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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2416378

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2416378

jeudi 27 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2416378
TypeDécision
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantMALEKIAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 juin 2024, M. A C, retenu au centre de rétention administrative de Paris demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 18 juin 2024 par lequel le préfet de police a décidé son maintien en rétention administrative ;

Il soutient que :

- Cette décision est prise par une autorité incompétente ;

- Elle est insuffisamment motivée et révèle un défaut d'examen de la situation individuelle de l'intéressé ;

- Cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- La convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- Le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- Le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Matalon en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- Le rapport de M. Matalon ;

- Les observations orales de Me Malekian, représentant M. C, assistée d'un interprète, qui conclut aux mêmes fins que sa requête, par les mêmes moyens ;

- Et les observations orales de Me Khan représentant le préfet de police, qui conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens invoqués par le requérant sont infondés.

Considérant ce qui suit :

1. M. C est un ressortissant mauritanien, né le 7 juin 1976, qui a fait l'objet le 14 octobre 2022, d'un arrêté du préfet de police l'obligeant à quitter le territoire français et qui a été placé en rétention administrative le 13 mai 2024. À la suite d'une demande de réexamen de sa demande d'asile qu'il a présentée au cours de sa rétention, le préfet de police a décidé par arrêté du 18 juin 2024, son maintien en rétention administrative. M. C demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 754-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'un étranger placé ou maintenu en rétention présente une demande d'asile, l'autorité administrative peut procéder, pendant la rétention, à la détermination de l'État responsable de l'examen de cette demande conformément à l'article L. 571-1 et, le cas échéant, à l'exécution d'office du transfert dans les conditions prévues à l'article L. 751-13 ". Aux termes de l'article L. 754-3 de ce même code : " () si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ () ". Enfin, aux termes de l'article L. 754-4 de ce même code : L'étranger peut demander au président du tribunal administratif l'annulation de la décision de maintien en rétention dans les quarante-huit heures suivant sa notification pour contester les motifs retenus par l'autorité administrative pour estimer que sa demande d'asile a été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement () ".

3. En premier lieu, il résulte des termes mêmes des dispositions précitées que l'annulation d'une décision par laquelle l'autorité administrative maintient en rétention un étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile ne peut être utilement demandée que dans la mesure de la contestation des motifs retenus par l'autorité administrative pour estimer que sa demande d'asile a été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement. Il en résulte que les moyens relevant de la légalité externe de l'arrêté du 18 juin 2024 ne peuvent qu'être écartés comme inopérants. En tout état de cause, la décision a été signée par Mme B D qui avait reçu délégation de signature du préfet de police par un arrêté du 18 mars 2024, cette décision est suffisamment motivée et le requérant a reçu toutes les informations relatives à sa situation et nécessaire au respect du principe du contradictoire. Il en résulte que les moyens relevant de la légalité externe de l'arrêté du 18 juin 2024 ne peuvent qu'être écartés.

4. En second lieu, pour maintenir M. C en rétention administrative à la suite de sa demande de réexamen de sa demande d'asile présentée le 17 juin 2024, le préfet de police a relevé que l'intéressé a fait l'objet d'une mesure d'éloignement à la suite du rejet de sa demande d'asile initiale, par une décision du 18 novembre 2011 du directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et par une décision du 28 juin 2012 de la Cour nationale du droit d'asile et qu'il présente une demande de réexamen qu'après son placement en rétention administrative en vue de son éloignement. Le préfet ajoute que l'intéressé s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement. Compte tenu de ces circonstances, le préfet de police est fondé à estimer que M. C n'a présenté sa demande d'asile que dans le seul but de faire échec à l'exécution de son éloignement.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de police de Paris.

Lu en audience publique le 27 juin 2024.

Le magistrat désigné,La greffière,

D. MATALON D. PERMALNAICK

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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