lundi 17 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2415153 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | PARTOUCHE-KOHANA STÉPHANIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 juin 2024, Mme B A, représentée par Me Partouche-Kohana, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 28 juillet 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris l'a informée que la CAF des Hauts-de-Seine lui avait transféré le recouvrement de la somme de 8 979,69 euros au titre des prestations familiales et de la somme de 4 097,11 euros au titre de l'aide personnalisée au logement et qu'elle effectuerait chaque mois une retenue sur ses prestations ;
2°) d'enjoindre à la CAF de Paris de la rétablir dans ses droits en cessant les retenues prélevées, dans le délai de sept jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) d'enjoindre à la CAF de Paris de lui verser l'intégralité de ses prestations sociales dans le même délai et sous la même astreinte ;
4°) de mettre à la charge de la CAF de Paris une somme de 2 500 euros à verser à son conseil, en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative sous réserve de sa renonciation à la perception de la contribution de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle ou à défaut de lui verser la somme de 2 500 euros.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la condition d'urgence est caractérisée dès lors qu'elle est handicapée, ne travaille pas, a pour seuls ressources les revenus versés par la CAF de Paris et que, de ce fait, la décision contestée a pour effet de l'empêcher d'assurer ses dépenses quotidiennes et courantes, et entraîne pour elle un préjudice grave et immédiat ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision dès lors que la CAF doit supendre toute forme de recouvrement en vertu de la décision du juge du surendettement qui lui est opposable et qu'il n'existe aucune créance de restitution d'indu au profit de celle-ci dans la mesure où les trois prestations concernées ne sont pas financées par des organismes de sécurité sociale.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 mars 2024.
Vu :
- la requête n° 2414265, enregistrée le 3 juin 2024, par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision susvisée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
- l'ordonnance n°2414265 du 14 juin 2024 rendue par le vice-président de la 6ème section du tribunal.
Le président du tribunal a désigné Mme Weidenfeld pour statuer sur les demandes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsqu'elle est mal fondée.
2. Par une ordonnance n°2414265 en date du 14 juin 2024, le vice-président de la 6ème section a rejeté la requête au fond présentée par Mme A tendant à l'annulation de la décision du 28 juillet 2023 par laquelle la caisse d'allocatons familiales (CAF) de Paris l'a informée que la CAF des Hauts-de-Seine lui avait transféré le recouvrement de la somme de 8 979,69 euros au titre des prestations familiales et de la somme de 4 097,11 euros au titre de l'aide personnalisée au logement et qu'elle effectuerait chaque mois une retenue sur ses prestations, comme manifestement irrecevable, sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, au motif que Mme A contestait un courrier qui n'avait pas le caractère d'une décision administrative faisant grief. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à demander à la juge des référés de suspendre l'exécution de cette décision du 28 juillet 2023. Par suite, il y a lieu, selon la procédure prévue par l'aricle L. 522-3 de ce même code, de rejeter les conclusions à fin de suspension de la requête, ainsi que celles à fin d'injonction et celles relatives aux frais d'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par Mme A est rejetée.
Article 2: La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à Me Partouche-Kohana.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de Paris.
Fait à Paris le 17 juin 2024.
La juge des référés,
K. Weidenfeld
La République mande et ordonne au préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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