LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2417040

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2417040

jeudi 30 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2417040
TypeDécision
PublicationD
Formation5e Section - 1re Chambre
Avocat requérantHALIMI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, des pièces complémentaires et un mémoire enregistrés les 24 juin, 3 juillet, 6 et 27 août 2024 et le 16 décembre 2024, M. B A, représenté par Me Halimi, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 29 mai 2024 par lequel le préfet de police lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à l'issue de ce délai ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 15 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans le même délai et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ledit conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

- l'arrêté contesté est entaché d'un vice de procédure dès lors que le préfet était tenu de saisir la commission du titre de séjour puisqu'il justifie d'une résidence habituelle en France depuis plus de dix ans,

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 novembre 2024, le préfet de police, représenté par Me Termeau, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lamarche,

- et les observations de Me Halimi, pour M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant russe né le 13 mai 1960 est entré en France le 24 avril 2006 selon ses déclarations. Le 8 février 2023, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 29 mai 2024, le préfet de police a refusé de lui délivrer ce titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à l'issue de ce délai. M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

2. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 () ".

3. En premier lieu, M. A soutient être entré en France le 24 avril 2006 et y résider de manière habituelle depuis lors. Au soutien de ses allégations, le requérant produit notamment une attestation établie par La banque postale le 19 août 2024 précisant qu'il y est client de façon permanente depuis 2013. Toutefois, M. A ne produit aucun relevé de compte ni aucun autre document émanant de cette banque sur l'ensemble de la période en litige. De même, l'attestation établie par l'Assurance maladie selon laquelle il est bénéficiaire de l'aide médicale d'état (AME) depuis le 3 juin 2014 n'est assortie d'aucune des cartes individuelles d'admission nominatives annuelles correspondantes. Si M. A se prévaut également d'une adresse stable dans le 16ème arrondissement de Paris depuis son arrivée en France, il se borne à produire une facture d'électricité portant sur la période du 30 septembre au 29 novembre 2014, un certificat d'hébergement établi par les propriétaires de son logement au cours de l'année 2010 et un courrier de la mairie daté du 5 octobre 2016 libellé à cette adresse. Par ailleurs, les avis d'imposition des années 2014 à 2022 ne font état que de faibles revenus. Enfin, les témoignages de proches attestant sa présence depuis 2008 ont été établies au cours de l'année 2014 et l'attestation établie par l'association Amitié Argenteuil Vostok selon laquelle M. A a exercé bénévolement en qualité de professeur de russe ne couvre que la période du 30 septembre 2016 au 30 juin 2018. Ainsi, si les documents produits par le requérant démontrent une présence ponctuelle sur le territoire, ils sont insuffisamment nombreux, probants et diversifiés pour établir le caractère habituel de sa résidence en France durant les dix années précédant la date de l'arrête en litige. Dans ces conditions, le préfet de police n'était pas tenu de soumettre sa demande d'admission exceptionnelle au séjour à la commission du titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée aurait été édictée au terme d'une procédure irrégulière doit être écarté.

4. En deuxième lieu, en présence d'une demande de régularisation présentée, sur le fondement de l'article L. 435-1, par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche ou d'un contrat lui permettant d'exercer une activité professionnelle ne saurait être regardé, par principe, comme attestant des " motifs exceptionnels " exigés par la loi. Il appartient à l'autorité administrative d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule de même que tout élément de sa situation personnelle dont il ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.

5. En l'espèce, si M. A soutient qu'il réside habituellement en France depuis l'année 2006, il ne l'établit pas, ainsi qu'il a été dit au point 3. En tout état de cause, l'ancienneté de sa présence en France est insuffisante en elle-même pour établir qu'il y a fixé le centre de ses intérêts privés. Par ailleurs, il est constant qu'il est célibataire et sans charge de famille et ne justifie pas, par les pièces qu'il produit, pour partie trop anciennes et pour partie postérieures à l'arrêté en litige, d'une intégration sociale particulièrement forte sur le territoire national. S'agissant de son intégration professionnelle, le requérant produit une promesse d'embauche établie le 18 octobre 2024 pour un emploi de maçon et se prévaut de compétences en matière de restauration de meubles et de massages, reconnues par les membres de son entourage. Toutefois, ces expériences professionnelles dans des métiers aux compétences très éloignées, pour lesquels il ne justifie d'aucune qualification ni d'aucune rémunération et dont ni la durée ni la continuité ne sont, au demeurant, établies, ne sauraient caractériser l'existence de motifs exceptionnels ou de considérations humanitaires de nature à lui ouvrir un droit au séjour. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). ".

7. Compte tenu des éléments de la situation personnelle de M. A rappelés au point précédent, le préfet de police n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts qu'il a poursuivis en refusant de lui délivrer un titre de séjour. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, dès lors, être écarté.

8. En dernier lieu, aux termes aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, reprenant les dispositions antérieures de l'article L. 513-2 du même code : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. "

9. M. A fait état d'un risque de persécution en cas de retour en Russie en raison de son opposition à la guerre menée en Ukraine ainsi que d'un risque d'enrôlement forcé au sein des forces armées russes. Il ne produit toutefois aucun élément permettant d'attester la réalité de son engagement et son caractère public, de nature à lui faire courir un risque personnel en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la violation de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police.

Délibéré après l'audience du 16 janvier 2025 à laquelle siégeaient :

M. Ho Si Fat, président,

Mme Lamarche, première conseillère,

M. Maréchal, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2025.

La rapporteure,

signé

M. LamarcheLe président,

signé

F. Ho Si FatL'assesseure la plus ancienne,

C. Kante

La greffière,

signé

V. Lagrède

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2226519

Le Tribunal administratif de Paris rejette la demande indemnitaire de la société Le Quasimodo Notre-Dame, qui réclamait près de 1,74 million d'euros à l'État pour les préjudices économiques liés à l'incendie de la cathédrale. La juridiction estime que la société, exploitant un restaurant à proximité, n'était pas usagère de l'ouvrage public et n'a pas subi de dommage accidentel direct causé par celui-ci. Le jugement applique les principes de la responsabilité administrative sans faute pour dommages de travaux publics, mais les écarte en l'espèce.

02/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2312358

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête d'un agent public demandant l'annulation du refus de sa nomination à un poste d'expert juridique. Le tribunal a jugé que cette décision de rejet constituait une simple mesure d'ordre intérieur, car elle ne portait pas atteinte aux droits statutaires, à la rémunération ou aux perspectives de carrière de l'agent. Par conséquent, le recours pour excès de pouvoir a été déclaré irrecevable.

02/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2313750

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête d'un gardien de la paix contestant son placement en disponibilité d'office pour raison de santé. La juridiction a jugé la requête irrecevable car elle ne contenait aucun exposé de moyens, et ce défaut n'a pas été régularisé dans les délais. La décision s'appuie sur les dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative relatives aux conditions de saisine.

02/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2326202

Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours pour excès de pouvoir visant l'annulation d'un arrêté ministériel portant tableau d'avancement à l'échelon spécial du grade de pharmacien général de santé publique. Le tribunal a annulé l'arrêté du 18 septembre 2023, considérant que l'administration avait méconnu les conditions posées par l'article 15 du décret n° 92-1432 du 30 décembre 1992, en y inscrivant des agents ne remplissant pas les critères statutaires requis pour cet avancement. Par voie de conséquence, les décisions individuelles de nomination prises sur le fondement de ce tableau sont également illégales.

02/04/2026

← Retour aux décisions