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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2415558

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2415558

lundi 22 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2415558
TypeDécision
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantNGANGA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2404143 du 10 juin 2024, enregistrée le 11 juin 2024 au greffe du tribunal administratif de Paris, la présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal administratif de Paris, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, le dossier de la requête présentée par Mme B D C.

Par une requête, enregistrée le 17 mai 2024 au greffe du tribunal administratif de Versailles, Mme C, représentée par Me Nganga, avocat, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 mai 2024 par lequel la préfète de l'Essonne a décidé son transfert aux autorités espagnoles ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que l'arrêté attaqué procède d'une erreur manifeste d'appréciation quant à son état de santé.

La préfète de l'Essonne a produit des pièces enregistrées le 25 mai 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative ;

- le décret n° 2020-1406 du 18 novembre 2020 portant adaptation des règles applicables devant les juridictions de l'ordre administratif.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Marik-Descoings,

- et les observations de Me Nganga, représentant Mme C, assistée de Mme A, interprète en langue lingala.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 16 mai 2024, la préfète de l'Essonne a décidé du transfert de Mme C, ressortissante congolaise née le 24 mars 1979, aux autorités espagnoles en vue de l'examen de sa demande d'asile. Mme C demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Mme C soutient qu'elle souffre de problèmes de santé et que son transfert aux autorités espagnoles entraînera une rupture des soins médicaux dont les conséquences seront d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé. Cependant, la seule production d'un certificat médical daté du 7 mars 2024 et du compte-rendu d'une échographie pelvienne sans indication de soins du 17 avril 2024 n'est pas de nature à établir que Mme C serait exposée à un risque de traitements inhumains ou dégradants en cas de remise aux autorités espagnoles alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier et qu'il n'est pas même allégué qu'une prise en charge médicale appropriée à son état de santé serait impossible en Espagne. Par ailleurs, il n'est pas justifié que le transfert de Mme C vers l'Espagne impliquerait nécessairement son renvoi dans son pays d'origine sans qu'elle puisse contester la mesure. Dès lors, Mme C n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté litigieux est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

3. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée, en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D C et à la préfète de l'Essonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2024.

La magistrate désignée,

N. MARIK-DESCOINGSLe greffier,

R. DRAI

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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