jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2416901 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 3e Chambre - OQTF 6 sem. |
| Avocat requérant | AHMAD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 juin 2024, M. B A, représenté par Me Ahmad, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 mai 2024 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de procéder au réexamen de sa situation.
Il soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire :
- est entachée d'incompétence ;
- méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les dispositions des articles L. 531-35 et L. 531-42 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juillet 2024, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rohmer, vice-président de section, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
M. Rohmer a lu son rapport au cours de l'audience publique tenue le 13 septembre 2024 en présence de Mme Gaonach-Née, greffière d'audience. Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant bangladais, né le 3 novembre 1999, entré en France le 5 octobre 2022 selon ses déclarations, a déposé une demande de protection internationale au titre de l'asile, que l'Office Français de Protection des Réfugiés et des Apatrides (OFPRA) a rejetée dans une décision du 5 juin 2023 notifiée le 8 juin 2023, confirmée par une décision du 9 janvier 2024 de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Par un arrêté du 24 mai 2024, le préfet de police l'a obligée à quitter le territoire dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination. M. A demande l'annulation de cet arrêté en tant qu'elle l'oblige à quitter le territoire français.
2. En premier lieu, n° 2024-00349 du 18 mars 2024 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial, le préfet de police a donné délégation à M. Youssef Berqouqi, conseiller d'administration de l'intérieur et de l'outre-mer, signataire de l'arrêté attaqué, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
4. M. A, dont la demande d'asile a été définitivement rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile, soutient que des évènements postérieurs à ce rejet seraient survenus dans son pays d'origine, le Bengladesh, et augmenteraient le risque de persécution qu'il encourt personnellement. Toutefois, ces allégations ne sont assorties d'aucune justification ni pièce susceptible d'établir la réalité de ce risque. Par suite, le moyen tiré de la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, d'ailleurs uniquement opérant contre la décision fixant le pays de renvoi, doit être écarté.
5. En dernier lieu, si M. A peut être regardé comme soutenant que la décision portant obligation de quitter le territoire l'empêche de procéder à la demande de réexamen de sa demande d'asile, en méconnaissance des dispositions des articles L. 531-42 et R. 531-35 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, cette décision ne l'empêche pas de former une telle demande. Ce moyen ne peut, par suite, qu'être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
B. ROHMER
La greffière,
C. GAONACH-NEE
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-3