jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2416653 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | CABINET BASIC ROUSSEAU AVOCATS (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 juin 2024, Mme B A, représentée par Me Rousseau, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 2 mai 2024 par laquelle l'Assistance publique-hôpitaux de Paris a décidé de ne pas renouveler son contrat à durée déterminée, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'ordonner à l'Assistance publique-hôpitaux de Paris de la réintégrer à titre provisoire ou à défaut, de réexaminer sa situation, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
-son contrat prend fin le 30 juin 2024 ce qui justifie de l'urgence de sa situation ; elle va être privée de salaire et ne pourra pas assumer ses charges ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
-elle a été prise par une autorité incompétente ;
-elle est entachée d'un vice de procédure ;
-elle est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2416654 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Evgénas pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, technicienne de laboratoire à l'hôpital Saint Louis, a été recrutée en qualité d'agent contractuel le 5 septembre 2023 par un contrat à durée déterminée se terminant le 30 novembre 2023. Par un courrier du 2 mai 2024, son contrat a été renouvelé du 1er juin 2024 au 30 juin 2024, soit pour une période d'un mois. Elle demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 2 mai 2024 par laquelle l'Assistance publique-hôpitaux de Paris a décidé de ne pas renouveler son contrat au-delà du 30 juin 2024.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Pour justifier de l'urgence de sa situation, Mme A fait valoir que la décision attaquée qui ne renouvelle pas son contrat à durée déterminée après le 30 juin 2024, va la priver de son salaire alors qu'elle est sans garantie de retrouver rapidement un emploi. Toutefois, alors qu'un agent public n'a pas un droit au renouvellement d'un contrat à durée déterminée, la requérante qui ne donne aucune indication sur sa situation concrète, ses ressources et le montant de ses charges et qui n'a saisi le juge des référés que le 19 juin 2024 alors que la décision attaquée lui a été notifiée le 23 mai 2024, n'apporte pas de justifications suffisantes de nature à établir l'existence d'une situation d'urgence, au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la condition d'urgence n'étant pas satisfaite, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter sa requête en toutes ses conclusions
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Paris, le 27 juin 2024.
La juge des référés,
J. EVGENAS
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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