mercredi 24 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2417224 |
| Type | Décision |
| Formation | 8e Section - MESD |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 24 juin et 10 juillet 2024,
M. C B, représenté par Me Amoussou, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 10 juin 2024 par lequel le préfet de police a décidé son transfert aux autorités italiennes.
Il soutient que :
- la décision attaquée mentionne qu'il a été déclaré en fuite alors qu'il ne l'était pas ; il se trouvait alors à Brest où il a été victime d'un accident de travail qui a conduit à son hospitalisation ;
- il méconnaît l'article 26 du règlement (UE) n° 604/2013 ; la décision des autorités italiennes acceptant sa prise en charge n'a pas été produite ;
- la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à ses droits ;
- il ne peut vivre librement au Mali, son pays d'origine.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 juillet 2024, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Massiou en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Massiou,
- les observations de Me Amoussou, avocat commis d'office représentant M. B, assisté de M. A, interprète en langue soninke,
- et les observations de Me Floret, substituant Me Tomasi, représentant le préfet de police.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 10 juin 2024, le préfet de police a décidé du transfert de
M. C B, ressortissant malien né le 31 décembre 1995, aux autorités italiennes en vue de l'examen de sa demande d'asile. M. B peut être regardé comme demandant l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, il ressort notamment de la décision attaquée que M. B ne s'est pas présenté à deux convocations en date des 23 et 30 janvier 2024 et a été déclaré en fuite le 19 avril 2024 en application de l'article 29 du règlement UE n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé. Il ressort des pièces du dossier que M. B a bien reçu en main propre une convocation à se présenter à la préfecture de police à ces deux dates pour la mise en œuvre de la procédure Dublin puis qu'à la suite de son absence à ces rendez-vous il a été déclaré en fuite. Si le requérant se prévaut de sa présence à Brest à ces dates et de son hospitalisation dans cette ville dans les suites d'un accident du travail, les pièces produites lors de l'audience ne permettent pas de l'établir, cet accident s'étant produit le 20 février 2024 soit après la date des deux rendez-vous. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 26 du règlement UE n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé : " 1. Lorsque l'État membre requis accepte la prise en charge ou la reprise en charge d'un demandeur ou d'une autre personne visée à l'article 18, paragraphe 1, point c) ou d), l'État membre requérant notifie à la personne concernée la décision de le transférer vers l'État membre responsable et, le cas échéant, la décision de ne pas examiner sa demande de protection internationale. () ". Il ressort des pièces du dossier que les autorités italiennes ont explicitement accepté la prise en charge de M. B aux termes d'une décision du 12 décembre 2023 qui a été produite. Le moyen tiré de ce que cette décision n'aurait pas été prise peut ainsi être écarté.
4. En troisième lieu, si le requérant soutient que la décision attaquée " porte une atteinte disproportionnée " à ses droits " en raison de la mesure contraignante prise à son égard ", il n'assortit ce moyen d'aucune précision qui permettrait d'en apprécier le bien-fondé. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
5. En dernier lieu, M. B ne produit aucun élément qui permettrait d'étayer la circonstance dont il se prévaut selon laquelle il ne pourrait vivre librement au Mali, son pays d'origine, du fait de son appartenance à une communauté opprimée.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par
M. B doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de police.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2024.
La magistrate désignée,
B. MASSIOU
La greffière,
A. HEERALALL
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./8
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606789
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'arrêté du préfet de police prolongeant son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que la décision contestée était suffisamment motivée et ne méconnaissait pas les exigences légales, notamment celles du code de l'entrée et du séjour des étrangers (articles L. 612-6, L. 612-10 et L. 612-11). Elle a également estimé que cette mesure ne portait pas une atteinte disproportionnée aux droits de M. B... au regard de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606780
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était légal, notamment car l'auteur de l'acte était compétent et que la motivation, examinant les critères de l'article L. 612-10 du CESEDA, était suffisante. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2607042
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté d'interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que le préfet de police était compétent pour prendre cette décision et que la motivation de l'arrêté, qui se fonde sur le maintien irrégulier de l'intéressé au-delà de son délai de départ volontaire, était suffisante au regard des articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de M. A... au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606511
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision de l'OFII mettant fin aux conditions matérielles d'accueil d'un demandeur d'asile yéménite. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation, estimant que la décision de l'OFII, motivée par le défaut de déclaration d'une protection internationale antérieure en Grèce, était suffisamment motivée et respectait les exigences procédurales. La juridiction a appliqué les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que la directive européenne 2013/33/UE.
03/04/2026