LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2416523

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2416523

mardi 2 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2416523
TypeOrdonnance
PublicationC
Avocat requérantDAVID

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 19 juin 2024 et le 21 juin 2024, Mme B A, représentée par Me David, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 29 février 2024 par laquelle le préfet de police de Paris a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

3°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de prendre une nouvelle décision, dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par mois de retard ;

4°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, dans le délai d'une semaine à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) de prononcer, en application des dispositions de l'article L. 741-2 du code de justice administrative, la suppression de certains paragraphes contenus dans le mémoire en défense produit par le préfet de police de Paris dans l'instance au fond ;

6°) de recourir à la procédure prévue par l'article 40 du code de procédure pénale ;

7°) de condamner l'Etat à lui payer la somme de 1 000 euros à titre de dommages et intérêts du fait des propos particulièrement violents dont elle a fait l'objet dans le mémoire en défense produit par le préfet de police de Paris dans l'instance au fond ;

8°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 400 euros TTC en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à Me David, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de sa mission d'aide juridictionnelle ou, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, à lui verser directement.

Elle soutient que :

Sur l'urgence :

- pendant près de deux ans, elle a été maintenue en situation précaire et a résidé en France sous couvert de récépissés ne l'autorisant pas à travailler ;

- le refus de séjour qui la maintient en situation irrégulière l'empêche de rechercher un emploi pérenne lui permettant d'assurer véritablement l'éducation de sa fille âgée de neuf ans, la prive de l'accès à l'assurance maladie et à un logement dans le parc social et l'expose à une mesure d'éloignement vers son pays d'origine, où elle ne dispose plus d'aucun lien ;

- elle est la mère isolée d'une enfant mineure née et scolarisée en France ;

- les propos contenus dans le mémoire en défense produit par le préfet de police de Paris dans l'instance au fond jettent le discrédit sur la façon dont sa demande a pu être traitée et justifient l'urgence ;

Sur le doute sérieux :

- il existe des doutes sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse, dès lors qu'elle a été prise par une autorité incompétente, qu'elle est entachée d'un défaut de motivation, que sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen sérieux et attentif, que la commission du titre de séjour n'a pas été préalablement saisie, que cette décision méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qu'elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'elle porte atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant.

Vu :

- les autres pièces du dossier,

- la requête, enregistrée le 15 mars 2024, sous le n° 2406122, par laquelle la requérante demande l'annulation de la décision litigieuse.

Vu :

- le code de procédure pénale,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Marzoug pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante malgache née le 21 décembre 1985, soutient être entrée en France en 2012 et être la mère d'une enfant de nationalité française née le 30 août 2015. Elle a déposé le 16 février 2022 une demande d'admission au séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une décision du 29 février 2024, le préfet de police a rejeté sa demande de titre de séjour. La requérante demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision du 29 février 2024.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

Sur la demande de suspension :

3. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

4. Pour justifier l'urgence à ordonner la suspension de l'exécution de la décision litigieuse, Mme A soutient que le refus de délivrance d'un titre de séjour l'empêche de rechercher un emploi pérenne lui permettant d'assurer véritablement l'éducation de sa fille âgée de neuf ans, la prive d'accès à l'assurance maladie et à un logement dans le parc social et l'expose à une mesure d'éloignement vers son pays d'origine où elle ne dispose plus d'aucun lien. Elle ajoute que les propos contenus dans le mémoire en défense produit par le préfet de police de Paris dans l'instance au fond jettent le discrédit sur la façon dont sa demande a pu être traitée. Toutefois, d'une part, il ne résulte pas des pièces soumises à la juge des référés que Mme A, qui soutient résider en France depuis l'année 2012, serait particulièrement exposée à un risque d'éloignement. D'autre part, comme elle le fait valoir, l'intéressée bénéficie d'un emploi comme auxiliaire de vie à temps partiel et elle ne produit aucun élément de nature à établir qu'elle risque, du fait de la décision litigieuse, de perdre cet emploi. Elle ne peut donc être regardée comme étant dans une situation particulièrement précaire en raison de la décision litigieuse. En outre, la requérante n'apporte aucune explication pour justifier du dépôt de sa requête en référé le 19 juin 2024, alors que la décision litigieuse lui a été notifiée le 4 mars 2024 et qu'elle a introduit sa requête au fond le 15 mars 2024. Enfin, les propos contenus dans le mémoire en défense produit par le préfet de police de Paris dans l'instance au fond dont fait état Mme A ne sont pas de nature à justifier de l'urgence qui s'attacherait à la suspension des effets de la décision litigieuse. Compte tenu de l'ensemble de ces circonstances, la condition d'urgence énoncée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme étant remplie. Par suite, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 741-2 du code de justice administrative :

5. En vertu des dispositions de l'article 41 de la loi du 29 juillet 1881 reproduites à l'article L. 741-2 du code de justice administrative, les juridictions peuvent, dans les causes dont elles sont saisies, prononcer, même d'office, la suppression des écrits injurieux, outrageants ou diffamatoires.

6. Il est constant que les propos dont il est demandé la suppression sur le fondement de l'article L. 741-2 du code de justice administrative sont contenus dans le mémoire en défense produit par le préfet de police de Paris dans l'instance au fond. Dans ces conditions, les conclusions présentées par Mme A tendant à l'application de l'article L. 741-2 du code de justice administrative doivent être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

7. La requérante n'est pas recevable, eu égard à l'office de la juge des référés saisie sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à présenter des conclusions indemnitaires dans la présente instance. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées.

Sur les conclusions tendant à ce que la juge des référés fasse application de l'article 40 du code de procédure pénale :

8. Aux termes de l'article 40 du code de procédure pénale : " Le procureur de la République reçoit les plaintes et les dénonciations et apprécie la suite à leur donner conformément aux dispositions de l'article 40-1. / Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs. ".

9. Il n'appartient pas à la juge des référés, saisie sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de faire application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 40 du code de procédure pénale.

10. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il y ait lieu d'admettre Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, que la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à Me David.

Fait à Paris, le 2 juillet 2024.

La juge des référés,

S. Marzoug

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2416523/6

← Retour aux décisions