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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2415683

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2415683

mardi 25 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2415683
TypeDécision
Avocat requérantSCP D AVOCATS SAIDJI ET MOREAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 juin 2024, Mme B A, représentée par Me Bellanger, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle l'université Paris Cité l'a déclarée ajournée en PASS, en particulier en médecine, la délibération du jury PASS portant sur l'admission des candidats et leur classement à l'issue des épreuves de premier groupe dans les formations de santé et déclarant admissibles les candidats aux épreuves de second groupe ou les ajournant, au titre de l'année 2023-2024, ensemble la décision du 5 juin 2024 de l'université de ne pas remettre en cause la délibération du jury ;

2°) d'enjoindre à l'université Paris Cité de statuer à nouveau sur sa situation après avoir appliqué des mesures d'harmonisation sur les résultats des épreuves mineures et ce avant le début des épreuves de second groupe prévues au début du mois de juillet ;

3°) de mettre à la charge de l'université Paris Cité une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur l'urgence :

- il y a urgence dès lors que la décision l'ajournant la prive de la possibilité de prétendre à l'une des formations de santé ; le stage infirmier pour intégrer la 2ème année de médecine aura lieu du 24 juin 2024 au 7 juillet pour les grands admis et aura lieu fin août et début septembre 2024 pour les étudiants admissibles ayant réussi les oraux ; elle a épuisé l'une de ses deux possibilités de prétendre à la formation en médecine, les étudiants en 1ère année de PASS ne pouvant pas se réinscrire dans cette formation ; les conditions concernant les étudiants admis en licence avec option accès santé (LAS) sont particulièrement contraignantes et n'assurent pas la possibilité de candidater à nouveau à la formation de santé convoitée ; il n'est pas établi qu'elle aura davantage de chance de réussir à intégrer la filière médecine l'année prochaine

Sur le doute sérieux :

- le jury a méconnu les lignes directrices posées par la direction générale de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle visant à assurer l'égalité de traitement des candidats, dès lors qu'aucune mesure d'harmonisation n'a été prise à l'issue des épreuves de mineures, dont le pourcentage de personnes ajournées varie de 6% à 49% selon la mineure ;

- le jury a méconnu le principe d'égalité de traitement des candidats, dès lors que les différentes mineures ont donné lieu à des épreuves différentes et à un système d'appréciation différent ; or la mineure E, ayant consisté à trois questions à choix multiples alors que certaines mineures ont prévu une appréciation des candidatas à partir d'un contrôle continu, a donné lieu à un sujet moins classique que les années précédentes qui tranchait avec les supports et annales de la faculté ;

- le jury a méconnu les objectifs de la réforme de cet examen, qui vise principalement à évaluer et à valider des connaissances devant être acquises d'une année d'étude à une autre, et non pas à servir de critère de sélection entre les candidats, au regard du taux d'échec des étudiants ayant choisi la mineure E, et dès lors que les modalités de validation des différentes mineures n'ont pas été exposées lors des inscriptions sur Parcoursup, ce qui a malheureusement conduit certains candidats à fonder leur choix sur l'intérêt académique de la mineure plutôt que de privilégier un choix tactique en vue d'intégrer la majeure santé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juin 2024 l'université Paris Cité conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête par laquelle Mme A demande l'annulation des décisions et délibérations attaquées.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Ramphort, greffière d'audience, M. C a lu son rapport et entendu :

- Me Cortes, représentant Mme A,

- Me Ben Hamouda, représentant l'université Paris Cité.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, étudiante en parcours accès spécifique santé (PASS) à l'université Paris Cité a été déclarée ajournée au premier groupe d'épreuves de l'examen classant pour les filières médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique et kinésithérapie au titre de l'année 2023-2024. L'université a informé les étudiants et parents, le 5 juin 2024, de ce que la délibération du jury ne serait pas remise en question. Par la présente requête, Mme A, demande la suspension de l'exécution de la décision par laquelle l'Université Paris Cité l'a déclarée ajournée en PASS, en particulier en médecine, la délibération du jury PASS portant sur l'admission des candidats et leur classement à l'issue des épreuves de premier groupe dans les formations de santé et a déclaré admissibles les candidats aux épreuves de second groupe ou les a ajournés, au titre de l'année 2023-2024, ensemble la décision du 5 juin 2024 de l'université de ne pas remettre en cause cette délibération du jury.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

En ce qui concerne l'urgence :

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. Les décisions attaquées interdisent à Mme A de s'inscrire en deuxième année d'études dans ces formations. Eu égard à ses résultats, à l'impossibilité de redoubler l'année de PASS, au faible nombre de places réservées aux étudiants en licence accès santé (L.AS) et au pourcentage de chance encore plus faible d'accéder en deuxième année après un parcours L.AS, elles la privent d'une chance sérieuse de poursuivre des études de médecine et ont ainsi un impact déterminant sur son avenir professionnel, préjudiciant ainsi de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation ou à ses intérêts. Dans ces conditions la condition d'urgence doit être regardée comme étant remplie, sans que cette suspension soit de nature à perturber significativement l'organisation de la filière santé de l'université.

En ce qui concerne le doute sérieux :

5. Toutefois, en l'état de l'instruction, les moyens susvisés de la requête, tirés de la méconnaissance des lignes directrices de la direction générale de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle visant à assurer l'égalité de traitement des candidats, de la méconnaissance du principe d'égalité de traitement des candidats et de la méconnaissance des objectifs de la réforme de cet examen ne sont pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à l'université Paris Cite.

Fait à Paris, le 25 juin 2024.

Le juge des référés,

B. C

La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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