lundi 31 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2415668 |
| Type | Décision |
| Formation | 4e Section - 2e Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | COURTOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 juin 2024, Mme B A, représentée par Me Courtois, demande au tribunal :
1°) de condamner l'État à lui verser une somme de 18 000 euros en réparation des préjudices résultant de son absence d'hébergement ;
2°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la responsabilité de l'État est engagée sur le fondement de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation dès lors qu'elle n'a reçu aucune offre d'hébergement alors qu'elle a été reconnue prioritaire et devant être accueillie dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale par une décision de la commission de médiation ;
- elle subit des troubles dans ses conditions d'existence du fait de la carence fautive de l'État à lui proposer une solution d'hébergement.
La requête a été communiquée au préfet de la région Ile-de-France, qui n'a pas produit d'observation.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 août 2024.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
M. C a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la responsabilité :
1. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et comme devant être hébergée d'urgence par une décision d'une commission de médiation, en application des dispositions du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'État à exécuter cette décision dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions d'hébergement qui ont perduré du fait de la carence de l'État, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'État, qui court à compter de l'expiration du délai de six semaines à compter de la décision de la commission de médiation que les dispositions de l'article R. 441-18 du code de la construction et de l'habitation impartissent au préfet pour provoquer une offre d'hébergement.
2. Mme A, qui a présenté une demande de logement social sur le fondement de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, a, par une décision de la commission de médiation du département de Paris en date du 25 avril 2014, été reconnue prioritaire et devant être accueillie dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale au motif que la situation d'urgence était caractérisée. Or, le préfet n'a pas proposé à Mme A un hébergement dans le délai de six semaines imparti par le code de la construction et de l'habitation à compter de l'édiction de la décision de la commission de médiation. Cette carence est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'État à compter du 6 juin 2014 à l'égard de Mme A.
Sur le préjudice :
3. Par un jugement du 11 septembre 2023, le tribunal a condamné l'Etat à réparer les préjudices subis par Mme A du 6 juin 2014 au 11 septembre 2023 du fait de la carence fautive de l'Etat. Par suite, le préjudice réparé par le présent jugement court à compter du 11 septembre 2023.
4. Il résulte de l'instruction que Mme A est toujours dans une situation d'urgence caractérisée, celle-ci occupant un logement insalubre dont le propriétaire lui a par ailleurs adressé deux courriers de congé pour reprise personnelle en date des 15 mai 2019 et 21 janvier 2024. Compte tenu de ces conditions de logement, qui perdurent du fait de la carence de l'État, de la durée de cette carence, il sera fait une juste appréciation des troubles de toute nature subis par Mme A dans ses conditions d'existence en lui allouant une somme de 900 euros.
Sur les frais liés au litige :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par Mme A sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : L'État est condamné à verser à Mme A une somme de 900 (neuf cents) euros.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la ministre chargée du logement et à Me Courtois.
Copie en sera adressée au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2025.
Le magistrat désigné,
Signé
M. C La greffière,
Signé
I. Trieste
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance
2/4-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2426367
La requérante demandait l'annulation du refus de la commission de médiation de Paris de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social. Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté sa requête. Il a jugé que la décision de la commission, qui relevait l'insuffisance des justificatifs produits, était suffisamment motivée et ne présentait pas d'erreur manifeste d'appréciation au regard des critères de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2428451
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B... visant à annuler le refus de la commission de médiation de Paris de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social. Le tribunal a jugé que la commission, en relevant l'absence de pièces justificatives suffisantes (notamment sur l'inadaptation du logement au handicap de son enfant), n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la construction et de l'habitation, en particulier l'article L. 441-2-3, et écarte les fins de non-recevoir soulevées par le préfet.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2503066
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler le refus de la commission de médiation de Paris de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social. Le tribunal a d'abord écarté les fins de non-recevoir soulevées par le préfet (défaut de production de l'acte et tardiveté). Sur le fond, il a jugé que la commission, en estimant que l'hébergement chez le fils du requérant constituait des conditions matérielles acceptables, n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des critères de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2504619
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté le recours en excès de pouvoir de la requérante, qui contestait le refus de la commission de médiation de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande d'hébergement. Le tribunal a jugé que la commission n'avait pas commis d'erreur d'appréciation, la requérante étant déjà hébergée par le Samu social (115) sans apporter la preuve que cet hébergement était insalubre ou avait cessé. La décision s'appuie sur les dispositions du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation.
07/04/2026