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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2415154

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2415154

lundi 24 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2415154
TypeDécision
Avocat requérantROSIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 juin 2024, Mme C, représentée par Me Rosin, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, la suspension de la décision implicite par laquelle le préfet de police lui a refusé la délivrance d'une carte de résident, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

A titre principal :

3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer à titre provisoire à une carte de résident valable 10 ans, dans un délai de 15 jours et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

A titre subsidiaire :

4°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours et de la munir d'une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail le temps de ce réexamen dans un délai de 48 heures, sous astreinte de 150 euros par jour de retard; et ce jusqu'à l'intervention d'une nouvelle décision sur sa demande de de titre de séjour ou jusqu'à l'intervention du jugement au fond ;

En tout état de cause :

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros hors taxe à Me Rosin sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou de prévoir qu'en cas de non admission définitive de Mme A à l'aide juridictionnelle, cette somme lui sera directement versée en application du seul article L. 761- 1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'urgence est caractérisée dès lors que la décision contestée préjudicie de manière grave et immédiate à la situation de la requérante et de sa fille mineure, qui bénéficie du statut de réfugié, ainsi qu'à celle de ses 2 autres filles

- le doute sérieux est caractérisé dès lors que :

o la décision est insuffisamment motivée ;

o la décision méconnaît les articles L. 424-1 et L. 424-3 du CESEDA.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juin 2024, le Préfet de police conclut au rejet de la requête.

Le préfet de police soutient que :

- le dossier de Mme A était incomplet dès lors que l'intéressée n'avait pas fourni la copie de son passeport, son acte de naissance et la décision de l' Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) concernant son enfant ;

- l'intéressée a été mise en possession le 11 juin 2024 d'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 10 septembre 2024, dont elle a pris connaissance le jour même, afin de lui permettre de fournir les pièces demandées.

Par un acte enregistré le 18 juin 2024, Mme A entend se désister de ses conclusions à fin de suspension et d'injonction mais maintient sa demande au titre du remboursement des frais de l'instance.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 10 juin 2024 sous le numéro 2415155 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Gracia, vice-président de la 3ème section, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Flaugere-Bertin, greffière d'audience, M. Gracia a lu son rapport et entendu :

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ressortissante ivoirienne née le 21 septembre 1986 à Marcory, en Côte d'Ivoire, a sollicité le 3 octobre 2023, la délivrance d'une carte de résident en qualité de parent d'enfant réfugié, sur le fondement de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle est mère depuis le 1er juillet 2023 d'une jeune enfant qui s'est vue reconnaître par l'OFPRA le statut de réfugié. Par la présente requête, Mme A demande, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 31 mai 2023 par laquelle le préfet de police a refusé implicitement un titre de séjour, jusqu'à ce que le tribunal statue sur sa demande d'annulation de cette décision.

Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991, relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, eu égard à l'urgence, de prononcer l'admission provisoire de Mme A à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin de suspension :

3. Par acte du 18 juin 2024, Mme A se désiste de ses conclusions à fin de suspension. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les frais de l'instance :

4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la requête tendant au versement d'une quelconque somme au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme A est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C, à Me Rosin et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au Préfet de police.

Fait à Paris, le 24 juin 2024.

Le juge des référés,

J-Ch. GRACIA

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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