la décision implicite de refus de de renouvellement de son titre de séjour en date du 22 février 2022 qui ne lui a jamais été notifiée et qui est entachée du défaut de saisine de la commission du titre de séjour ;
- il est entaché d'insuffisance de motivation et n'a pas été précédé d'un examen individuel de sa situation ;
- la saisine des fichiers du TAJ et du FAED est irrégulière ;
- l'arrêté attaqué est dépourvu de base légale ;
- il est entaché de déloyauté de la procédure ;
- il ne respecte pas l'autorité de la chose jugée ;
- il viole les articles 7 a) et 6-4 de l'accord franco-algérien ;
- il viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnait l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Le préfet de police a produit des pièces, enregistrées le 17 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Marik-Descoings,
- les observations de Me Boudjellal, représentant M. A ;
- et les observations de Me Schwilden, avocat, représentant le préfet de police, qui conclut au rejet de la requête au motif que ses moyens ne sont pas fondés.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 28 mars 1987, a fait l'objet le 7 juin 2024 d'un arrêté par lequel le préfet de police l'a assigné à résidence. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête :
2. Le préfet de police a fondé la décision attaquée sur l'interdiction d'entrée et de séjourner sur le territoire français prise à l'encontre de M. A le 12 décembre 2023 dont il ressort des pièces du dossier qu'elle est elle-même fondée sur une décision du 22 février 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait rejeté la demande de renouvellement du titre de séjour de M. A. Toutefois, en l'absence de production de la décision dont s'agit, M. A est fondé à exciper de son illégalité et par voie de conséquence de celle de l'arrêté du 12 décembre 2023 qui fonde l'arrêté litigieux par lequel il a été assigné à résidence.
3. Il résulté de ce qui précède que la décision du 7 juin 2024 par laquelle le préfet de police a assigné M. A en résidence est illégale et doit être annulée.
Sur les conclusions à fins d'injonction :
4. L'annulation de la décision attaquée n'implique aucune mesure d'injonction. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 7 juin 2024 par laquelle le préfet de police a assigné M. A en résidence est annulée.
Article 2 : L'État versera à M. A une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C A et au préfet de police.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2024.
La magistrate désignée,
N. MARIK-DESCOINGSLe greffier,
R. DRAI
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2415009/8
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606789
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'arrêté du préfet de police prolongeant son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que la décision contestée était suffisamment motivée et ne méconnaissait pas les exigences légales, notamment celles du code de l'entrée et du séjour des étrangers (articles L. 612-6, L. 612-10 et L. 612-11). Elle a également estimé que cette mesure ne portait pas une atteinte disproportionnée aux droits de M. B... au regard de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606780
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était légal, notamment car l'auteur de l'acte était compétent et que la motivation, examinant les critères de l'article L. 612-10 du CESEDA, était suffisante. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2607042
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté d'interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que le préfet de police était compétent pour prendre cette décision et que la motivation de l'arrêté, qui se fonde sur le maintien irrégulier de l'intéressé au-delà de son délai de départ volontaire, était suffisante au regard des articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de M. A... au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606511
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision de l'OFII mettant fin aux conditions matérielles d'accueil d'un demandeur d'asile yéménite. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation, estimant que la décision de l'OFII, motivée par le défaut de déclaration d'une protection internationale antérieure en Grèce, était suffisamment motivée et respectait les exigences procédurales. La juridiction a appliqué les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que la directive européenne 2013/33/UE.
03/04/2026