mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2416931 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Avocat requérant | DE SEZE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 juin 2024, M. A B, représenté par Me De Sèze demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a rejeté sa demande de carte de résident portant la mention " réfugié " ;
3°) d'enjoindre au préfet compétent à titre principal, de lui délivrer une carte de résident, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans un délai de 10 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me De Sèze sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, ou à lui verser directement sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée le place dans une situation de précarité administrative et financière alors qu'il est bénéficiaire d'une protection internationale ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors qu'elle méconnaît les dispositions de l'article L. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles 23 et 24 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2024, le préfet de police conclut à titre principal au rejet des conclusions de la requête et à titre subsidiaire au non-lieu à statuer.
Il soutient avoir délivré au requérant, le 26 juin 2024, une attestation de prolongation de l'instruction valable jusqu'au 25 décembre 2024 et qu'il n'y a pas d'urgence à statuer.
Par un mémoire, enregistré le 7 juillet 2024, M. B déclare se désister de l'ensemble de ses conclusions à l'exception de celles relatives aux frais du litige.
Vu :
- la requête no 2416930 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Ho Si Fat, président de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Ho Si Fat a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant afghan, s'est vu reconnaître la qualité de réfugié par une décision du 9 octobre 2023 de la cour nationale du droit d'asile. Il a déposé une demande de carte de résident le 18 octobre 2023 à laquelle il n'a pas été fait droit. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a rejeté cette demande.
Sur le désistement partiel :
2. Par un mémoire enregistré le 7 juillet 2024, M. B déclare se désister purement et simplement des conclusions de sa requête aux fins de bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, de suspension et d'injonction. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les frais liés à l'instance :
3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, une somme de 1 000 euros à verser à M. B.
O R D O N N E
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de la requête aux fins de bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, de suspension et d'injonction de M. B.
Article 2 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me De Sèze et au ministre de l'intérieur et des outre-mer
Copie sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 16 juillet 2024.
Le juge des référés,
F. Ho Si Fat
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.