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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2416391

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2416391

mercredi 3 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2416391
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantROSIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 juin 2024, M. B A, représenté par

Me Pierre Rosin, demande au juge des référés :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement refusé de lui délivrer une carte de résident, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'enjoindre au préfet de police, à titre principal, de lui délivrer provisoirement une carte de résident valable 10 ans, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de délivrance d'une carte de résident dans les mêmes conditions de délai, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans le délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance sous astreinte de 150 euros par jours ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, et à défaut au requérant.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'urgence : la condition d'urgence est remplie en ce que la décision attaquée a pour conséquence de le placer dans une situation précaire depuis une durée anormalement longue ; il est privé de la possibilité de travailler et ne peut pas solliciter de prestations sociales ;

En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que sa fille mineure et non mariée s'est vue octroyer la qualité de réfugiée par l'OFPRA.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête pour défaut d'urgence en faisant valoir notamment que M. A a été mis en possession d'une attestation de prolongation d'instruction le 21 juin 2024 valable jusqu'au 20 septembre 2024 lui permettant de séjourner régulièrement sur le territoire et de travailler.

Par un acte, enregistré le 27 juin 2024, M. A déclare se désister purement

et simplement de sa requête, sauf en ce qui concerne ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à hauteur de 1 500 euros.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2416390 enregistrée le 18 juin 2024 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif a désigné M. Gros, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 27 juin 2024 à 14h30 en présence de

Mme Labbaci, greffière d'audience, M. Gros a lu son rapport.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. La fille de M. A, ressortissant gambien, né le 8 janvier 1981 à

Mistra Ba Mariama (Gambie), a été admise au statut de réfugiée par l'OFPRA le 12 mai 2023. Il a sollicité, le 8 août 2023, la délivrance d'une carte de résident en sa qualité de parent d'enfant réfugié au titre des dispositions de l'article L. 424-3 de code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Depuis cette date, il s'est seulement vu remettre une attestation de confirmation de sa demande de titre de séjour. Le requérant fait valoir que le silence gardé par le préfet de police sur cette demande pendant plus de quatre mois a fait naître une décision implicite de refus de délivrance de carte de résident le 8 décembre 2023. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du

8 décembre 2023 par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer une carte de résident.

Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président " et aux termes de l'article 62 du décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 portant application de la loi n° 91-647 du

10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'admission provisoire est demandée sans forme () au président de la juridiction saisie ".

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre provisoirement le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

5. Par un acte, enregistré le 27 juin 2024, M. A déclare se désister purement et simplement de sa requête, sauf en ce qui concerne ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative après s'être vu délivrer une attestation de prolongation d'instruction le 21 juin 2024 valable jusqu'au 20 septembre 2024 lui permettant de séjourner régulièrement sur le territoire et de travailler. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les frais de l'instance :

6. M. A a été admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Rosin, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Rosin de la somme de 1 000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros lui sera versée.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il est donné acte du désistement partiel de la requête de M. A en ce qui concerne ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction d'exécution de la suspension.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Rosin, son conseil, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Rosin une somme de 1 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du

10 juillet 1991.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, Me Pierre Rosin et au préfet de police.

Fait à Paris, le 3 juillet 2024.

Le juge des référés,

L. GROS

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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