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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2416249

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2416249

mercredi 3 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2416249
TypeDécision
Avocat requérantROSIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 juin 2024, Mme A B, représentée par Me Rosin, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement refusé de lui délivrer une carte de résident en sa qualité de parent d'enfant réfugié , jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer à titre provisoire une carte de résident valable 10 ans, dans un délai de 15 jours et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours et de la munir d'une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail le temps de ce réexamen dans un délai de 48 heures, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et ce jusqu'à l'intervention d'une nouvelle décision sur sa demande de de titre de séjour ou jusqu'à l'intervention du jugement au fond ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1500 euros hors taxe à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ; en cas de non admission définitive à l'aide juridictionnelle, cette somme lui sera directement versée en application de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2024, le préfet de police conclut, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire au non-lieu à statuer.

Il soutient que l'urgence n'est pas établie dès lors que la demande de titre de séjour de l'intéressée est toujours en cours d'instruction, celle-ci ayant été invitée, via son compte ANEF, à se présenter dans les locaux de la préfecture de police le 2 juillet 2024 en vue de la prise de ses empreintes, étape nécessaire pour la finalisation de cette instruction

Par un mémoire, enregistré le 1er juillet 2024, Mme A B , représentée par Me Rosin, déclare se désister de ses conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée et de ses conclusions en injonction mais maintenir ses conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le numéro 2416248 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Evgénas pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Mme Evgénas a lu son rapport, au cours de l'audience publique tenue, le 2 juillet 2024, en présence de Mme Maurice, greffière d'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, née le 6 mars 1988, de nationalité gambienne, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement refusé de lui délivrer une carte de résident en sa qualité de parent d'enfant reconnu réfugié.

Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'accorder, en application des dispositions précitées, l'admission à titre provisoire de Mme B à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions de Mme B :

4. Par un acte, enregistré au greffe le 1er juillet 2024, Mme B déclare se désister de ses conclusions en suspension et en injonction. Ce désistement est pur et simple, il y a lieu d'en donner acte.

Sur les frais liés à l'instance :

5. Dans les circonstances de l'espèce, alors qu'il ressort des pièces du dossier que la requérante avait bien déposé un dossier complet pour la délivrance d'une carte de résident en sa qualité de parent d'enfant reconnu réfugié, il y a lieu de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros qui sera versée à Me Rosin en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme B, la somme de 1 200 euros lui sera directement versée en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il est donné acte du désistement de Mme B de ses conclusions en suspension et en injonction.

Article 3 : L'État versera une somme de 1 200 euros à Me Rosin en application de l'article L.761- 1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme B, la somme de 1 200 euros lui sera directement versée en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me Rosin et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de police et au bureau d'aide juridictionnelle.

Fait à Paris, le 3 juillet 2024.

La juge des référés,

J. EVGENAS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2416249/2-1

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