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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2415825

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2415825

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2415825
TypeDécision
PublicationC
Formation6e Section - 3e Chambre
Avocat requérantPATUREAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 14 juin et 9 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Patureau, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 mai 2024 du préfet de police de Paris en tant qu'il a rejeté sa demande d'admission au séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions d'injonction et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;

- la décision de refus d'admission au séjour est insuffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entaché d'un vice de procédure dès lors que le préfet s'est abstenu d'examiner sa situation sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par des mémoires en défense enregistrés les 5 et 30 juillet 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Cicmen, rapporteur,

- et les observations de Me Djeddis, se substituant à Me Patureau, avocat de M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant malien né le 7 octobre 1977 et entré en France le 28 mars 2017 selon ses déclarations, a sollicité le 19 décembre 2022 son admission exceptionnelle au séjour. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 22 mai 2024 du préfet de police en tant qu'il a rejeté sa demande et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

2. En premier lieu, par un arrêté n° 2024-00598 du 7 mai 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris le même jour, le préfet de police a donné délégation à Mme Lisa Akhmeteli, secrétaire administrative de classe normale, cheffe de la section admission exceptionnelle, pour signer tous arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions, en cas d'absence ou d'empêchement des autres délégataires, sans qu'il ressorte des pièces du dossier que ces derniers n'aient pas été absents ou empêchés lorsqu'elle a signé l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté du 22 mai 2024 mentionne l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique, avec suffisamment de précisions, circonstances de fait, notamment concernant la situation professionnelle de M. A, sur lesquels le refus de titre de séjour est fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes de l'arrêté, que le préfet de police a examiné la situation personnelle de M. A avant de refuser de son admission exceptionnelle au séjour, la circonstance qu'il ne mentionne pas tous les éléments relatifs à sa situation salariale notamment n'étant pas de nature à établir un défaut d'examen.

5. En quatrième lieu, s'il ressort des pièces du dossier que M. A a présenté le 29 mars 2024 une demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la seule circonstance que le préfet de police n'ait pas statué dessus dans son arrêté du 22 mai 2024, mais uniquement sur la demande présentée initialement le 19 décembre 2022, n'est pas, par elle-même de nature à entacher la décision de refus d'admission exceptionnelle au séjour attaquée d'une vice de procédure.

6. En cinquième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale " () ".

7. M. A, entré en France le 1er février 2017, justifie, compte tenu de la production d'une attestation de concordance délivrée par son employeur, exercer depuis le 4 décembre 2018 une activité professionnelle, d'abord comme plongeur et désormais comme commis de cuisine à temps complet, en vertu d'un contrat à durée indéterminée signé avec la SARL Victor FL qui exploite un restaurant et qui a établi à son bénéfice une lettre de motivation et une demande d'autorisation de travail. Par ailleurs il se prévaut de son casier judiciaire vierge et de sa maîtrise de la langue française ainsi que du respect de ses obligations fiscales. Toutefois, ces seuls éléments, et alors qu'il occupe un emploi peu qualifié, et est par ailleurs célibataire et sans charge de famille et s'est soustrait à l'exécution d'une première obligation de quitter le territoire français prise le 31 janvier 2020, ne sont pas de nature à établir que le préfet de police a commis une erreur manifeste d'appréciation en estimant que sa situation ne relevait pas de considération humanitaire ou d'un motif exceptionnel au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et en refusant son admission exceptionnelle au séjour sur leur fondement.

8. En dernier lieu, au regard aux éléments relatifs à la situation personnelle de M. A tels que rappelés au point 7, le préfet de police, en refusant son admission exceptionnelle au séjour, ne peut être regardé comme ayant porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs de ce refus et des buts qu'il a poursuivis. Il n'a donc pas méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni violé les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.

9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police de Paris.

Délibéré après l'audience du 19 septembre, à laquelle siégeaient :

- M. Delesalle, président,

- M. Cicmen, premier conseiller,

- M. Doan, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.

Le rapporteur,

D. Cicmen

Le président,

H. Delesalle La greffière,

A. Lemieuxn

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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