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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2417234

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2417234

mardi 16 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2417234
TypeDécision
PublicationD
Avocat requérantAIT MEHDI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 juin 2024, M. B A, représenté par Me Aït Mehdi demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour portant la mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire " ainsi que la décision de refus de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer, à titre principal, une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire " dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire de réexaminer sa situation et de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Aït Mehdi sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, et à lui verser directement sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que les décisions attaquées le placent dans une situation de précarité administrative ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées dès lors qu'elles sont entachées d'incompétence, méconnaissent les dispositions des articles L. 424-9, R. 433-2, R. 431-15-1, R.431-15-2 et L. 424-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juillet 2024, le préfet de police conclut au rejet des conclusions de la requête portant sur le refus de demande de renouvellement de titre de séjour et au non-lieu à statuer sur les conclusions portant sur le refus de renouvellement de l'attestation de prolongation de l'instruction.

Il soutient avoir délivré au requérant, le 2 juillet 2024, une attestation de prolongation de l'instruction valable jusqu'au 1er janvier 2024 et qu'il n'y a pas d'urgence à statuer.

Vu :

- la requête no 2417153 par laquelle le requérant demande l'annulation des décisions attaquées ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Ho Si Fat, président de section, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Ho Si Fat a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant afghan, s'est vu accorder le bénéfice de la protection subsidiaire et a, à ce titre, bénéficié d'une carte de séjour pluriannuelle valable du 7 décembre 2019 au 6 décembre 2023. Le 15 septembre 2023, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. M. A a pu bénéficier de deux attestations de prolongation d'instruction dont la dernière a expiré le 12 juin 2024. M. A demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet par laquelle le préfet de police a refusé le renouvellement du titre de séjour sollicité ainsi que la suspension de l'exécution de la décision implicite de refus de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur la décision implicite du préfet de police portant refus de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction :

3. M. A demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer l'attestation de prolongation d'instruction, d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation et de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction. Toutefois, il résulte de l'instruction que, le 2 juillet 2024, soit postérieurement à l'enregistrement de la requête, le préfet de police a délivré à M. A une attestation de prolongation d'instruction valable du 2 juillet 2024 au 1er janvier 2025. Dès lors, les conclusions à fin de suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de délivrer à M. A une attestation de prolongation d'instruction ainsi que, par voie de conséquence, la conclusion à fin d'injonction afférentes sont devenues sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur la décision implicite du préfet de police portant refus de renouvellement du titre de séjour portant la mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire " :

4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Enfin, aux termes de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

5. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence, compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

6. Il résulte de l'instruction que M. A s'est vu renouveler son attestation de prolongation d'instruction par le préfet de police le 2 juillet 2024. Celle-ci est valable du 2 juillet 2024 au 1er janvier 2025. Dans ces circonstances, il ne justifie pas d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative justifiant la suspension de la décision contestée. Dès lors, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité la décision, les conclusions de la requête à fin de suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé le renouvellement de titre de séjour portant la mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire ", ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions afférentes présentées à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais du litige :

7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et sous réserve que Me Aït Mehdi, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Aït Mehdi de la somme de 1 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E

Article 1er : M. B A est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de délivrer une attestation de prolongation d'instruction et d'injonction au préfet de police de réexaminer la situation de Monsieur A ainsi que de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction.

Article 3 : L'Etat versera à Me Aït Mehdi la somme de 1 000 euros sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Aït Mehdi et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 16 juillet 2024.

Le juge des référés,

F. Ho Si Fat

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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